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mercredi 19 septembre 2018

Reconnexions


Oyez, oyez, voilà un an tout juste que cet article traine dans mes brouillons ! 😄

Les photos qui l'illustrent datent d'ailleurs de septembre 2017 - mes enfants avaient 5 et 6 ans, il était 17h et nous avions sorti une boule d'argile au jardin. Antonin avait voulu réalisé une forêt, et avait commencé à récolter divers matériaux autour de lui pour les intégrer à ses sculptures, "pour faire des arbres". Louiselle et moi avions tout de suite adhéré au projet. Ce soir-là, nous avions complètement oublié l'heure, et je me souviens que lorsque le Papa des enfants était rentré, il nous avait trouvé échevelés et enthousiastes, les mains couvertes de glaise et les esprits plein d'explications et de récits poétiques sur notre forêt enchantée.

Bon, le dîner n'était pas prêt, les devoirs n'étaient pas faits, les enfants n'étaient pas douchés ... Certainement, il avait fallu mettre un coup de turbo pour arriver à se coucher à l'heure, mais cela valait le coup ! 😊

Ceci est un exemple typique de ce que j'appelle une reconnexion. 😊

Je vous rassure : on peut très bien se reconnecter en famille sans mettre à mal les horaires impartis - et si cela arrive parfois, il faut se dire que cela fait du bien, aussi, de temps en temps, d'oublier sa montre un soir de semaine ...

Vous êtes nombreuses à me questionner sur nos petites reconnexions, lorsque je les évoque sur Instagram. Cependant, j'ai longtemps hésité à écrire cet article, car voilà : ce ne sont que des lapalissades, vous allez voir, et je suis sûre que vous pratiquez déjà ces "reconnexions" chez vous !

Ne sachant décidément pas par quel bout prendre cet article, j'ai décidé de partir de vos propres questions, que je reprends une à une et auxquelles j'essaie de répondre. N'hésitez pas à me relancer si certaines de vos interrogations demeurent ! 😊


1. Qu'est-ce qu'une reconnexion ? Qu'est-ce que ce terme recouvre pour toi ?

Alors, je suis allé regarder dans le dictionnaire 😊 (oui, c'est de la triche ...)

"Connexion : Action de lier par des rapports étroits. Fait d'être lié. Liaison, enchaînement : Établir des connexions entre la situation intérieure et les événements extérieurs. - Reconnexion : action de rétablir une liaison de ce type."

La vie moderne est dense. Certaines semaines, on a l'impression de ne plus toucher terre et de ne faire qu'enchainer, dans l'urgence, les actions énumérées sur notre to do list. Je n'aime pas ces semaines-là. Certaines semaines avant Noël sont ainsi. Ou le moi de juin. Ou, tenez, au hasard, le mois de septembre. 😁 

J'imagine que vous vous êtes déjà dit, au milieu d'une de ces semaines de folie pure : "Oh, vivement que l'on se pose, car là, en ce moment, j'ai l'impression de ne pas voir ma famille."

L'impression de ne pas se voir. Cela devrait faire comme un déclic dans notre tête. Pourquoi alors ne pas aller vers l'Autre, et lui dire : "J'ai vraiment l'impression qu'on ne se voit plus en ce moment ... On se regarde dans les yeux cinq secondes ?"

Alors on se regarde, voire on se touche, on se sourit. On se dit "Salut !". Avec chaleur. Cinq secondes. 

Ce peut être fait à un feu rouge lors d'un trajet dans l'urgence, ce peut être fait dans la queue d'un supermarché lors d'une course-à-la-dernière-minute, ce peut être fait au milieu d'un repas sur le pouce : "Salut !"

La reconnexion, c'est cela. C'est tout bête, mais il y a un avant et un après. Chacun a puisé dans un réservoir commun - la reconnexion, c'est un port dans l'ouragan des "Il faut" et des "On doit".


2. Est-ce que le but c’est juste de passer un moment tous ensemble ou y a-t-il aussi un but pédagogique ?

Le but, c'est de se voir, c'est tout. Le fait que cela passe parfois par une activité commune est une contingence pure, liée au fait que dans notre famille, on aime bien ça, les activités. 😊

Mais comme je l'ai dit plus haut, la plupart de nos reconnexions consiste simplement en un : "Oh là là, j'ai besoin de te voir ! On se regarde ?". Ou bien : "J'ai besoin d'un câlin ! Qui me fait un câlin ?". Ou même : "Quelqu'un est partant pour un câlin géant ?"

Bon, le câlin géant, c'est un "spécial". Un câlin à plusieurs (plus on est, plus c'est fun) dans lequel on s'entasse, on s'entremêle - y en a toujours un pour crier qu'on l'écrabouille. On soupire d'aise, on rigole, et je vous assure qu'après ça, on est bien reconnecté. 😊 Comptez quand même cinq minutes - c'est plus long qu'un simple "Salut ! ", mais c'est plus court que de concevoir une forêt enchantée. 😉

Il y a une autre reconnexion qu'on aime bien et qui consiste : à ne rien faire. Celle-là, j'avoue, elle m'a demandé un certain apprentissage, mais maintenant je sais me vautrer sur un canapé, ne plus bouger et me taire. 😊 Non seulement ça me détend, mais généralement, il y a toujours dans les secondes qui suivent un enfant qui vient se coller à moi. Soit avec un livre ou un jouet, soit avec rien. Alors, c'est chouette, parce qu'on est deux à ne rien faire. Ça ne dure jamais très longtemps, car généralement, l'enfant se met à parler. C'est dans ces moments-là que mes enfants me racontent le mieux ce qui les préoccupe. Le but du jeu, pour moi, est de parler au minimum et de bien écouter, pour ne pas rompre le charme. 

Pour une reconnexion de ce type, comptez une dizaine de minutes. Ça commence à faire long, mais pendant ce temps, on se repose et on pose les bases d'une relation de confiance pour l'avenir. On voudrait tous devenir ce parent auquel son enfant, même ado, même adulte, parle, n'est-ce pas ? La reconnexion ne promet rien, mais elle jette de bonnes bases, j'en suis sûre. 😉

Vous me dites : "Mais ces reconnexions-là, on les voit jamais ! On a toujours l'impression que tu fais plein d'activités sur ton compte IG !".

Soyons clair : les câlins ne se photographient pas. Le simple fait d'y penser tue le câlin. "Ne rien faire", c'est pareil. Si vous êtes en train de prendre une photo, c'est raté ! Vous êtes en train de faire quelque chose ... 😉

La vie ne se réduit pas aux photos qu'on en prend, et les reconnexions non plus.

Mais c'est vrai : certaines reconnexions chez nous se font sous forme d'activités. Qui se photographient, elles, plutôt bien (quoique pas toujours).

Toutes nos reconnexions ne sont donc pas des activités. Et toutes nos activités ne sont pas des reconnexions. Peuvent être qualifiées de "reconnexions" les activités qui nous permettent de restaurer le lien familial. Elles occupent nos mains tout en délassant nos esprits et en libérant nos cœurs. On œuvre ensemble, et on papote. Il s'agit souvent d'activité créatives ou sensorielles. Ce peut être aussi une lecture partagée ou un petit jeu de société. Ce peut être une promenade ou la confection d'une recette de cuisine. Même une "leçon" d'anglais ou de solfège peut être un prétexte à reconnexion, si elle est menée de manière ludique. Mais il est vrai que les soirs de semaine, nos préférences vont souvent vers des activités plus délassantes, moins "scolaires".


3. Est-ce que vous vous reconnectez chaque soir ?
Vous reconnectez-vous après chaque séparation, même courte ?

Je pense que l'on se reconnecte chaque soir, oui. Et même certainement chaque matin, et plusieurs fois par jour. Après chaque séparation, oui, même courte, oui, sans doute ! 😊 Cela peut être fait en moins d'une minute, comme je le disais plus haut - il suffit parfois d'un simple échange de regards, d'une pleine attention partagée.

La reconnexion n'a pas nécessairement lieu au moment où on se retrouve. On n'a pas envie forcément de sauter les uns sur les autres, il faut parfois ménager un petit temps de transition, entre le moment "hors famille", et le moment "en famille", durant lequel chacun se "reconstitue". Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire ? 😄

Mais si votre question est : "Faites-vous une activité chaque soir ?", la réponse est non, non, pas du tout ! 😄

Il y a les soirs où je rentre tard - voire très très tard -, trop tard. Il y a les soirs où les enfants, à peine les cartables jetés dans l'entrée, foncent dans leur chambre pour jouer, jouer - et n'en redescendent que pour enchainer le ballet rituel "devoirs-douche-rangement de chambre-dîner". Ils traversent une phase comme cela en ce moment, vrai : j'ai l'impression de ne pas les avoir vus depuis la rentrée ...


(Ah !? "J'ai l'impression de ne pas les avoir vus ..." C'est donc qu'une petite reconnexion s'impose !! 😄)

Ces soirs-là sont des soirs sans activité - mais non sans reconnexion, bien sûr. On se reconnecte autour d'un repas, d'une lecture, d'une partie de rigolade dans la salle de bain ou au moment du dernier câlin avant la nuit. Vous connaissez cela, n'est-ce pas ?


4. Concernant les reconnexions sous forme d'activités : À quel moment interviennent-elles ? 
Les proposez-vous lorsque vos enfants sont énervés, par exemple ?

Alors, c'est sûr, réaliser une activité est plus long que de faire un câlin de deux minutes. Encore qu'il y ait des activités très courtes. Hier soir, par exemple, nous avons réalisé des empreintes de spores de champignons de Paris - cela nous a pris 5 minutes montre en main.

Le moment où l'on propose une activité est toujours un peu délicat. Grosso modo, il y a deux écueils à éviter :

- Il ne s'agit pas d'interrompre l'enfant dans ses jeux pour lui imposer une activité qu'il n'a pas demandé. L'enfant qui joue/dessine/fait de la balançoire ... est concentré sur son action. Il est autonome, il a exercé son pouvoir de choix et est en train de faire exactement ce qu'il faut qu'il fasse : il grandit. Et il n'a pas besoin de nous. Sachons respecter ces temps de jeux autonomes - et profitons-en pour récurer la maison, passer quelques coups de fil urgents, prendre une douche ou commencer un bon bouquin ...

- Il ne s'agit pas de proposer une activité pour combler un manque. Les enfants s'ennuient, ils se disputent ? Hop, je dégaine mon activité-diversion, et on pense à autre chose ! Sauf que non : une activité n'est pas une antidote, elle ne règlera pas la dispute, elle n'apprivoise pas l'ennui. Agir ainsi, c'est exactement comme proposer un bonbon à un enfant qui vient de se blesser. Mon enfant s'ennuie, il cherche querelle ? Ce n'est donc pas le moment pour se reconnecter. On proposera l'activité quand il sera allé au bout de cette expérience, certes désagréable, mais instructive.

Quel est donc LE BON moment pour proposer une activité ? Chaque famille est différente, mais ici, je sens quand un de mes enfants commence à me tourner autour, qu'il a envie de faire quelque chose avec moi ... de partager un moment, de "se poser". À noter qu'ils grandissent par chez nous, et sont à présent tout à fait en mesure de venir me voir pour me dire : "Maman, on fait une activité ?" 😆


5. As-tu une façon particulière de leur présenter la chose ?

Euh, oui ... 😊 Je dis : "Ça vous dit, une p'tite activité ?" 😄

6. Ces activités sont-elles des propositions de ta part ou de la leur ? Qu'est-ce qui vous inspire ?

Donc, je dis : "Ça vous dit, une p'tite activité ?" - Bon, généralement, si j'ai bien choisi le moment, c'est oui. Donc ensuite vient la question : "Euh, qu'est-ce qu'on pourrait faire ?". Ce ne sont pas les idées qui nous manquent (on les note d'ailleurs dans un petit carnet) mais il peut arriver qu'on soit en manque d'un certain matériel. Il y a deux jours, on voulait refaire l'expérience de la densité des liquides, mais nous n'avions plus de miel, ni rien pour le remplacer.  Il faudra attendre les prochaines courses, et en attendant, on se rabat sur autre chose.

Les idées viennent indifféremment des adultes ou des enfants. On valide l'idée qu'on peut réaliser tout de suite très simplement, avec le temps et les objets dont on dispose.

Exemple : La dernière idée en date vient de Louiselle, qui vient de dégoter une sorte de mini-terrarium, plutôt haut mais très peu profond. "Maman, me dit-elle, je voudrais y mettre des plantes avec des racines et des vers de terre." Après réflexion, nous décidons d'y planter de petits bulbes, mais de renoncer aux vers de terre. Ils ne seraient pas heureux, le récipient est trop petit. Par contre, l'idée d'y mettre des plantes est assez chouette, mais il faudra attendre notre prochaine virée à la jardinerie. Pour aujourd'hui, je n'ai rien de viable à proposer. Nous notons donc l'idée de Louiselle dans notre carnet ... et sortons la pâte à modeler. 😊


7. Combien de temps ? Quel temps y consacres-tu ?

C'est très variable.

D'abord, il y a des activités qui ont une fin - préparer des champignons pour recueillir leurs spores, par exemple. Bon à un moment, ça y est, c'est fait, il n'y a plus qu'à attendre, on passe à autre chose.

D'autres activités, plus créatives souvent (peinture, bacs sensoriels, jeux d'eau ...), s'arrêtent lorsque les enfants s'en détournent ... Ou lorsque que l'heure me rappelle à l'ordre. 😅 Je m'octroie une certaine souplesse dans les horaires, par exemple on essaie de diner entre 18h30 et 19h00. Les jours où on est vraiment parti dans quelque chose, je sais qu'on peut mordre un peu, de toute façon, on ne se couchera pas à minuit non plus !

Il y a quinze jours, j'ai fait une expérience qui m'a beaucoup apporté. La voici. J'avais calculé qu'il fallait une dizaine minutes à Louiselle pour émerger le matin - entre le moment où je rentre dans sa chambre et le moment où elle sort du sommeil et commence à être en mesure de s'habiller. Comme j'ai un métier dans lequel je ne peux pas être en retard (cette option n'existe tout simplement pas ! 😄), le temps m'est compté - d'autant que je n'ai pas envie de réveiller ma fille trop tôt, elle est "couche-tard/lève-tard" depuis sa naissance. Donc voyez-vous, j'aimerais bien que les 10 minutes se transforment en 5 minutes. 😁 Alors, puisque je suis une adulte avec ma logique d'adulte, je m'agite : je lui parle, je la bisoute, je chantonne, je câline, j'entre-ouvre les volets, je fais-un-peu-de-bruit-mais-en-douceur ... Rien n'y fait : les dix minutes sont apparemment incompressibles.

Puisque c'est ainsi, je commence à me demander pourquoi je me fatigue. Donc un matin, au lieu de faire tout cela, je m'allonge à côté de ma fille, l'enlace et décide m'octroyer un peu de repos en attendant qu'elle sorte du sommeil.

Bilan : Louiselle émerge 10 minutes plus tard.

C'est seulement le temps qui lui faut, l'énergie que je mets à la tirer du sommeil ne change absolument rien à l'affaire. 

Du coup, maintenant, pendant 10 minutes, je me repose. 😊 Et j'oublie l'heure, parce que j'ai confiance : dans dix minutes, la journée pourra commencer.

Je crois qu'un principe analogue peut être appliqué à nos soirées : si on accepte de laisser filer le temps sans stresser, on s'aperçoit que tout s'organise ... de soi-même ... en temps et en heure (à peu près).


8. Comment les enfants adhèrent-ils aux activités que tu proposes ?

Mes enfants adhèrent fortement, d'ailleurs j'en ai fait un blog. 😁 J'aurai bien aimé tenir un blog culinaire, moi, voyez-vous, mais l'adhésion à mes petits plats est nettement plus aléatoire ... 😄

Blague à part : Antonin et Louiselle sont habitués depuis leur naissance à ce que nous partagions du temps de qualité ainsi, autour "d'activités". Ce sont toujours des moments ludiques, au cours desquels ils savent que je vais leur consacrer toute mon attention. Comment n'adhèreraient-ils pas ? 😊


9. Comment ce petit rituel est-il entré dans votre quotidien ?

Lorsque j'ai repris mon emploi, il y a 3 ans, j'ai vraiment réalisé la dimension aliénante du travail. C'est quelque chose qui m'imprègne fortement depuis que je suis Maman, je dois faire beaucoup effort au quotidien pour que mon boulot ne "mange" pas ma vie. Je crois que ces petites reconnexions m'aident à me sentir vivante, et pas seulement "travaillante". Finalement, c'est peut-être moi qui, dans la famille, en ait le plus besoin !! 😄

*
**

J'espère de tout cœur que ce petit article vous a conforté et/ou éclairé ... N'hésitez-pas à me relancer si tel n'était pas le cas !!

Et si vous en voulez encore, il  y a cet article d'il y a trois ans - comme quoi cette problématique me travaille depuis un petit moment : Trois gestes simples pour se (re)connecter

Je vous souhaite à tous de belles reconnexions familiales !! 😘

vendredi 14 septembre 2018

La composition du sang : Printable


Le sang, c'est dégoutant. Et ce rouge vif, ça fait peur ! C'est sûr que quand on saigne, c'est qu'on s'est blessé "pour de vrai". Qu'on a très mal. Si on saigne, on a le droit de pleurer fort.

😊

Le sang, symbole de violence, de mort, mais aussi de vie et d'amour, a toujours fasciné l'humanité. Les enfants ressentent pleinement l'ambivalence de ce symbole. Louiselle, par exemple, est littéralement fascinée par le moindre bobo. Dès que quelqu'un de son entourage se blesse, elle crie du plus loin qu'elle peut : "Est-ce que ça saiiiiigne ?", elle accourt, elle galope ! pour examiner la plaie et supplier l'estropié d'accepter ses soins. 😁

Oui, le sang fascine. Comment pourrait-il en être autrement, lorsqu'on considère qu'il circule dans notre corps comme la sève irrigue l'arbre, de la pointe des racines jusqu'aux plus petites extrémités des branches ? Le système circulatoire a exactement la forme d'une plante, quand on y pense ... Le sang, sève de la vie ...

Bref, Halloween est encore loin, mais je me disais que j'aimerai aborder certains motifs macabres de cette fête sous un angle plus scientifique ... J'ai prévu une petite séquence de manipulation autour du sang - promis, je partagerai, et promis: personne ne sera saigné pendant cette étude !! 😂

Mais il me fallait une petite lecture d'introduction qui présente les concepts-clefs et ouvre l'appétit de mes vampires enfants ... N'ayant pas trop le temps d'aller fouiner à la bibliothèque cette semaine, j'ai décidé de fabriquer mon propre support, que voici. C'est une sorte de mixte entre la brochure documentaire et les cartes de nomenclature et vous pouvez le télécharger en fin d'article. 😊


LOUISELLE
Oh, qu'est-ce que c'est ? On dirait des bonbons !

MOI
Oui, c'est un petit livre que j'ai fabriqué ... Est-ce que tu devines de quoi il parle ?

(Antonin accourt, balaie le texte des yeux et souffle la réponse à l'oreille de sa sœur)

LOUISELLE, incrédule
Du sang ?

MOI
Que voyez-vous sur cette image ?

ANTONIN
Ça, en bleu : je sais ce que c'est. C'est une bactérie.

LOUISELLE
Les trucs rouges, on dirait des bonbons.

ANTONIN
Il y a un tuyau comme dans Mario Bross, avec de l'eau qui sort. Et des boules blanches qui ont avalé des microbes.

LOUISELLE
Même que ça ressemble à des bonbons. Il y a un haricot, aussi.


ANTONIN
Je connais les globules blancs : ils protègent le corps, ils le défendent des maladies. C'est comme la police : quand ils voient un méchant, hop ! Ils l'arrêtent !


LOUISELLE
Il doit y avoir beaucoup de globules rouges dans le sang pour qu'il soit rouge. Maman, j'ai combien de globules rouges dans le corps ? 

ANTONIN
Si on n'avait plus de globules rouges, notre sang serait transparent comme de l'eau, alors !

LOUISELLE
Et j'ai combien de globules blancs ?

ANTONIN
Ah, voilà, sur la première page, on voyait les globules blancs : ils avaient avalé les microbes.

LOUISELLE
Et si les maladies se cachent ? Elles pourraient se déguiser en globules rouges, comme ça les globules blancs ne les remarqueraient pas, et hop ! Elles pourraient passer tranquillement.


ANTONIN
Ouah, les plaquettes, elles s'accrochent, c'est elles qui font les croûtes. Si on n'avait pas de plaquettes, le sang coulerait, coulerait, il ne s'arrêterait jamais !

LOUISELLE, répondant à la dernière question
La sang, c'est fascinant ! C'est intéressant !

ANTONIN
Il est trop fort, le sang.

LOUISELLE
Et il est joli en plus. On dirait des bonbons.

😊


Je gage que vos enfants ne verront certainement plus le sang de la même manière après lecture ... surtout lorsqu'ils auront réalisé deux ou trois petites expériences dont je vous reparlerai bientôt ! 😉

Bon week-end à tous !!

jeudi 13 septembre 2018

Courrier des lecteurs : Le bingo de la gentillesse


Vous souvenez-vous de notre "défi gentillesse" ? Nous l'avons terminé hier soir !! Sur le mur de notre cuisine, 100 post-its jaune fluo exhibent, en un carré parfait, leurs dix-fois-dix messages. 100 actes de gentillesse !! 100 petites actions très simples ("Antonin adore cuisiner pour les autres", "Papa a accepté que les enfants regardent un dessin animé", "Louiselle a soigné un petit bobo d'Antonin" ...) dont chacune nous a mis du baume au cœur ... Je suis très heureuse de tout ce que ce formidable projet a fait pour nous, et je peux d'ores et déjà vous dire : on recommencera !! 

(Par contre, j'admets très volontiers que ces cent post-it sont d'une laideur affligeante, qu'ils sont envahissants et peu pratiques, oui !!  Je réfléchis déjà à des supports plus adaptés pour le prochain défi ... 😊)

Si ce projet me parle tant, c'est qu'il est riche de possibles : en classe ou à la maison, simplissime ou très élaboré, voilà un défi adaptable à n'importe quelle situation, et à n'importe quel public.

Pour aujourd'hui, et avec la permission de son auteure, je voudrais partager un Bingo de la gentillesse. Céline est enseignante au collège et voici ce qu'elle m'écrit :

"Je compte utiliser ce bingo en heure de Vie de classe avec mes 6ème, pour travailler sur les émotions et la relation à autrui. Il est certainement possible de l'améliorer, et je suis intéressée par les retours des lecteurs !

Je pense en fabriquer un en anglais aussi, à utiliser en cours directement, avec des 4ème et/ou 3ème. J'attends de rencontrer mes futurs élèves pour cerner un peu le profil de chaque classe et adapter les "propositions" que je mettrai dans les cases. 😊"


Alors : j'aime vraiment beaucoup ce bingo, c'est limpide et efficace, aisé à mettre en place dans un cadre scolaire, et je suis sûre que cette pratique de classe sera vraiment enrichissante pour les élèves ! Le genre de séance qui laissera des traces dans leurs mémoires et leurs vies d'adultes, si vous voulez mon avis ... 😊

Si vous l'utilisez en classe ou à la maison, avec des grands ou des petits, Céline et moi sommes friandes de vos retours ! Pour moi, j'en aurai très certainement car je compte bien tester ce petit défi avec des CM en Éducation Morale et Civique.

Vous pouvez télécharger le bingo de la gentillesse ICI en Pdf et LÀ en version modifiable.

Si vous le faites, laissez un petit mot pour Céline qui l'a créé et le partage aujourd'hui, ce sera ... gentil ! 😊


Avant de vous quitter, j'aimerai partager une autre contribution, que j'ai reçue de Marie. Il s'agit cette fois d'une petite réflexion terminologique, vous avez voir ...😊

(Je précise que la remarque de Marie ne s'applique pas au travail de Céline ci-dessus - dont elle n'avait pas connaissance et qui, d'ailleurs, est si bien fait qu'il ne tombe dans aucun des travers pointés 😊- mais au "Loto de la semaine de la Gentillesse", que je partageais récemment sur Facebook)

Marie m'écrit :

"Je suis tout comme vous sensible à cette idée, mais me sens terriblement gênée par le terme de "Gentillesse" et lui en préférerais d'autres, dénués de jugement de valeur... Semaine de l'entraide, du partage, de l'écoute d'autrui... ?

Je reformulerais aussi certaines propositions... Je pense que ranger les affaires d'un camarade ou l'aider dans son travail nécessitent au préalable son accord. Je crois aussi qu'il faut s'entendre sur la notion de compliment : vient-il du cœur ou est-il donné pour être aimé, pour obtenir quelque chose en échange... ?

J'imagine qu'avant d'utiliser un Loto de ce type, il faut déjà avoir nourri une petite réflexion... (Et je ne doute pas une seconde de vos compétences dans ce domaine 😊) Personnellement, je ne sais pas ce qu'est un enfant gentil (versus méchant). À la maison, j'en ai un qui veut tant aider tout le temps à tout et qui aime tellement les câlins (au point d'en forcer certains) qu'il peut faire naître chez l'autre un sentiment d'intrusion... 😑"

Qu'en pensez-vous ? Je trouve intéressant d'ouvrir le débat sur ce chouette sujet qui est en général assez peu traité et qui me parle fort ...

Il est vrai que le terme "Gentil" implique en quelque sorte son contraire, "Méchant", qui est, à juste titre, banni du langage pédagogique ... Dommage, je trouve que c'est un joli mot, "La Gentillesse", et j'aurais aimé la sortir de cette espèce de vision bêbête qu'on a d'elle trop souvent aujourd'hui ... Mais s'il fallait lui trouver un "synonyme", j'aime bien "Empathie", et vous ? 😉
 
En attendant vos retours sur ce beau sujet, je vous souhaite une excellente soirée - bientôt la fin de semaine, youhou ! 😊

mercredi 12 septembre 2018

La valeur des notes (+ Printable)




L'exercice avait beaucoup plu aux enfants, et à Louiselle en particulier, mais quelque chose me chiffonnait et m'empêchait de rebondir ... J'ai fini par mettre le doigt dessus, voilà : Mitsouko prend la noire, de valeur 1, comme note "de référence", qu'elle fractionne ensuite en demis (croches), en quarts (double-croches) et ainsi de suite.

A l'usage, il m'a semblé plus intuitif de reprendre les choses ainsi : la noire reste la note de référence (= 1 temps), et on s'interroge : comment appelle-t-on une note qui dure 2 temps ? Et 3 temps ? Et 4 temps ? 

On en profite pour introduire le soupir : c'est le silence de référence, qui vaut 1 temps. 

Non seulement cela me parait plus logique, mais cette approche recoupe les premières partitions que les enfants travaillent, qui ne comportent généralement pas de croches - mais bien souvent les 5 symboles travaillés ici : noires, blanches, blanches pointées, rondes et soupirs.


Voici donc une petite séquence qui visant à introduire à la valeur des notes auprès d'un enfant qui n'en aurait jamais entendu parler - ce n'était pas le cas chez nous, mais j'avais besoin, moi, de reprendre les choses depuis le début pour mieux ancrer la suite ! 😄

1. J'ai commencé par fabriquer mes propres cartes, sur le modèle de celles de Mitsouko, comportant cette fois les notations musicales "de base" que je souhaitais travailler.


2. On s'en sert à la manière de flashcards, de manière à fixer le vocabulaire : "Oh regarde ! Connais-tu ce signe ? Oui, c'est une note ! Connais-tu son nom ? Oui, c'est la Noire, bien sûr, elle a la tête toute noire !". Lorsque tous les signes ont été présentés, on en montre un au hasard à l'enfant qui essaie de le nommer le plus vite possible.

3. On introduit l'idée de durée : "La Noire dure 1 temps. UN. Comme ceci." On chante alors une note brève, en même temps qu'on tape une fois dans ses mains. On passe ensuite à la blanche, qui vaut deux temps : on chante une note plus longue, qui dure le temps de deux battements de mains réguliers. On procède de même pour la blanche pointée (3 temps) et la ronde (4 temps). On introduit le soupir : on frappe dans les mains une fois, sans chanter. Il est possible de reprendre cet exercice avec un métronome (les enfants adorent cet instrument !) en variant les tempos.

N.B. Concernant la blanche pointée, je n'explique pas pour le moment que le point augmente la note de la moitié de sa durée. Je donne la blanche pointée comme le symbole équivalent à une note de 3 temps, et on affinera par la suite. 

4. Les enfants disposent, à côté de chaque carte, le nombre de billes plates correspondant à la valeur de la note représentée. On propose d'abord les cartes dans l'ordre, puis dans le désordre, et on encourage à chaque fois l'enfant à verbaliser la figure de note représentée ("Noire", "Blanche", etc.).


5. L'enfant passe en revue chaque carte et frappe lui-même le rythme tout en chantant des sons courts ou longs. On peut ensuite lui  proposer de construire une petite phrase avec les cartes (par exemple : "Noire-Soupir-Ronde"), et de la chanter en mesure. 


6. Le même exercice est repris au piano. Je demande à l'enfant d'appuyer sur n'importe quelle touche : on travaille ici la valeur de la note et non sa hauteur (do, ré, mi ...). Ce qui est chouette, c'est que l'enfant se rend bien compte que la succession de sons aléatoires EST musicale à condition d'être rythmique.

Ce qui amène un beau sujet de réflexion : et si le plus important, dans la musique, c'était le rythme, et non, comme on le croit souvent, la mélodie proprement dite ? D'ailleurs que se passerait-il si je jouais une mélodie connue ("Au clair de la Lune", par exemple) en changeant la valeur des notes ? L'air d'origine est-il reconnaissable ? 😊


7. Un autre jour, je propose aux enfants de dessiner les figures de notes abordées : c'est l'occasion de se les remémorer et de se les approprier !



8. Le dernier exercice propose à l'enfant de tracer la barre de mesure tous les quatre temps sur la fiche ci-dessous:

On montre à l'enfant comment compter : 1-2-3-4, je trace un trait, 1-2-3-4, je trace un trait ! L'index pointe chaque note en rythme, et la désigne une, deux, trois ou quatre fois de suite selon sa valeur

Ainsi, pour la première ligne : "Noire-noire-noire-noire", on compte "1-2-3-4" en avançant d'une note à chaque nombre. Mais ensuite, la blanche sera pointée deux fois ("1-2"), le soupir une fois ("3") et la noire une fois ("4"). Et on trace la barre de mesure ! 😊

Louiselle a vraiment bien aimé cet exercice-là !


N.B. J'ai considéré tout au long de cette leçon que la noire était la valeur de référence. Cela n'est vrai qu'en binaire (lorsque les temps d'une mesure sont divisibles par deux). Je ne rentre pas dans ces considérations pour l'instant, mais je n'oublie pas le chiffrage traditionnel 4/4 à gauche de la mesure. Mes enfants ne le savent pas, mais sans cette petite fraction, l'exercice n'aurait aucun sens !! 😊


J'espère que tout cela vous inspirera ... Faites-moi un petit retour si vous testez cette séquence !

Bon mercredi chez vous !! ❤

lundi 10 septembre 2018

Notre semaine coschooling (36/18)



La rentrée, c'est fini maintenant.

Lundi dernier, j'ai eu l'incroyable chance de pouvoir accompagner mes enfants à l'école - c'était la première fois depuis la fin de mon congé parental, et c'était tellement important pour moi, surtout pour l'entrée en CP de Louiselle !

Les enfants étaient si gais, si sereins, ils sont revenus si contents - Louiselle en particulier chantait en criant : "J'aime l'école ! J'adore l'école !!" 😄

Louiselle entre en élémentaire, et je suis tellement contente de savoir mes enfants à nouveau tous les deux dans la même école. Antonin joue au grand (il l'est !) et chaperonne sa sœur en lui expliquant le fonctionnement des cours d'EPS, de la salle informatique ou des emprunts à al bibliothèque scolaire ... ❤

Retour sur les activités de cette semaine un peu spéciale.

1. Arts visuels


Auto-portraits



Je commence à doter mes enfants (6 et 7 ans) de quelques "gestes techniques" très simples en Art plastique. Ainsi, un simple (auto ?)-portrait devient le prétexte d'un petit topo sur les proportions de base du visage. Je leur ai montré comment positionner les yeux dans un portrait : il faut imaginer (voire tracer au crayon léger) un trait qui coupe horizontalement l'ovale du visage en deux parties égales. Les yeux viennent se poser sur cette ligne, et on prend soin de les dessiner assez grands. Une fois les yeux bien positionnés, le reste (nez, bouche, sourcils, joues ...) vient se placer très naturellement.


Les enfants ont dessiné leur visage au feutre noir sur un papier d'emballage (récupération) couleur chair, puis ont colorié les iris, les lèvres et les joues ... et même le blanc des yeux !, avec des crayons de couleurs. Les visages ont été découpé et collés sur une feuille de papier épais coloré. Reste à découper et coller un cou et des cheveux réalisés avec des bandes de papier découpées.

Claude Monet



Des livres sur Claude Monet, il y en a des tas, et on en a emprunté plein. Mais si nous devions n'en retenir qu'un seul, ce serait celui-là : Le petit atelier de Monet, de Raffaella Russo Ricci. Totalement adapté à l'âge de mes enfants - c'est loin d'être le cas de tous - il se présente comme une promenade dans la vie et l'œuvre de notre chouchou du moment. On adore ses reproductions XXL, très qualitatives, variées et nombreuses, et ses textes interactifs, qui invitent l'enfant à participer, en cherchant des indices, résolvant des devinettes et donnant son avis ... Un vrai coup de cœur qui fera du profit, car ici nous dégustons une page chaque soir (il y en a une vingtaine), avant la lecture du conte en famille. Une vraie gâterie, qu'on fait durer pour le plaisir des yeux et de l'esprit !! ❤

2. Menuiserie



Un porte-bijoux



Cette semaine, j'ai reçu un petit cadeau de la part de ma petite famille ... ❤

Sous la supervision de leur Papa, les enfants m'ont fabriqué une planche à clous pour suspendre mes bijoux ... Il sont peint les clous en noir jusqu'à la moitié, puis les ont enfoncé dans la planche au marteau, avant de visser les crochets sur le dessus. C'est chouette, non ? 😍

Un p'tit cheval



Louiselle a confectionné un petit cheval à base de bouchon de liège et de bois de sureau en toute autonomie, en suivant ses idées propres et en résolvant seule les problèmes qu'elle rencontrait : comment faire tenir debout cette figurine aux jambes frêles ? En ajoutant des sabots, bien sûr ! 😉

Bon, elle nous a promis que la prochaine fois, elle ferai une vache ... pour changer. 😁

3. Éducation physique



Les activités "physiques" occupent beaucoup de place dans nos journées, mais bon sang de bonsoir ! Je crois que je vais renoncer à les photographier ! D'abord, 80% d'entre elles sont floues, et puis je n'arrive pas à gérer mon Reflex et mes gesticulations de front... Si ça continue, il lui arrivera malheur (à mon Reflex !) 😁

Il faudra donc me croire sur parole si je vous dis qu'en ce moment ...

- On teste l'acrosport 👆 : et on aime. VOICI une petite ressource très sympa, dégotée sur le blog Dessine-moi une histoire. Il s'agit de fiches décrivant de postures :  succès garanti à l'école comme à la maison ! Les enfants les utilisent en autonomie pour se défouler au jardin après l'école ; j'ajoute que c'est une merveilleuse activité de reconnexion puisqu'elle oblige à "rencontrer" l'autre, à le toucher, à s'appuyer sur lui ...

- On aime les percussions corporelles : Antonin a suivi un stage l'année dernière, il aime à reprendre les rythmiques qu'il a apprise. Comme c'est une activité qui ne demande aucun matériel, elle peut s'improviser à n'importe quel moment de la journée, c'est parfait. Le Damoiseau est très fier de nous enseigner ce qu'il sait, et Louiselle et moi adorons reprendre les séquences rythmiques avec lui ou en canon - je dois admettre que la Damoiselle y parvient mieux que moi !


- On poursuit nos séances de yoga : En ce moment, nous explorons le livre Yoga en musique pour les enfants. Le livre est très beau, mais attention ! Il ne contient pas de CD. On peut accéder à une bande-son en flashant le QR code avec son téléphone - pour les Nul(le)s comme moi, sachez que c'est l'option "appareil photo" de votre téléphone qui s'en charge ... Pour ma part, j'aurais largement préféré un CD, plus aisément utilisable en autonomie par les enfants. Mais bon, peu de regret : de toute façon, cette bande-son, on ne s'en sert pas. Les morceaux sont chouettes, mais c'est "juste" de la musique et des chants, elle ne contient aucun accompagnement vocal des postures. Du coup, elle nous déconcentre plutôt qu'autre chose, même si nous l'écoutons parfois séparément. De toute manière, le livre, très beau et complet, se suffit parfaitement  à lui-même !

4. Mythologie



Oui, je sais, c'est le problème avec ces articles "Notre semaine". Ça  se répète. 😊 Que voulez-vous, on est en plein dans la Mythologie (en fait, ça fait même un moment que cela dure) et vous risquez donc d'en manger toutes les semaines, parce que c'est, en quelque sorte, notre plat principal du moment. 😁

Voici l'antre de Cyclope : il a rentré ses brebis, allumé un beau feu, et hume l'odeur de chair fraiche qui remplit sa grotte. Ulysse et ses compagnons, dissimulés derrière un pan de roche, observent avec horreur le géant hideux et tentent d'élaborer un plan de sauvetage ... Suspens, suspens ... 😊


Et pour prolonger le plaisir, voici un court roman très adapté aux jeunes lecteurs, Ulysse, prisonnier du Cyclope  Tous les titres de cette collection sont d'ailleurs très apprécié de mes enfants, je vous en reparlerai sans doute !!

5. Mathématiques


Les dizaines



Allez, une petite activité de lecture mathématique pour la Damoiselle !


Les étiquettes viennent du site L’École de Crevette, et C'EST ICI.


Il s'agit de déchiffrer les étiquettes-mots et de les associer à leur écriture "en chiffres". Louiselle a repéré et surligné les sons complexes - elle avait très très envie d'utiliser ces petits surligneurs qu'une élève m'avait offert en fin d'année dernière ! Mais attention ! Ces surligneurs ne sont pas du tout adaptés aux petites mains ! Si vous devez en acheter pour votre enfant à la demande de son enseignant, choisissez de préférence des tiges de type "feutre standard" (Pour exemple : évitez CECI et préférez CELA).

Et si l'enseignant de votre enfant n'exige pas de surligneur ... n'en achetez pas. 😊 C'est pire que tout au niveau écologique, ces machins-là. Un simple crayon de couleur bien vibrant fait l'affaire à la perfection.

Je dois admettre cependant que Lousielle adore les surligneurs, et qu'elle m'a d'ailleurs chipé ceux que vous voyez sur la photo pour les remiser dans sa chambre ... Puisque MOI je ne m'en sers pas, hein ... 😁

Les origamis



Les origamis sont de fantastiques activités géométriques


A Noël dernier, les enfants avaient reçu l'album Premiers origami de Mayumi Jezewski, et ils le reprennent régulièrement depuis. Antonin, en particulier, maitrise à présent quelques modèles simples qu'il enseigne à sa sœur. Tous deux adorent jouer avec les petits animaux réalisés et s'inventer des tas d'histoires !


J'espère que la rentrée a été douce pour vos enfants aussi, que les émotions de chacun ont été acceptées et que le nouveau rythme n'est pas trop douloureux pour vos famille ...

Bonne soirée à tous, et à très bientôt !

jeudi 6 septembre 2018

Un amour spécial

 
"Dis, Maman, qui tu aimes le plus ? Papa ou moi ?"

Il y a un an, ou un an et demi, j'avais souvent droit à cette question de la part de mes enfants. Ce n'est pas une question facile (!!), mais je n'ai jamais hésité quant à la réponse à apporter. Elle a toujours été en moi, cette réponse, claire comme de l'eau de roche, depuis ma propre enfance, je crois.

"J'aime chacun d'entre vous d'un amour très spécial, comme j'aime aussi mes frères et ma mère d'un amour très spécial. Quand on aime des gens de cet amour-là, je ne crois pas qu'on puisse dire qu'on aime plus ou moins

Mais ce que je peux te dire, c'est : mon amour pour ton Papa est spécial d'entre les spéciaux. Je n'ai peut-être pas choisi ma mère, mes frères ou vous, mes enfants, mais ton Papa, je l'ai choisi. C'est de notre amour que vous êtes nés. Sans lui, je ne connaitrais pas l'amour immense que je vous porte. 

Quand vous serez grands, vous déménagerez pour aller vivre dans votre propre maison. Mais Papa et moi, nous aimerions vivre ensemble toute notre vie. Il était là, avec moi dans ma vie, avant vous. Et j'espère qu'il sera toujours à mes côtés quand vous serez adultes, c'est mon vœu le plus cher !

Quand je pense à mon amour pour toi, mon enfant, je pense aussi à ton Papa. Tu es comme un fruit, le fruit de ma rencontre avec mon Homme. Ton père compte tellement pour moi, parce ce que tu l'as choisi comme père, pour naitre en moi. Et je suis si heureuse que tu sois né(e) !"


Certainement, un jour, j'expliquerai à mes enfants que l'amour maternel est un amour à quatre temps. Que c'est à lien à établir, puis à maintenir, puis à relâcher et à transmettre. Bien sûr, à leur naissance, j'ai eu cette impression de fusion quasi-amoureuse avec mes nouveaux-nés. C'est un leurre nécessaire je crois, pour que le tout-petit reconstruise son sentiment de sécurité - et moi le mien, certainement - après la "séparation" de l'accouchement. Et puis, doucement, l'enfant grandit ; je comprends que cette illusion en est une. Et que c'est une bonne nouvelle. 😊

Parler à/de mon enfant comme s'il était mon amoureux est un contre-sens pédagogique. Mon objectif en tant qu'éducatrice est de l'aider à se développer, et à devenir à son tour un homme ou une femme. Pour cela, je dois vivre ma vie d'adulte, ma vie de femme ... en essayant de lui montrer, par l'exemple, à quel point cela peut être chouette !! 😄


"Dis, Maman, qui tu aimes le plus ? Papa ou moi ?"

Il y a un an, ou un an et demi, j'avais souvent droit à cette question. Mes enfants ne me la posent plus du tout aujourd'hui ... Est-ce parce que la réponse que je leur ai faite alors les a satisfait ? Je me plais à le croire ... 😉

mercredi 5 septembre 2018

Art immersif

"L'immersion dans les arts contemporains s'est développée et étendue pour explorer les notions "d'expérience" et de "spect-acteur". Les arts immersifs apparaissent ainsi comme des dispositifs expérientiels où la place du spectateur dans l'environnement créé est central, modifiant sa perception de l'espace et du temps et l'invitant à transformer de manière physique et cognitive la vision de son corps par rapport à sa réalité."


Cet été, nous sommes allés l'Atelier des Lumières, et comme ce lieu avait suscité une polémique sur ce blog, j'avais promis de tout vous raconter.

L'Atelier des Lumières, donc, c'est ça :


Des projections d’œuvres d'Art - jusqu'au 11 novembre, il s'agit de celles de Klimt. S'ensuit une création plus brève sur l’œuvre et le personnage d'Hundertwasser. Le tout en format XXL, dans toutes les directions (projections sur le sol, le plafond, des volumes variés ...) et en musique.


Ce fut indubitablement un grand moment sensoriel. On se serait cru à Reggio Children. 😊

Les Hommes de la famille ont beaucoup aimé, les Filles sont sorties un peu plus sceptiques. Louiselle a tout de suite décrété qu'elle préférait les "vrais musées", et pour moi, voici :

Quand on se rend dans ce genre d'endroit, il faut bien avoir en tête qu'on ne va pas voir du Klimt. Mais, en l'occurrence, du Gianfranco Ianuzzi. C'est le nom de l'artiste qui a créé ce spectacle, et on ne peut que saluer sa créativité numérique, sa prouesse technique et son sens du style. Mention spéciale pour la BO, suite de morceaux contemporains au travail de Klimt, et l'illustrant, à mon sens, très judicieusement.

Oui, il s'agit d'un hommage à Klimt, mais pas ce n'est pas une exposition de ses tableaux. D'ailleurs Ianuzzi n'hésite pas à trancher dans le lard des œuvres d'origine, prélevant un motif, le multipliant, le déplaçant ... C'est Ianuzzi qui décide du rythme auquel les œuvres défilent, c'est lui qui rapproche deux tableaux ou deux détails. C'est Ianuzzi qui fait des liens, et il nous présente le fruit de sa réflexion.  Les enfants auraient voulu parfois, retenir une image qui se sauvait en s'y accrochant très fort, mais hélas, l'interaction du spectateur avec les projections n'est pas encore aboutie à ce point ! 😄 Chacun des choix de Ianuzzi est un parti pris qui est loin d'être anodin, et qui peut, dans une certaine manière, nous éloigner de l’œuvre dont il est issue. 

Prenons-le comme comme "une variation sur l’œuvre de Klimt", acceptons que nous sommes immergé dans une sorte de "Sons et Lumières". La scène devient alors vraiment très sympa. L'endroit est chaleureux, et tangibles les connexions avec ces gens qui sont venus là, de tous les pays du monde, pour prendre un bain de couleurs.


Une fois de retour à la maison, l'expérience a continué de nous travailler. On se disait comme ça, que les œuvres impressionnistes de notre chouchou du moment se seraient bien prêtées à ce type de projection. 

Et puis, soudain, on a réalisé qu'on pouvait s'offrir ça ... dans notre salon.


Nous n'avons pas de télévision, mais comme mon Homme et moi sommes cinéphiles, nous avons pallié ce manque en acquérant un vidéoprojecteur et un écran déroulant - chez nous, c'est home cinéma en amoureux une fois par semaine au moins. 😊


J'ai donc dégoté un diaporama d’œuvres d'art de Claude Monet et je l'ai projeté en grand format sur notre mur.


J'ai proposé aux enfants de se baigner dans les tableaux, comme nous avions fait à l'Atelier des Lumières. 

"D'accord, a dit Antonin, mais après. D'abord, on regarde une fois sans rien faire."

Nous nous sommes donc lovés sur le canapé et avons observé les œuvres défiler. Les enfants lançaient parfois un : "Ah, oui, celle-là, je la reconnais !", appuyaient sur le bouton "Pause" pour prendre le temps d'observer plus longtemps un tableau, ou revenaient carrément en arrière. Je lançais parfois quelques explications rapides sur les scènes rencontrées, mais la majorité du visionnage s'est fait en silence. 

(Ah le silence ... C'est bien aussi 😊)


Puis les enfants se sont lancés. Nous avons poussé un meuble devant l'écran pour servir d'estrade afin qu'ils se retrouvent à hauteur d’œuvres. La seule consigne est de ne pas regarder en face l'ampoule du vidéoprojecteur, dont la puissance peut abimer les yeux. Pour le reste, quartier libre !


Ce fut un moment de joie concentrée et d'émerveillement sincère.

Damoiseau et Damoiselle m'ont réclamé la projection trois fois de suite. 😊


Premier constat : la définition est bien meilleure chez soi - certes l'écran est plus petit. Les coups de pinceau de la toile sont tangibles. Les enfants se sont rapidement mis torses nus pour éviter que les étoffes de leurs vêtements n'entrent "en concurrence" avec des motifs des œuvres. Quel plaisir de voir sur son ventre ou sur le visage du voisin les couleurs, les lignes et les reliefs de nos tableaux favoris !


Nous avons décidé de vivre notre séance sans musique. Mais on pourrait imaginer créer une bande sonore correspondant à l'époque de Claude Monet et à son inspiration potentielle - sur base d'Erik Satie, de Gustav Malher et de Maurice Ravel ... Ce serait un excellent exercice de culture générale !! 😊


Ai-je besoin de préciser qu'après cette expérience nous avions développé une connaissance plus intimes des œuvres ? Elles nous avaient touchés ... pour de vrai, et nous en gardons depuis le souvenir sur la peau ! 😊