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vendredi 23 février 2018

Education sexuelle {3-7ans}

"Maman, Comment on fait les bébés ?", Soledad Bravi

Ah, le vaste et beau sujet !!

Il me semble qu'en la matière (comme dans d'autres ...), on est toujours en tant que parents, pétris de doute ...  

Tenez, par exemple : j’ai la certitude, rétrospectivement, que lorsque j'étais enfant, ma Maman m’a assénée toute cette histoire de « Comment on fait les bébés » un peu trop tôt. Bon, c’était fait avec beaucoup de tact, avec toute la poésie requise (je me souviens encore du parallèle avec le miel et les abeilles …). N’empêche que moi, je n’avais rien demandé. Et si je n’ai pas été, au sens propre, traumatisée, je sais que ça m’a travaillée ... À un âge et dans un contexte où je n’aurais pas dû l’être. 

J’avais exactement l’âge de mon fils aujourd’hui. Sept ans depuis quelques semaines. 

Antonin, lui, ne pose aucune question. Il faut dire qu'il a un parcours d'apprentissage bien différent du mien. Le fait d'avoir une sœur quasiment du même âge dont il est inséparable (sorte d'alter ego du sexe opposé), et un couple de parents amoureux (et démonstratifs, hum, hum) font qu'il a forcément des connaissances plus exhaustives sur la sexualité que moi au même âge. 

Antonin, donc, ne pose aucune question. Dans un premier temps, je me suis dis : « Ben, oui, il est encore petit, et puis, il sait déjà beaucoup de choses. ». Ça c’est vrai : par exemple, la copulation du gendarme (je parle de l’insecte, hein!) n’a aucun, mais alors AUCUN secret pour mes enfants. 😀

Et puis j’ai eu un doute. Peut-être que l’absence de question vient d’une gêne. Cette même gêne que j’avais ressenti, moi, quand on m’a « assénée », et que mon enfant ressent à travers les générations. Il faut dire que j’avais son âge … Un enfant sait ces choses-là et a tendance à revivre le sentiment que son parent vivait au même âge que lui, même si cela ne correspond pas à son vécu – même si on ne lui en jamais parlé. 

Bref, tout ça pour dire : il y a ce fabuleux livre 👆. Que nous avions déjà emprunté il y a quelques années (mais les enfants étaient trop jeunes). En tout cas, mon homme et moi, on avait ADORÉ. Tout y est : la tendresse, l’amour, un tout petit soupçon de technicité - mais surtout beaucoup beaucoup d’amour, parce que je crois que ce qu’un enfant a surtout besoin d’entendre quand il pose la question « Comment on fait les bébés ? », c’est la réponse à son origine. Et cette réponse est : « L’amour. Le désir. Le désir de toi, mon chéri, tel que tu es. Mon enfant aimé et désiré. »

Ah, il y a quelques cigognes, aussi. Lisez-le, c’est tordant. 😄 Attention, ce n'est pas du "clef en main" ; c’est un livre « ouvert » dont chacun fera ce qu’il voudra en fonction de ce qu’il est.

Je l'ai lu ce soir à mes enfants. Et laissé la conversation nous mener là où elle le devait.

 (Nous n'avons pas parlé de miel et d’abeilles cette fois-ci … 😉)

Et sinon ... Allez, sans tabou : je jette en vrac tout ce que deux enfants de mon entourage proche (que je ne citerai pas ici afin de préserver leur intimité) ont pu m'apprendre sur la sexualité enfantine depuis leur naissance (toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existé est totalement fortuite).

1. Vers ses 3 ans, il y eut la grande interrogation d'une certaine petite fille : "Et pourquoi je ne peux pas faire pipi debout, moi ?". Il y eu même quelques essais. Relativement infructueux. La science a donc raison sur ce point, semble-t-il.

2. Et depuis plusieurs années, cette question récurrente : "Pourquoi les hommes ont-ils des mamelons ?". Mes enfants savent parfaitement à quoi "servent" ceux des femmes, biologiquement parlant ... Mais les hommes ? J'avoue que je n'ai jamais été capable de répondre à cette question ...

3. Dans une fratrie, la curiosité sexuelle se manifeste à grand renfort de rigolades et de jeux. Bien veiller à ce qu'aucun enfant ne pâtisse du jeu. Bien rappeler à chacun que son corps lui appartient et que personne n'a le droit de le toucher sans son consentement. Pour le reste, les enfants vérifient parfois entre eux ce qu'ils ont cru comprendre. Ne surtout pas transposer notre sexualité d'adulte sur la leur.

4. Poser, dès les 3 ans de l'enfant environ, l'interdit de l'inceste : on ne se marie pas entre frère et sœur, et on ne se marie pas avec Papa ou Maman. C'est interdit. Mais on a quand même le droit de s'aimer très fort. 💓 Chez nous les gestes réservés aux amoureux (comme s'embrasser sur la bouche) sont clairement identifiés, et souvent réaffirmés.

5. J'ai découvert aussi que répondre sans gêne est parfois difficile pour l'adulte. C'est stupide, on le sait, mais c'est comme ça. Trop de générations refoulées parlent à travers nous. Lorsqu'un sentiment négatif s’immisce (honte, embarras, refus ...) entre la question de notre enfant et notre réponse, il le sent. Je crois qu'il vaut mieux alors dire très simplement : "Excuse-moi, j'ai été gêné(e) une seconde parce qu'on ne m'a pas appris à répondre à ces questions-là. Mais ta question est une belle question,  et je vais te répondre du mieux que je peux."

6. Il faut toujours répondre à une question d'enfant. Toujours. Sinon ce sera la cour de récré qui s'en chargera, et là ... Je ne gage plus de la scientificité des faits. 😉

7. Papa et Maman doivent parler "sexualité" à Garçon et Fille. Chacun le fera différemment, avec ses mots et son vécu. L'enfant a besoin des deux sources d'explication.

8. Bien expliquer (dès 3 ans, voire plus tôt) aux enfants des deux sexes que le sexe de la fille est sous les grandes lèvres. Le sexe féminin est composé des mêmes parties que le sexe masculin, même si elles n'ont ni le même aspect ni les mêmes noms. La différence majeure est que le sexe du garçon est extérieur, alors que celui de la fille est caché. Ne jamais laisser dire que "La fille n'a pas de zizi", mais reprendre, patiemment, les choses : "Si, mais il est derrière les grandes lèvres".

9. Proposer à sa fille d'observer ses propres parties génitales avec un miroir (pour le coup, c'est la Maman qui s'y colle, si possible) et nommer chaque partie anatomique, scientifiquement. On peut proposer vers 4 ans, et laisser l'enfant s'emparer de la proposition quand il est prêt.

10. Parler des règles librement aux enfants des deux sexes. Bon, dans la mesure où les miens me suivent assez librement partout où je vais 😁, ils ont compris il y a bien longtemps que parfois, il y avait quelque chose de bizarre. Montrer les serviettes hygiéniques ("Oh, c'est trop mignon ! C'est comme des couches pour les Mamans !" - "Euh, moui, bon ..."), expliquer : tous les mois, le ventre de la Maman se prépare à avoir un bébé. Le ventre se tapisse, et se fait bien douillet à l'intérieur. "Mais comme Papa et moi ne faisons pas de bébé, chaque mois, ce nid à bébé doit sortir. C'est pour cela qu'on perd du sang, mais cela ne fait pas mal." 

(Hé franchement, vous imaginez l'angoisse des jeunes filles qui découvrait ça d'un coup, à la puberté, sans en avoir jamais entendu parler ? Ma pauvre Mamie, je pense fort à toi, quelle torture !!)

11. Vers 5/7 ans (chez nous, on en est là !), commencer à aborder le thème de la conception d'un point de vue plus scientifique. Expliquer que la moitié de la graine du Bébé se trouve dans le corps du Papa, et l'autre moitié dans le corps de la Maman. Qu'il faut que les deux moitiés de graine se rencontrent pour faire un Bébé.

12. Répéter aussi inlassablement que les enfants, eux, ne peuvent pas faire d'enfants, qu'il faut être grand pour cela.

13. Quand l'enfant a besoin d'explications plus poussées, et qu'il questionne plus avant, il sait donc déjà beaucoup de choses. Il sait, par exemple, que la fille possède un vagin "pour faire sortir les bébés". Il est alors simple d'expliquer que c'est aussi par le vagin que la demi-graine du Papa entrera.

14. Bien veiller à ce qu'il n'y ai pas de confusion entre les organes sexuels et l'appareil urinaire. Quitte à simplifier un peu pour l'instant (car chez les garçon, c'est compliqué, l'urine et le sperme transitant in fine par l'urètre). Faire pipi et faire des bébés, ce n'est pas la même chose. 😊

15. Il faut savoir que la reproduction humaine est au programme de CM2. Mais à ce stade, l'enfant a déjà construit beaucoup de choses, à travers les explications de ses parents, ses lectures et l'observation de la copulation des animaux (dans la nature ou dans des documentaires). En particulier, il sait que les organes sexuels du Papa et de la Maman entrent en contact lors du rapport sexuel. Un nouveau cycle de questions identitaires commence alors, moins biologiques, et plus symboliques ... La puberté peut commencer !

Vous en êtes où, vous, de l’éducation sexuelle de vos enfants ?

samedi 4 février 2017

Les maths selon Maïa # 5

Dernier opus de cette série qui me régale ... 😊

Pour reprendre l'aventure depuis le début, c'est ICI.

Je laisse la plume à Maïa dans le présent article - que j'entrecoupe néanmoins de liens et de remarques personnelles... 😊

Géométrie plane :

"1. Notre ludothèque fait notre bonheur, par exemple avec le jeu Fits, de Ravensburger :


Les joueurs lancent un dé sur lequel figurent des figures géométriques aux formes et aux couleurs variées, trouvent la pièce correspondante et la placent sur leur plateau de manière à  la compléter en un minimum de temps.

Note d'Elsa : J'ai l'impression qu'il s'agit d'une ancienne version de ce jeu, et que la nouvelle n'a plus grand chose à voir... Dommage ... Je ne peux pas m'empêcher de mettre en lien le jeu que nous présente Maïa avec les triangles constructeurs montessoriens (Je ne sais pas vous, mais depuis que j'ai regardé les vidéos de Céline Alavarez, je me retiens de mettre la main à la carte bleue pour acheter ces fameux triangles... Arg. Peut-être que si j'arrive à trouver le jeu ci-dessus, cela calmera mes ardeurs consuméristes. Note pour moi-même pour avancer sur la voie du minimalisme : toujours se donner quelques mois de réflexion avant un gros achat... 😁). L'idée est que chaque figure de la géométrie plane peut être décomposée en plusieurs triangles. De plus, ce jeu, comme les triangles constructeurs, prépare aux équivalences, aux calculs des surfaces, sans parler des compétences logiques mises en œuvre. 💓

"2. Toute la série des Smart games est également empruntée régulièrement ... Par exemple, les pingouins patineurs :


Le joueur choisit un défi (chaque jeu en contient 60, avec leurs solutions, classés du plus simple au plus complexe). Ici, il faut modifier la forme initiale des blocs de glace (qui coulissent pour réaliser des figures variées) de manière à les encastrer toutes dans le plan de jeu et pouvoir placer les pingouins aux emplacements demandés.

3. Nous avons visionné une vidéo passionnante (sur la non moins passionnante chaine Numerphile) intitulée "Fold and cut", et qui lance le défi suivant : Comment obtenir un polygone (même très complexe) en découpant un pliage... d'un seul coup de ciseaux ? Le théorème sous-jacent à cette pratique pourrait d'ailleurs être une raison nécessaire et suffisante pour ne pas mélanger les polygones curvilignes aux autres... En tous cas, cela m'a donné envie d'aborder les polygones ainsi, en les considérant comme des figures que l'on obtient par pliage (et donc par construction des droites remarquables) et unique coup de ciseaux. Nous avons essayé plusieurs pliages, dont celui en forme d'étoile - parfait pour réaliser une décoration de Noël !"


Note d'Elsa : Ne manquez surtout cette excellente vidéo ! Nous vous laissez pas impressionner par le fait qu'elle soit en anglais, le tout est très aisément compréhensible quelque soit votre niveau de langue. Pour moi, je sais à présent à quoi ressembleront mes cours de géométrie plane en cycle 3... 😉

Pour terminer au sujet de la géométrie plane, je ne peux passer sous silence deux excellents supports de manipulation (ô combien classiques) : les mosaïques (ou attrimaths) et les tangrams. 😊

Géométrie dans l'espace

Comme supports de construction, nous apprécions particulièrement en ce moment les Géomags empruntés à des amis pour quelques semaines !

Pour le reste, votre blog  fourmille de propositions dans ce sens !


Note d'Elsa : Merci, Maïa ! Effectivement, je pense que les jeux de cubes et de construction permettent de manipuler des solides variés et de s'imprégner sensoriellement de leurs propriétés. Je vous présentais notre collection de solides ICI, et la manière dont nous les utilisions pour passer au plan LÀ. Ces deux étapes (approche des définitions par manipulation et construction de patrons) sont à mon avis essentielles avant de passer aux représentations des solides dans le plan (perspective cavalière, axonométrique, vue du dessous, du dessus...).

La base 2

"Lou avait envie d'apprendre "d'autres manières de compter" : je lui ai donc appris à compter sur ses doigts en binaire."

Note d'Elsa : Oh là, là, alors ça, ça me parle !! 💓

A défaut d'être mathématicienne, je suis épistémologue, et l'évolution des sciences à travers l'histoire de la pensée humaine me fascine. C'est incroyable, tout de même, d'essayer de pénétrer d'autres manière de penser...

Les hommes de tous temps ont été confrontés à un problème : Comment désigner des quantités aussi grandes que l'on voudra à l'aide d'un répertoire limité de signes ? Les solutions apportées à travers l'Histoire ont été plus ou moins satisfaisantes. Les Romains, par exemple, avaient opté pour une numération de type additif, qui comporte peu de signes (I, V, X, C, D et M). Tout le monde connaît encore ce système aujourd'hui, toujours utilisé, en particulier pour les datations : les règles de construction des écritures se réduisent à de simples additions de chiffres juxtaposés. Vous voyez vite le problème que cela pose... Exercez-vous : écrivez 997 en chiffres romains. Bien.  Et encore, ce n'est "que" 997 !! 😁.

Les systèmes grecs et romains ont été progressivement modifiés pour tenter d'écrire des nombres de plus en plus grands, mais les modifications compliquèrent le système jusqu'à le rendre impraticable...

Une autre grande solution, très efficace cette fois, réside dans ce que nous appelons les numérations "de position" : la valeur d'un signe dépend de sa position dans l'écriture du nombre. Par exemple, le signe "2" n'a pas la même valeur dans les nombres 213 (où il vaut 2 centaines), 425 (où il vaut 2 dizaines), 672 (où il vaut 2 unités) ou 2987 (ou il vaut 2 milliers).

Dans notre système, la base est dix, ce qui signifie que l'échange se fait de 10 contre 1 : 1 dizaine vaut 10 unités, 1 centaine vaut 10 dizaines, etc. Nous avons du mal à imaginer qu'il puisse en être autrement, mais l'Histoire a vu des civilisations qui procédaient à d'autres groupements et échanges : 5 contre 1 (base 5) ou 20 contre 1 (base 20). Ainsi, le système égyptien et le système sino-japonais reposaient sur une base décimale, mais les Népalais utilisaient une base 12, et les Mayas une base 20.


Numération maya

Revenons à cette base 2, concept essentiel de l'informatique : elle ne comporte donc que 2 signes, le 0 et le 1. La numération de position est néanmoins identique au système décimal actuel. Essayons de compter en base 2 : Il y a d'abord le 0 et le 1. Pas de problème. Puis ce qu'on appelle 2 dans notre système décimal : sauf qu'ici, le "2" forme un groupement, on change d'ordre. Notre 2 décimal s'écrit donc 10 en base 2. Notre 3 s'écrit 11, et à 4, hop ! encore un groupement : 100.

La suite des entiers relatifs positifs commence donc ainsi en base 2 : 1, 10, 11, 100, 101, 110, 111, 1000, 1001, etc. Notre 12 s'écrira 1100, notre 999 s'écrira 1111100111. 😂

Re-visionnons la vidéo de Maïa à cette lumière : Le poing fermé désigne le 0, le pouce représente 1 et l'index 2. L'index seul désigne la quantité 2, c'est la différence majeure d'avec notre manière de faire usuelle, qui désigne la quantité 2 par 2 doigts dressés (et n'importe lesquels, d'ailleurs). Pour représenter 3, nous avons donc besoin de lever le pouce et l'index, 1 + 2 = 3. Le majeur dressé seul désigne le 4. Pour faire 5, nous lèverons donc le majeur et le pouce, 4 + 1 = 5. Pour faire 6, nous lèverons l'index et le majeur, 2 + 4 = 6. Pour faire 7, nous lèverons le pouce, l'index et le majeur, car 1 + 2 + 4 = 7. Le 8 sera la valeur attribuée à l'annulaire : nous ne lèverons donc que ce doigt pour désigner cette quantité. Pour faire 9, nous lèverons l'annulaire et le pouce (non, ce n'est pas facile !), puisque 8 + 1 = 9. Pour faire 10, nous lèverons l'annulaire et l'index : 8 + 2 = 10. Et ainsi de suite.

Vous voyez tout de suite l'avantage de ce procédé (en plus de muscler les doigts, d'exercer ses tables d'additions et d'apprendre à traduire le binaire) : on peut compter jusqu'à 31 avec une seule main, et jusqu'à 1023 avec dix doigts. Ce qui nous sera peut-être, utile un jour ! 😄

Ainsi s'achève cette passionnante série, j'espère qu'elle vous a plu autant qu'à moi !

Maïa, si d'aventure l'envie te prend d'en rédiger la suite... pense à nous ! Un immense merci pour tes partages !! 💓

samedi 28 janvier 2017

Les maths selon Maïa # 3

Les premiers volets des maths selon Maïa sont ICI et LÀ.

Au programme aujourd'hui : les mathématiques dans la vie quotidienne et les fractions ! 😊

Je laisse la plume à Maïa dans le présent article - que j'entrecoupe néanmoins de liens et de remarques personnelles... 😊

Les mathématiques dans notre vie quotidienne :


"J'avais acheté ce puzzle de carte de France il y a deux ans, et je comptais le repeindre car je le trouvais un peu surchargé... Mais surprise en l'ouvrant : le découpage ne correspondait pas de manière exacte aux régions existantes à l'époque. J'ai donc décidé de me servir de ce matériel non pas à des fins géographiques, mais mathématiques : ce puzzle pouvait être une illustration du théorème des quatre couleurs ! J'ai proposé à Lou de le repeindre en lui proposant de chercher le nombre minimal de couleurs nous permettant de peindre les différentes pièces sans que deux couleurs ne se touchent."

Note d'Elsa : Il ne peut exister cinq régions connexes deux à deux adjacentes. C'est tout de même fou quand on y pense. 😊 J'ai proposé le même défi à mes enfants à l'occasion de simples coloriages, et c'est vérifié : quatre couleurs (et parfois même, trois !) suffisent à remplir n'importe quel motif sans que deux couleurs ne se touchent jamais. 😊 Évidemment, proposer cette activité dans le cadre d'une colorisation de carte est idéal, puisque c'est dans ce contexte que le théorème fut découvert...

"Les quatre opérations sont sollicitées en permanence dans la vie quotidienne, en mettant la table (Combien d'assiettes si nous sommes deux de plus ? Ah, finalement un des invités ne vient pas, que faut-il faire ?... etc) ou en partageant les récoltes (Si on a cueilli 15 mûres et qu'on est 5, combien en aurons-nous chacun ? Et si on en cueille 13 et qu'on est 3 ?).

Les Duplos sont aussi utilisés spontanément par Lou comme support pour la multiplication : 

Grande jubilation : 6 x 4 ...

... est égal à 3 x 8 !

Les fractions : 

"La cuisine est le grand terrain des proportions !" 😉


" Le partage de crêpes (rondes) ou de gratins (carrés) permettent le découpage en moitiés, tiers et  quarts. Pensons-y : le partage des plats familiaux est une tâche qui peut être confiée aux petits !

Les tasses mesureuses sont détournées lors de longues séances de transvasement, pour le plus grand bonheur de mes deux enfants, qui connaissent leurs noms (tasses, demi-tasses, quart de tasses) et, par la manipulation, font l'expérience de leurs relations.
Note d'Elsa : Voici une activité à proposer quel que soit l'âge de l'enfant, car elle est facilement adaptable avec des plus grands, notamment en leur laçant de petits défis (voir ICI ou LA, par exemple).

Pizza fiesta (ancienne version)

"Ci-dessus, voici un vieux jeu emprunté à la ludothèque : le matériel est très beau, mais les règles du jeu un tantinet ennuyeuses... On a détourné ! Néanmoins ce jeu présente l'avantage (contrairement à nos crêpes du goûter...) d'être déjà découpé donc facile à manipuler même pour Camille."

Note d'Elsa : Maïa, est-il possible d'avoir des éclaircissements sur la manière dont vous jouez avec ce matériel ? ... Qui me fait d'ailleurs penser aux fractions en métal montessoriennes !  😊

À bientôt pour le prochain opus des mathématiques selon Maïa ! Nous aborderons l'étude des nombres premiers et des nombres relatifs ! 😊

dimanche 22 janvier 2017

Les maths selon Maïa # 1

En juillet 2015, je publiais un article basé sur l'approche montessorienne de la géométrie...


Si vous relisez les commentaires de ce vieil article, vous y découvrirez l'amorce d'un débat passionnant qui vous avait peut-être échappé alors.

Une lectrice du nom de Maïa s'était étonnée que, dans notre exercice, des figures constituées de courbes soient classées dans la catégorie "Polygones". Un polygone, justement, se caractérise uniquement par ses sommets et leur ordre ; cette définition ne sous-entend-elle pas que les dit-sommets soient joints par des segments ? - Et bien, répondis-je alors, pas dans le cas des polygones curvilignes. Que je n'aurais, pour ma part, jamais songé à intégrer au cabinet de géométrie, puisque Maria Montessori l'avait fait, hein... 😉

Maïa se mit à réfléchir alors sur la manière dont elle souhaitait présenter la géométrie plane à ses enfants. Et eut, par la même occasion, une conversation téléphonique animée avec son frère - mathématicien de son état. Le frère de Maïa est très intéressé par le matériel sensoriel montessorien et porte aux nues certaines propositions comme le cube du binôme ou le matériel de perles. Mais il se montre très dubitatif quant à tout ce qui a trait à la géométrie plane. D'après lui, ces propositions sont, et c'est logique, en accord avec les manuels du milieu du 19e siècle. À cette époque, la géométrie plane est la référence absolue, alors qu'elle ne sert plus, aujourd'hui, que d'introduction à la géométrie spatiale non euclidienne. Le frère de Maïa s'est franchement amusé du "triangle scalène acutangle", et le "quadrilobe" a achevé de le faire mourir de rire... Cela me fit penser que j'ignorais tout de ces termes avant de connaître Maria Montessori - et c'est aussi le cas de tous mes amis mathématiciens et ingénieurs... Et vous ? 😉

Maïa reliait l'apprentissage de ces termes à des objectifs conceptuels et langagiers, mais son frère sut lui démontrer qu'ils étaient simplement caractéristiques d'une période mathématique révolue, qui n'avait plus rien à voir avec les schèmes des mathématiciens d'aujourd'hui. 

Finalement, Maïa s'était déjà fait cette réflexion sur la pédagogie Montessori : l'intuition et les propositions fantastiques de Maria Montessori autour de la vie sensorielle pouvaient trouver un élan nouveau si elles continuaient à être pensées en lien avec les découvertes modernes. Au cours de sa formation Montessori, elle avait été frappée, d'ailleurs, par la rigidité du matériel - non modifiable, hein, puisque pensé ainsi par Maria en personne !

Si Aristote l'a dit... 😉

Pourtant, les sciences progressent - c'est dans leur nature, de nouvelles théories voient le jour, et elles sont tout à fait adaptables à l'exploration sensorielle par l'enfant. 

Maïa a donc réfléchi, pendant plus d'un an, à la manière dont elle pouvait présenter concrètement à ses enfants (âgés aujourd'hui de 4 et 3 ans) les concepts de la géométrie plane, mais aussi d'autres concepts mathématiques (le barycentre, les intégrales, les vecteurs...) et physiques (les ondes, les modèles de molécules...).

La semaine dernière, elle m'a envoyé le descriptif des activités proposées à ses enfants tout au long de cette année. C'est tout à fait passionnant - et je vous rassure, ses propositions sont tout aussi simples à comprendre et à mettre en œuvre que le débat qui les sous-tend est complexe.


Je ne vous cache pas que je suis très admirative de son travail - et je vous propose de le découvrir cette semaine, à travers une série de petits articles illustrés.


J'espère que ses conclusions vont inspireront autant que moi !!

À très bientôt, donc ! 😊

Les maths selon Maïa # 2
Les maths selon Maïa # 3
Les maths selon Maïa # 4
Les maths selon Maïa # 5

vendredi 30 septembre 2016

Journal de nos jours : septembre 2016


Nous voilà à l'amorce d'une saison nouvelle - et d'une année scolaire toute neuve.

C'est une contradiction dans les termes qui m'a toujours profondément heurtée : Septembre est, pour moi, synonyme d'un épuisement profond doublé d'un stress intense (que seuls connaissent les enseignants, je crois, car comme le disent mes amis : "Nous, nous n'avons pas de rentrée à proprement parler, dans notre métier!") au moment où tout, autour de moi, me pousserait à ralentir. Septembre devrait être la saison des longues  promenades au creux des bois, où l'on emporte des barres énergétiques concoctées maison au fond des poches... La saison des réflexions mâchonnées quant à la qualité de la récolte ("Oui, mais avec l'été qu'on a eu... et si la pluie... le vent... Enfin, ainsi est ainsi : beaucoup de poireaux, peu de courgettes... Mais si le vent, le temps... et le sommeil des enfants... Alors, qui sait ?"). On ressort les modèles de tricots et les recettes de cosmétiques naturels. Et les projets manuels - papier-mâché, poésie, art - et des coloriages, des tonnes de coloriages ! The slow life, en somme.

Notre mois de Septembre fut hélas assez éloigné de tout cela - comme la présente sélection des dix photos, plébiscitées par vous sur Instagram, en témoigne. Bien qu'avec le recul, je trouve à  Septembre une certaine beauté "brute de décoffrage", comme s'il s'agissait plus d'un défi à expérimenter qu'un problème à résoudre... Mais je sais c'est facile à dire, à présent qu'il s'achève ! 😉

Vendredi 2 septembre


Voilà, la rentrée est effective. Je sais néanmoins que ce gros mot de "rentrée" ne désigne pas un seul jour, mais un long mois d'épreuves... pour le moment à venir. Ces premiers jours de Septembre ont été parmi les plus sympas de ma carrière. Je suis remplaçante dans une école de rattachement formidable et, n'ayant pas été appelée pour le moment, je donne des coups de main là où le besoin se fait sentir. Je goûte cette nouvelle posture professionnelle qui n'est pas pour me déplaire malgré l'épée de Damoclès qui plane au-dessus de ma tête (de quoi demain sera-t-il fait ?).

En attendant, nous savourons en famille l'entrée dans notre premier week-end, et je customise les stylos-billes d'Antonin. J'enroule une fine bande de papier d'origami autour du tube contenant l'encre avant de le réinsérer dans la gaine transparente... Pas facile et hélas hors de portée des petites mains de la maison, mais le Damoiseau est ravi de ces stylos personnalisés !

Mardi 6 septembre


Après quelques jours à travailler au pied levé dans mon école de rattachement - accueil des Petits, ou celui des enfants des gens du voyage... - voilà aujourd'hui mon premier remplacement. Je passe la journée dans une classe de CP adorable... Non sans tout un tas de pensées pour mon Damoiseau d'amour qui, lui aussi... 

C'est un super niveau, ça, CP... J'adore... 😊

Mercredi 7 septembre


Ma vie insouciante de remplaçante n'aura pas duré. Dommage, car c'était à cette condition que j'avais accepté d'être finalement à plein temps cette année... Autant dire que j'ai eu l'impression de m'être faite avoir sur toute la ligne lorsque la circonscription m'appelle. La responsabilité d'une classe m'échoie (à plein temps, donc...) dans le cadre d'une ouverture de classe. Des PS/MS - encore de la maternelle, quand j'aurai tant aimé retourner en élémentaire... La soirée est morose et je stresse un peu (beaucoup). Je me sens si fatiguée, et l'année n'est même pas commencée...

Aujourd'hui mercredi, je rencontre l'équipe. C'est le coup de foudre. Bon sang de bonsoir, je retrouve des réserves d'énergie insoupçonnées et je retrousse mes manches. Il est vrai que de se sentir aidée et accueillie, ça aide, dans la vie. 😊

Jeudi 8 septembre


C'est ma rentrée officielle. Aujourd'hui et demain, j’accueillerai mes élèves par petits groupe, puis en groupe entier sur un temps court.

Le premier contact se fait grâce à la médiation du matériel - varié, très abondant et de haute qualité dans cette école, youpi !

Samedi 10 septembre :


Week-end studieux - comme tous ceux à venir. Je confectionne des cartes à compter pour mes élèves. Tout vient du blog "La classe de Laurène", c'est progressif, esthétique, il n'y a plus qu'à imprimer, plastifier et découper !

Mercredi 14 septembre :


Je refais surface - et tente de me recentrer sur mes enfants. Nos mercredis Montessori sont à suivre sur IG ! Ici, Louiselle, 4 ans, reproduit un algorithme dans le bac à glaçon du dessous. Dans le bol d'à côté, je prévois exactement le nombre d'items nécessaire afin de permettre le contrôle de l'erreur. Libre à l'enfant de créer ensuite son propre motif par la suite - la réserve de pompons n'est pas loin - et de le reproduire. Grâce à la pince, on travaille la motricité fine par la même occasion !

Vendredi 23 septembre :


Ce soir, c'est dînette au jardin. Et ça fait du bien. 😊

Samedi 24 septembre :


Nous fêtons l'équinoxe. C'est la fête saisonnière que les enfants attendent avec le plus d'impatience, et, sans prise de risque, c'est toujours la plus réussie. Au programme, invariablement : feu de camp au jardin, saucisses de soja grillées, bougies et lanternes, observation d'étoiles... quelques petits cadeaux, dont je vous reparlerai sans doute... Et cette année, une nouveauté : des ombres chinoises XXL sur le mur de la maison ! 😊

Lundi 26 septembre :


Ma classe est lancée - enfin, elle le serait si la mairie nous octroyait enfin l'ATSEM qu'elle nous a promis, mais ceci est une autre histoire... Disons que ma relation avec les enfants est désormais amorcée, et que j'ai déjà rencontré plusieurs parents pour échanger sur les besoins les plus pressants.

Nos petites activités trouvent leur rythme ; il s'agit pour le moment d'un mix entre tous les types d'ateliers existants et qui nous convient bien, aux élèves et à moi : des ateliers collectifs (et non individuels) mais libres d'accès et auto-gérés (et non imposés, via des groupes fixes, par l'enseignant). Nous verrons ce que mon inspecteur en dira dans quelques jours. 😉

Ci-dessus, l'activité favorite du moment : les plateaux de semoule ! Qui développent la motricité fine - et musclent donc la main en vue de l'apprentissage de l'écriture - car les enfants versent, puisent, visent, transvasent inlassablement (vrai, cette activité peut les absorber individuellement pendant une heure de temps !). C'est également une excellente manière d'approfondir les connaissances physiques par la manipulation : comment se comporte la semoule et comment peut-on influer sur le comportement observé ? Voilà un atelier qui, chez les 3/4 ans, devrait nous occuper toute l'année (à condition de varier les outils - cuillères, passoires... et les matières - eau, sable, farine...).


Pour finir, un deuxième atelier, bien plus scolaire lui, et qui, contrairement au premier, n'attire les enfants... qu'à condition que je m'y poste ! Car les petits adorent travailler avec l'adulte et recherchent sa présence. C'est un dispositif parfait pour mener à bien mes "évaluations diagnostiques" en numération : qui sait procéder à une correspondance terme à terme ? A un dénombrement ? Qui sait lire les chiffres ? etc. Il s'agit d'une observation nécessaire en début d'année, dans ce niveau de classe où l'intérêt numérique varie fortement d'un enfant à l'autre.

Quant au matériel, il s'agit de l'Atelier "Boite à compter" n°1 de Nathan, que je couple avec des pinces et des pompons (toujours en vue de muscler la main). Une variation parmi d'autres de la boite de fuseaux ! 😊

Bonjour, octobre ! 😊
(Pas fâchée de t'accueillir, et si tu pouvais me faire reprendre mes kilos perdus et rattraper mon sommeil en retard, ce serait top...) 😊

A bientôt par ici ! Car malgré le surmenage, j'ai plusieurs articles en dormance... 😉

mercredi 24 août 2016

Montessori sans matériel : la 3e boite de couleurs


Aaaaah, la troisème boite de couleurs... Elle est l'aboutissement des deux premières, la consécration... Regardez-moi  ces couleurs subtiles, ces tendres dégradés... Ressentez comme elle invite vos perceptions à s'organiser, à s'affiner... Elle invite à la nuance... La nuance : l'essence du monde physique comme du monde de la pensée...

La troisième boite de couleurs est un matériel hautement sensoriel : elle ouvre à l'exploration de l'environnement, elle exerce la capacité à discerner les différences. En pédagogie Montessori, les couleurs ne sont pas des noms arbitraires, mais des outils. Une couleur n'est pas "Bleue" : elle est pigment, ombre et grain - et, éventuellement Azur, Acier ou Cobalt. C'est quelque chose qui existe, et en tant que tel, qui dit quelque chose sur le monde.

D'un point de vue plus strictement pédagogique (le délire ci-dessus, quoique touchant à l'essentiel à mon avis, n'aurait pas place dans une conversation avec mon supérieur hiérarchique... 😄), les sens s'éduquent, avec ce matériel, à travers la répétition consentie. L'enfant manipule le matériel selon son besoin. L'objectif n'est pas qu'il sache nommer avec précision les nuances manipulées, mais qu'il affine ses sens à travers un travail d'attention, de comparaison et de jugement.

J'adore la troisième boite de couleurs Montessori ... 😊


Mais elle coûte 40 euros (au bas mot). Ce qui rend son achat absolument non rentable pour nous dans un cadre domestique - allons, soyons lucides, mes enfants la manipuleront chacun une à deux heures de temps, si l'on met toutes les séances bout à bout. Le ratio dépense/encombrement futur/temps d'activité n'est pas bon. 

Fin du rêve.


A moins que...  😉

Il y a une idée qui a fait le tour de la Toile, et qui me semble faire écho à tous les objectifs poursuivis par cette troisième boite. 

Je vous en parlais déjà ICI : il s'agit de travailler avec des nuanciers (disponibles en magasin de bricolage) en double exemplaire : la bande de référence reste intacte, et permet le contrôle de l'erreur, et la deuxième bande est découpée en sections, qui sont collées sur de petites pinces à linge.


La première étape, pour l'enfant, consiste en une mise en paire - pas si simple car certaines nuances, sorties de leur dégradé, semblent tomber sous plusieurs couleurs à la fois ...

Ensuite, on peut procéder de manière très classique : on demande à l'enfant de construire le dégradé tout seul, sans modèle. On commence par ne proposer qu'une seule couleur, dont les nuances sont mélangées sur un plateau...


... puis on les introduit toutes en même temps.


Et bien sûr, les nuanciers intacts servent à contrôler l'erreur.


Certaines d'entre vous ayant évoqué la difficulté à dénicher des nuancier gratuits, voici quelques variantes qui permettent de pallier ce manque :

- Vous pouvez peindre vous-même vos dégradés, en partant d'une couleur "pure" à laquelle vous ajoutez une petite dose de blanc entre chaque mélange. C'est plus créatif, et il s'agit d'une expérience sensorielle intéressante (à mener avec l'enfant !), mais c'est aussi plus plus hasardeux quant au résultat. Il est à peu près certains que vous ne pourrez reproduire la délicatesse des nuanciers (c'est normal, il y a le travail de toute une équipe derrière le choix de chaque pigment... !). Une fois votre dégradé obtenu, il ne vous reste plus qu'à peindre une pince à linge et un rectangle de carton de la même nuance, et le tour est joué.

- Si vous avez une imprimante sous la main (et des cartouches toutes neuves !), rendez-vous chez La Petite Ruse, qui offre de très beaux nuanciers à télécharger.

- Enfin, si vous n'avez ni énergie, ni temps, ni imprimante, ni rien du tout, pourquoi ne pas investir dans un gros stock de coton à broder ? L'enfant pourra manipuler et classer les écheveaux du plus clair ou plus foncé, et vous pourrez réutiliser le fil une fois l'engouement passé... 😉

Bonne soirée chez vous, et n'oubliez pas d'admirer les couleurs de notre monde ! 😊

mardi 14 juin 2016

Continents !!! (yes...)


Vous êtes nombreux à me demander des conseils sur l'apprentissage de la continence. Des conseils ? Ah, ah. Sans doute avez-vous oublié l'article où je détaillais ma position, fort simple, en vérité : j'ai décidé une fois pour toutes de ne pas apprendre la "propreté" à mes enfants. Parce qu'il s'agit d'un apprentissage naturel, comme d'apprendre à s'asseoir, à marcher ou à parler, et qu'il se fera harmonieusement, et quoiqu'il arrive, dans un environnement aimant et compréhensif. Voilà qui arrangeait bien mes affaires, d'ailleurs (vous ai-je déjà dit que j'étais flemmarde ?). 😉

Alors, bien sûr, comme à chaque fois qu'on suit le rythme de l'enfant, il faut cesser de songer en terme d'efficacité... Mais, si vous le voulez, faisons-le quand même, histoire de rigoler. Demandez-moi si, trois ans plus tard, je trouve ma méthode efficace. Je réponds : OUI ! La preuve : mes deux enfants sont désormais continents. De jour comme de nuit.

Ah, mais j'y songe, peut-être y avait-il un sens caché à votre question. Peut-être vouliez savoir à quel âge mes enfants étaient devenus continents ?? 😉

Et bien, pour la continence diurne, elle fut acquise à un âge plutôt classique pour les deux enfants - un peu avant trois ans pour l'un, un peu après pour l'autre. Pas de quoi crier au miracle, ni au drame. Des élèves "moyens" dans le cursus Pipi-Caca, quoi ! 😄

Pour la continence nocturne... Hum. Les choses ont été beaucoup plus longues. Et bien que je sache que l'expérience d'une famille n'est jamais transposable, et qu'elle est de peu d'aide pratique dans ce domaine particulier, je voulais raconter un peu comment les choses s'étaient passées ici. Si cela peut vous rassurer et vous aidez à prendre patience, j'aurai gagné ma journée ! 😉

Antonin, aux alentours de ses trois ans et demi, s'est arrêté de faire pipi la nuit pendant une bonne semaine. Nous pensâmes que "c'était parti" et nous lui proposâmes d'ôter ses couches. Qu'il était fier le Damoiseau ! Seulement, c'était un faux départ : les pipis-la-nuit sont revenus. Et ce n'était pas de petits pipis... Antonin se réveillait trempé tous les matins, mais dans un premier temps, nous gardâmes le cap. C'était pour bientôt, et, franchement, who cares ? C'est Bosh qui lave, hein... 

Nous avons opté à ce moment-là, pour une attitude dont nous ne nous sommes jamais départi : nous ne faisions jamais de commentaires. Tiens, ce matin, la couche est mouillée. Ce n'est ni bien ni mal. Quand tu seras près, mon fils, tu cesseras de faire pipi la nuit. C'est sûr. Et ce sujet ne mérite pas qu'on s'y attarde, quand il y a tant et tant de belles choses à vivre et à commenter par ailleurs.

Bon, c'était sans compter sans la peau du Damoiseau. L'urine imprégnait son pyjama et restait en contact avec son épiderme (très sensible...) une bonne partie de la nuit. Au bout d'un mois ou deux, son bassin donnait l'impression d'avoir été passé au papier de verre. Et comme les pipis-la-nuit étaient redevenus systématiques, nous décidâmes de le convaincre de remettre des couches la nuit.

Pas très Montessorien, n'est-ce pas? Une honte ! Sauf si on considère, comme moi, qu'il n'y a jamais de solutions pré-pensées, et que la manière de rendre l'enfant autonome pour de vrai est de respecter son rythme. Visiblement, Antonin n'était pas prêt.

Il n'était toujours pas prêt à 4 ans.

Il n'était toujours pas prêt à 5 ans.

Oh, bien sûr, certains matins, nous constations que la couche était sèche. Elle l'était même parfois deux matins de suite. Et puis le pipi-la-nuit revenait...

Ce n'était pas un problème. A aucun moment nous n'en avons fait "un plat". Cela viendrait, nous en étions persuadés, alors ? Et puis, ce qu'il y a de bien, avec cet apprentissage-là, c'est qu'il peut rester dans la sphère familiale. Les petits copains d'école ou les voisins n'avaient pas besoin de savoir que notre enfant portait "encore" des couches la nuit. C'était entre nous et nous, cette histoire, et pour nous, nous étions OK. Pas de pression.

Un problème pratique a tout de même fini par se poser. Antonin dormait toujours dans son petit lit au sol, et peu après ses 5 ans, celui-ci a fini par devenir trop petit. Nous avions annoncé à Antonin qu'il aurait un "grand" lit lorsqu'il serait continent nocturne... C'était important pour nous tous, un peu comme un rite de passage. Et bien, nous avons fini par lui donner son lit avant l'acquisition de cette fameuse continence : après tout, ce lit "de grand" n'était pas une récompense, donné en l'échange d'une performance, mais plutôt un symbole. Et pipi-la-nuit ou pas, le fait était là : Antonin était grand à présent. Il n'y avait aucune raison de lui refuser un lit adapté à son âge, et nous lui assurâmes, une fois de plus, que la continence suivrait, quand il serait prêt.

Qui dit nouveau lit, dit nouvelle literie. Et il se trouva que sa nouvelle couette était fort chaude. Si chaude que le Damoiseau se réveillait en nage dans la nuit. Nous décidâmes donc qu'il essayerait de dormir tout nu. Après tout, le matelas était bien protégé, et puisque c'est Bosh qui lave...

Il n'y eut pas de pipi cette nuit-là, ni celles qui ont suivi. Lorsqu'il dort en pyjama, je pense qu'Antonin n'a pas consience que ne pas porter de couche, il se sent "habillé". Tout nu, son subconscient garde le message qu'il n'a pas de protection.

Il n'y eut plus de pipi-la-nuit. 

Et Louiselle, de son côté ?

Pour Louiselle, la situation était légèrement différente, puisqu'à 4 ans, il ne lui était jamais arrivé de ne pas mouiller sa couche la nuit. Nous ne lui avions donc jamais proposé de l'ôter. Une fois ou deux, la Damoiselle avait voulu dormir sans, mais elle se réveillait à chaque fois en pleine nuit, trempée - ah, refaire un lit intégralement à 3 heures du matin, le bonheur !! 😄 Mais encore une fois : pas de commentaire, ainsi c'est ainsi, et c'est ainsi qu'on apprend.

Il y a une semaine, Louiselle me demande à nouveau de dormir sans couche. J'accepte - j'accepte toujours !, et songeant à ce qui s'était passé pour son frère, je lui propose de dormir nue. Il fait si chaud de toute façon, elle sera mieux comme ça. A vrai dire, je sais bien que ce qui fonctionne pour l'un ne fonctionne pas nécessairement pour l'autre, et je m'attends une fois de plus à me relever cette nuit-là.

Il n'y eut pas de pipi-la-nuit cette nuit-là. Ni celles qui suivirent.

C'est officiel : mes enfants, la nuit, sont continents - et nus ! 😄

Reste à nous mettre en quête d'un joli lit pour la Damoiselle... doté d'une couette bien chaude ! 😄

mercredi 18 mai 2016

En ce moment, nous lisons... (05/16)

Je parviens de moins en moins, en ce moment, à démêler les coups de cœur de Louiselle de ceux de son frère (et vice et versa !). Si l'un d'eux aime un livre, il convainc (contamine ?) l'autre assez rapidement, qui se met à le réclamer aussi...

Bon, je suppose que le temps des lectures plus personnelles pointera son nez un jour, quand les enfants auront besoin d'affirmer leurs goûts propres de façon tranchée... Pour l'heure, je vous présente les lectures enfantines du moment tout en vrac, mais une chose est sûre : ils aiment ! 😄


A la sieste, tout le monde !, Yuichi Kasano, L'Ecole des Loisirs, 2009.

Les enfants ont découvert Yuichi Kasano l'année dernière avec Bonjour, les vaches !. On retrouve ici le trait précis et réaliste de l'auteur et cette lenteur empreinte de sagesse dans le texte et l'image. C'est un album à structure répétitive par accumulation, comme on dit dans le jargon. Ici, un simple futon prend le frais et attire irrésistiblement tous ceux qui passent à sa portée. Le matelas sera-t-il assez grand pour soutenir cette sieste collective ? Le jeune lecteur et ses parents sont pris de bâillements irrépressibles tout au long de la narration... C'est vrai que ça a l'air bon, de dormir là ! Même si en refermant le livre, on se demande si tout cela n'a pas été rêvé...


La chambre de la fille, de Perceval Barrier et Matthieu Sylvander, Ecole des Loisirs, 2015.

Rien n'est jamais tout rose ou tout bleu. Tous les parents le savent, qui n'enfantent jamais le bébé dont ils rêvaient. Mais quand trop c'est trop, Madame Souris s'insurge, et le service de fabrication des bébés en prend pour son grade. Car enfin, ce n'est pas juste une histoire de chambre... Voici un livre tendre et plein d'humour pour aborder la conception, l'adoption, la fraternité, et aussi le fait que dans une famille, il ne nait parfois que des filles ou que des garçons... Très mignon !!


Ce n'est PAS une bonne idée !, Mo Willems, Kaléidoscope, 2014.

Du grand art, comme d'habitude avec Mo Willems. Voici un drame, un vrai de vrai, Messieurs-Dames, présenté à la manière d'un vieux film muet. Le dénouement inexorable se rapproche à chaque page tournée, sous les yeux terrifiés des petits spectateurs-oisons... Je vous rassure, les âmes sensibles n'ont pas à s'abstenir car tout est bien qui finit bien - même si le tout laisse bel et bien un délicieux petit goût de cruauté... Ne manquez pas de relire l'album une seconde fois, il fait partie de ceux qu'on décrypte différemment quand on en connait la fin...


Robert Campagnol, Martin Waddell et Barbar Firth, L'Ecole des Loisirs, 1992.

Cela fait longtemps que je veux vous en parler : avec mon amie Lucie, on s'est mise au défit de s'envoyer chacune un album jeunesse tous les deux mois. En clair : j'envoie un livre un mois, j'en reçois un le mois suivant. Et bien sûr, c'est un régal dans les deux sens. 

Robert Campagnol est le dernier album que nous avons reçu - mais il faudra que je vous présente aussi les autres, car ils sont tous bien !, et il nous a beaucoup plu. Par sa narration, d'abord, qui décrit le désir d'indépendance d'un jeune benjamin de famille nombreuse. Par ses illustrations, poétiques et foisonnantes. Par la musicalité du texte, très bien traduit, où l'on retrouve la tendresse de "Tu ne dors pas, Petit ours ?" des mêmes auteurs. C'est un album qui fait grandir... mais pas trop vite ! 😉


Petit Poilu, Pierre Bailly et Céline Fraipont, Dupuis.

Chaudement conseillé par une Maman dont j'avais eu le loisir de constater le bon goût littéraire (Michloé, si tu me lis !! 😉 ), voici une bande dessinée adaptée aux tout-petits ! Ils peuvent même la lire seuls : c'est une bande dessinée sans texte... 😉

Pour moi, la bande dessinée sans texte se distingue radicalement de l'album sans texte, car elle s'oralise. Je ne suis pas toujours à l'aise pour présenter des albums sans texte (quand dois-je me taire, quand dois-je commenter ?) et je leur trouve toujours un petit goût "d'activité scolaire" - même si je les adore, malgré tout ! Rien de cela ici : les aventures de Petit Poilu SE LISENT, sans l'ombre d'un doute. L'enfant et l'adulte suivent, vignette après vignette, la promenade extraordinaire du petit personnage ... et pour moi, j'onomatopète !! 😄 Zui, Boum, Oh, Ahlala, Orevoir, Ouf, etc., les mots de l'histoire flutent, ténus et chuchotés, entre mes lèvres. Petit Poilu, chez nous, a une musique bien à lui, légère et intime, il faut prêter l'oreille ! L'album ci-dessus est pour l'instant notre préféré, même si nous les empruntons par séries... Je reviendrais vous présenter d'autres titres, car c'est un gros coup de cœur familial !


Bob et Marley, Les ricochets, Marais et Dedieu, Seuil Jeunesse, 2015.

Bon, l'association des prénoms de ses ours sympathiques ne fera sourire que les adultes... 😉

Connaissant bien l’œuvre de l'illustrateur Thierry Dedieu, toujours renouvelée, j'étais avide de découvrir cette nouvelle série à l'adresse des tout-petits, et je ne suis pas déçue.  C'est l'histoire d'un binôme - un grand et un petit, association affective toujours très efficace. Bien sûr, le grand protège le petit - mais aussi un peu l'inverse. Ce petit album carré déploie un scénario minimaliste, laconique, qui déborde de tendresse. Bob veut apprendre à faire des ricochets, et Marley, qui n'y connait rien de rien, va avoir une idée ingénieuse pour le mettre en situation de réussite. On aime beaucoup !


Tom-Tom et Nana, Ben ça alors, Bayard, 2005.

Tom-Tom et Nana n'ont pas pris une ride (eux). Même si certaines subtilités des scénarios sont encore incompréhensibles pour mes enfants de 4 et 5 ans, ils s'amusent beaucoup. Et Papa et maman aussi, qui se souviennent de leurs vieux J'aime Lire... Ah, que ne les avons-nous gardés !!!...

En tous cas, c'est drôle de voir que l'ère de la BD est définitivement entamée ici : les enfants savent dans quel sens lire les vignettes, connaissent les fameuses "bulles" dont la pointe indique quel personnage est en train de parler et se penchent avec sérieux sur les idéogrammes, qu'ils déchiffrent scientifiquement, comme autant de hiéroglyphes... 😄

Et chez vous, que lisez-vous ? 😊

dimanche 8 mai 2016

Semaine symphonie : 18/16

Un vieux jeu emprunté à la ludothèque : "La sorcière aux pommes", de Haba.

Introduction (crescendo)

La semaine entière a été orientée vers celle à venir, au cours de laquelle Louiselle fêtera ses 4 ans. Elle attend vraiment cette fête, et c'est la première fois depuis sa naissance qu'elle peut compter les jours... Nous avons de la chance cette année : le 11 mai tombe un mercredi. Et c'est tout un programme pour permettre que ce jour soit, de l'aube au crépuscule, une célébration de la naissance de ma fillette - dans la plus grande simplicité, en même temps. C'est important, la simplicité. Personne ne gagne à la surenchère : ce sera donc simplement une journée extraordinaire. Voilà. Et je crois que je me découvre un nouveau goût, celui de préparer dans l'ombre ces petites célébrations familiales, qui ne coûtent pas grand chose mais qui contiennent beaucoup d'amour dedans... 😉

1er mouvement : Le bas printemps (spiccato)


Nous y voilà. Nous entrons officiellement dans le bas printemps : les martinets sont revenus d'Afrique il y a 8 jours, et il commence à faire chaud - plus seulement doux, mais chaud ! Les maximales dépassent les 20 degrés. On recherche la fraicheur des lacs de montagne, on trie les garde-robes une fois de plus. Et une fois de plus, en nettoyant le garde-manger de fond en comble, on se demande si on échappera aux mites alimentaires (les premières ont été aperçues, gare !), je promets à mon homme que oui, et que je respecterai bien à la lettre les bons conseils de cet article-là, et lui me déclare que de toute façon il commence le boycott saisonnier de la vente en vrac bio, ce à quoi je rétorque que ce n'est la peine, car cette année, je vais VRAIMENT faire attention, et comme tous les ans, je lis dans son regard qu'il ne me croit pas du tout, et je rebondis en argumentant que...

L'hiver n'est plus qu'un souvenir. Notre printemps, à présent, regarde vers l'été. 🌞

Table "de la nature"

2e mouvement : Pique-nique au jardin (rallentando)


Lundi soir, je suis sortie du travail épuisée. Sur le chemin du retour, seule dans ma voiture, je me suis dit qu'il serait bon d'improviser un petit pique-nique.  L'air était frisquet (nous étions encore dans le haut printemps, voyez-vous ?), mais je me suis arrêtée avant de rentrer, histoire de faire quelques courses en conséquence : après tout, vous pouvions bien pique-niquer dans le salon, non ?

Finalement, le ciel s'est levé, et nous avons tout sorti au jardin : la nappe spécial pique-nique, la vaisselle colorée et le menu aussi diététique que celui des barbecues de nos voisins. 😉 Les enfants étaient vraiment contents, et je dois dire, moi aussi ! Manger par terre, avec les doigts, des petites choses industrielles et caloriques, voilà exactement ce dont nous avions besoin ce soir-là. Ce repas a rechargé mes batteries à un point !!!


3e mouvement : Vie pratique (sempre)


Et l'activité de Vie pratique de la semaine (qui développe la coordination main/œil, la concentration, la poursuite d'un objectif et la motricité fine) est... le tamisage ! 😄 Ici, il s'agit simplement de semoule très fine, que Louiselle transfère d'un bol à l'autre à travers sa passoire, mais on peut aussi proposer un mélange de deux substrats à séparer (riz et sel, par exemple).

4e mouvement : La station de ski


Ah, il est vrai que ce petit documentaire n'est absolument pas de saison, mais c'est un fait : on aime rêver à d'autres météos, comme on aime s'imaginer sous d'autres latitudes... Non ?

Antonin a emprunté ce livre à la bibliothèque et a clairement exprimé cette semaine que c'était son livre préféré du moment. Nous le lisons tous les soirs... Et il est apparu aux parents pantouflards que nous sommes, que nous ne pouvions plus reculer : les enfants commenceront l'apprentissage du ski l'hiver prochain...  Et ma foi, j'apprendrais en même temps qu'eux, ça ne doit pas être si difficile, hein ? Encore un de mes beaux principes qui vole en éclat, après 38 ans de boycott des stations de ski qui défigurent les paysages naturels... et qui me permettait d'échapper, sous couvert de grands sentiments, au froid glacial, à l'humidité, et à la bêtise du touriste moyen (moi, j'aime pô le tourisme). Voilà, aujourd'hui, je suis Maman de deux petits grenoblois, et ici, les enfants naissent avec des skis au pieds, c'est ainsi... Et le pire du pire, c'est qu'une partie de moi est sûre qu'en fait, je vais adorer.

Compliquée, moi ? 😄

5e mouvement : Puzzles (meno vivo)


C'est drôle : Louiselle a connu un engouement pour les puzzles, l'année dernière, qui a duré plusieurs mois. C'était la première activité sur laquelle elle se jetait au réveil, et la dernière qu'elle lâchait avant le coucher. A tel point qu'elle avait réussi à persuader son frère qu'il s'agissait d'une activité digne d'intérêt. C'est dire ! Et puis, les puzzles sont tombés en désuétude. Voilà plusieurs mois qu'ils sont boudés, malgré une rotation régulière... 

Alors, ce week-end, je les ai TOUS sorti. Boum. Ça faisait une grande pile au milieu de la pelouse qui attiré les enfants comme un aimant. Et c'était bien bon de les voir se pencher ensemble sur les formes et les motifs, argumentant sur l'emplacement d'une pièce ou son orientation... Moi, j'aime quand mes enfants font des puzzles !! 😊 

6e mouvement : Dessins (bel canto)


Et à propos d'invitation, rien de tel qu'une boite de feutres neufs et de nouveaux carnets à croquis pour relancer l’intérêt pour le dessin ... 😉

Ci dessus, voilà un dessin que Louiselle a abondamment commenté au cours de sa réalisation. J'ai toujours envie de valoriser cela, car il s'agit d'expression écrite à part entière, même si l'enfant ne sait pas encore écrire. Mais je n'iame pas écrire sur le travail lui-même, j'ai l'impression de le dénaturer. Lorsque c'est possible, je scanne donc l'original, je l'imprime en plus petit, et c'est cette copie, collée en regard de l'original, qui est annotée.

7e mouvement : En catimini (arpeggio)


Après les mains de mes enfants et les fleurs de mon jardin, mon appareil photo a un nouveau dada : il aime capturer les vestiges des jeux de Damoiseau et Damoiselle.  Il entre dans leur chambre quand ceux-ci n'y sont pas, et il voit.... 

... des pièces de menue monnaie qui transforment un modeste édifice en palais des mille et une nuit, des soupes aux cailloux qui remplissent généreusement des éléments de dinette en fer blanc, et des savons... Ah, les savons !! Vous ai-je déjà dit qu'ils figuraient parmi les jouets préférés de mes enfants ? Ils en trainent dans tous les coins, les reniflent, les cachent, se les échangent... Les petites savonnettes d'hôtel que nous leur rapportons sont leur préférées, suivies de près par les gros savons de Marseille vert olive...


Weird children... 😉

Bonne semaine chez vous ! 😊