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mercredi 11 juillet 2018

L'Histoire de l'Univers (Grand récit Montessori)


Connaissez-vous les cinq Grands récits de Maria Montessori ?

Il s'agit d'un projet novateur en son temps  : concevoir des modules scientifiques à destination des enfants, qui articuleraient narration et démarche expérimentale. Maria Montessori construit des "leçons" exigeantes et stimulantes de manière à éveiller l'imagination et la curiosité, sans rien céder à la rigueur scientifique. Il s'agit de récits des origines : celle de l'Univers, celle de la Vie, celle de l'Homme, puis elle s'attaque à l'histoire de l'écriture et à celle des nombres. Rien de moins, en somme, que les sujets les plus enthousiasmants et les plus vertigineux de notre savoir humain. 😉

Sauf que jusqu'à récemment, ces écrits étaient absolument introuvables. L'engouement montessorien qui transit les maisons d'édition en ce moment a finalement eu raison de cette lacune, et enfin, enfin !! Les Grands récits Montessori sont accessibles au grand public !! 

Juste à temps pour les 6 ans de ma Damoiselle. Elle est pô belle, la vie ? 😊

Il existe aujourd'hui deux versions : celle de l'Ecole vivante (dont je ne pourrais rien vous dire parce que je ne l'ai pas lue) et celle de la Librairie des écoles. J'ai opté pour cette dernière, qui présente chaque récit dans un album séparé. Chacun d'eux coute une douzaine d'euros, je me suis donc dit que j'allais acheter le premier opus, l'Histoire de l'Univers, et voir si cela nous plaisait avant de casser la tirelire pour la suite. 

C'est définitif : ça nous plait. Beaucoup. 😊 Les autres titres suivront donc petit à petit.


Vous me direz : mais en quoi ce petit documentaire est-il différent des autres sur le sujet ? 

Ah ben, c'est ça, la magie Montessori. Il est vraiment différent. Tout d'abord son format est idéal pour les petites mains, le texte aéré ne décourage pas le jeune lecteur (Antonin s'est jeté dessus, et nous l'a lu à haute voix moult fois). Les informations délivrées sont soigneusement choisies et amenées très simplement. Tout est limpide, tout s'enchaine, et même les éléments les plus complexes passent comme une lettre à la poste. La plupart des illustrations sont réalisées à partir de photos ou d'images de synthèse, ce qui, au vu du sujet traité, est absolument parfait. Au niveau scientifique, rien à redire, tout est clair, net et concis et correspond  à l'état de notre savoir actuel. On peut juste déplorer quelques imperfections au niveau de la conception graphique (quelques coquilles qui se promènent, texte sur fond grisé pas franchement joli), ce que j'avais déjà remarqué chez d'autres titres de cet éditeur...

Par contre, je vous préviens tout de suite : il n'y a pas tout dedans. Si vous lisez ce livre "sèchement", tel qu'il est, à votre enfant, vous risquez d'être déçu. Ce petit support ne saurait en aucun cas être le seul ingrédient de la "leçon" : il faut que vous y ajoutiez une bonne dose d'enthousiasme, de passion et de curiosité. C'est à vous de vous échapper du texte à chaque page, pour reformuler et digresser, raconter une anecdote ou proposer une expérience. C'est à vous de brancher vos antennes sur votre enfant et de lui présenter les choses de la manière dont cela lui parlera le mieux. C'est vous qui rendrez ce petit livre vivant ! 💙

Conformément à l'usage que faisait Maria Montessori de ces textes, de petites expériences scientifiques viennent ponctuer la narration. Il s'agit de rendre la compréhension des phénomènes abordés concrète, et ça, on aime beaucoup !

Les expériences proposées sont sympas, très simples et plutôt éclairantes. Mais elles ont un gros défaut : elles ne sont que sept. 😀 Et furent très vite avalées, vous vous en doutez.

Les expériences du livre : que du bonheur !


J'ai l'intention de passer du temps sur l'étude de l'Univers avant de passer au sujet suivant selon la progression montessorienne - l'Histoire de la Vie. Il s'agit de sujets complexes, et pour que les connaissances se construisent, il faut laisser du temps à l'enfant (et à l'adulte, car je vous assure qu'en ce moment, j'en apprends !) pour tisser des liens entre ses savoirs, se questionner, chercher des réponses, etc.  Rien de tel que le slow learning lorsqu'on aborde d'aussi vastes sujets. Justement, les petites expériences pratiques permettent de  ralentir, d'explorer et d'approfondir.

Donc : on en veut encore.  😄

Chaque double page ou presque de cet album aborde une notion capitale. Il m'a donc semblé intéressant de chercher une expérience qui viendrait illustrer chacune d'elles. J'ai trouvé, et je me dis que cela vous intéressera peut-être, si vous avez ce livre vous aussi ? 

Je réfère chaque thématique à la page du livre dans laquelle elle est abordée. Certains liens renvoient à des articles en anglais, j'espère que cela ne vous dérangera pas trop.


Histoire de l'Univers, supplément d'activités :


- Page  9 : L'expansion de l'Univers
Si vous avez une balle extensible, il me semble que c'est un bon outil pour visualiser ce fait simple : les scientifiques ont constaté que les galaxies s'éloignaient les unes des autres. Ils en ont déduit que l'Univers était en expansion. De même, lorsqu'on ouvre la balle, les charnières s'éloignent les unes des autres.

Ce n'est pas l'expérience la plus scientifique de la série, mais elle "frappe l'imagination" comme dirait Maria Montessori et permet de "créer" de la lumière à partir de rien (ou presque).

- Page 17 : L'atome
Le refroidissement de l'Univers permet l'assemblage des protons, des neutrons et des électrons. C'est la naissance de l'atome ! Voici de jolies maquettes réalisées avec des pompons de couleurs.

- Pages 18 et 36 : Une nébuleuse dans un bocal
Cette activité relève plus de l'Art que de la Sciences pure, mais permettra de réinvestir le vocabulaire ... et de s'émerveiller.

- Page 21 : Les galaxies
Bien plus rigoureux, et tellement simple :  on verse des confettis de papier dans un pot transparent rempli d'eau et on mélange. Le débris se déplacent alors en spirale, comme le font les étoiles et les planète d'une galaxie spirale.

- Pages 24 et 34 : Le Soleil
L'enjeu est d'initier à la fois aux dangers de l'énorme puissance radioactive du Soleil et au fait que cette énergie soit pour nous une nécessité et une source d'énergie vitale.
Pour le second point, la construction d'un petit four solaire est assez éclairante, et idéale pour l'été !

- Pages 26 et 34 : Le système solaire
Pour visualiser les distances entre les planètes, sortez au jardin et déroulez du papier toilette !
Pour mémoriser l'ordre des planètes selon leur distance au Soleil, on peut fabriquer un petit système solaire très simplement ICI.

- Page 28 : Les orbites
La réalisation d'un mobile permet de visualiser les trajectoires des corps célestes.

- Page 32 : La Lune
Fabriquez une Lune miniature en argile (avec cratères et tout, et tout !), et n'oubliez pas de visionner en famille les premiers pas de Neil Armstrong sur notre satellite !

Réaliser que la Terre est la seule planète, à notre connaissance, à réunir les conditions propices à la vie est un objectif éducatif prioritaire !! Cela peut se faire par l'étude de la pollution des éléments vitaux - l'air, l'eau, et la terre.

- Page 40 : Chaud et froid
Selon sa température, l'eau n'a pas la même densité ... Ce qui permet de comprendre l'organisation de la matière de notre planète et nous amène au point suivant.

Un classique incontournable : modeler la structure de la Terre en couleurs !!

- Page 44 : Les volcans
Mieux que le classico-classique bicarbonate de soude : le volcan sous-marin !

- Page 46-48 : Les états de la matière
L'enfant remplit des ballons de baudruche de matière liquide, solide et gazeuse, qu'il peut soupeser, malaxer, comparer ...

- Page 50 : L'évaporation
Le phénomène de l'évaporation se fait visible grâce à une installation simple et quelques gouttes de colorant alimentaire.

- Page 52 : La condensation
Et pour observer le phénomène de la condensation, on fabrique de la pluie !

- Page 55 : Les océans
On illustre les courants océaniques dans un bac ... Pour plus de scientificité, on se retiendra d'ajouter des figurines animalières dans notre cuvette : car à ce stade de notre narration, aucune forme de vie n'existe encore ... La suite dans le prochain Grand récit ! 😊

Et lorsqu'on a fait tout cela, on a bien mérité un petit C'est pas sorcier ... "Les mystères de l'Univers", en streaming, c'est ICI !

Voilà qui devrait nous occuper ... quoi ? Une année entière, peut-être ? Ça me va bien !

Bonnes expérimentations chez vous ! 😊

P. S. Je m'aperçois au moment de publier cet article que le blog "Montessori mais pas que" propose aussi son parcours dans ce premier Grand récit, balisé de tout un tas de petites expériences passionnantes ! Courrez-y, c'est ICI ! 😊

jeudi 5 juillet 2018

Bibliok'lipop : Les Insectes


En ce moment, nous lisons ... beaucoup de livres sur les insectes et autres "petites bêtes" ! 😊

C'est de saison, et il y a des merveilles ! En bibliothèque comme en librairie, j'ai remarqué que ma famille était comme "aimantée" par ces grandes couvertures, souvent blanches, sur lesquelles se détache, finement tracée, la silhouette découpée d'un six-pattes ... C'est beau, un insecte !

En terme de guides, nous possédons deux Delachaux : Le guide des insectes, et Les petits animaux des jardins et des maisons. Cette collection est de loin la meilleure que je connaisse en terme de guides, et les enfants sont habitués à les utiliser depuis longtemps, mais il est impossible de tout y trouver. Lorsque nous cherchons à identifier un insecte, il nous faut souvent compléter nos recherches par un petit tour sur le web ... Nous avons l'intention d'acquérir d'autres ouvrages petit à petit (par exemple, celui sur les chenilles, ou sur les coléoptères ...), cela fait toujours de bonnes idées cadeaux !

Avez-vous d'autres guides entomologiques à conseiller ?

Et maintenant, place à la sélection "jeunesse" ! 😊



Voici un merveilleux documentaire, un de nos préférés de la sélection du jour. Les illustrations fabuleusement réalistes d'Anne Anfelis présentent un mélange entre le style des planches anatomiques à la Deyrolle et celui des carnets de croquis. Mention spéciale pour l'auteur, François Lasserre : ce passionné d'insectes sait rendre son émerveillement communicatif à travers des textes précis, libres, poétiques et originaux ... Voilà un documentaire qui porte bien son nom : il est vraiment vivant ! Idéal dès 6 ans.



2. Le petit réparateur d'insectes, Nastasia Rugano, Charline Collette, L’École des Loisirs, 2016.



Ce petit roman a une signification spéciale pour nous - je vous en parlais déjà ICI. Les illustrations sont toute mignonnes et poétiques, et l'histoire est vraiment bien trouvée. Elle permet d'aborder quelques grandes thématiques de la vie telles que la peur, le libre-arbitre et l'égalité filles-garçons. L'humour est franchement décalé et un rien bizarroïde, mais correspond bien à l'univers fourmillant et délirant des petites bêtes ... Un grand coup de cœur, testé et approuvé en classe également !  Idéal 6 - 10 ans.



3. Inventaire illustré des insectes, Virginie Aladjidi, Emmanuelle Tchoukriel, Albin Michel, 2013.



Vous connaissez certainement cette élégante série de documentaires. Nous sommes fans, ces ouvrages sont  magnifiques ! Le travail d'Aladjidi et de Tchoukriel sont animés de la même volonté de précision - quoique les notices, brèves, soient nécessairement lacunaires. L'auteure précise le nom en latin de chaque animal et l'illustratrice trace une silhouette à l'échelle 1 pour accompagner ses illustrations à l'encre de Chine et à l'aquarelle. Le tout a un petit goût d'encyclopédie à l'ancienne. La mise en page, aérée, invite à la promenade dans ces grandes pages au papier glacé hautement sensoriel ... Idéal dès 4 ans.


4. Le pyrrhocore, Tatsu Nagata, Seuil Jeunesse, 2015.



Ah ! Un livre entièrement consacré à l'insecte préféré de mes enfants ! Les gendarmes abondent dans notre jardin, en particulier au pied des hibiscus dont ils se nourrissent. Voilà donc un petit livre de la fameuse série "Les sciences naturelles de Tatsu Nagata" : le texte informatif est léger (parfait pour les lecteurs débutants !), les informations sont bien sélectionnées (une fois de plus, la passion de l'auteur est tangible, qui sait choisir ses entrées pour "parler" aux plus jeunes). L'humour est très adapté aux 6/7 ans !! Par exemple, l'illustration du pyrrhocore prenant son bain moussant (car, contrairement aux autres punaises, le gendarme ne sent pas mauvais) fait hurler mes enfants de rire. Faut pas chercher. C'est ça, le talent. 😉 Idéal 2/10 ans.



5. Les jeux olympiques des insectes, Eugène, Tom Tirabosco, La Joie de Lire, 2011.



Cet album-ci ne se présente pas comme un documentaire, mais bien comme une fiction : un bus remplis d'athlètes roule en direction du grand stade des JO, et va être détourner par un criquet provocateur ... On s'aperçoit vite, néanmoins, que l'histoire est un prétexte à une sorte de Guinness des records  : chaque compétence du petit monde des insectes est ramenée à une échelle humaine. La comparaison n'est pas à notre avantage, vous vous en doutez ! Antonin, fan des "records" en tout genre, a pris beaucoup de plaisir à écouter cette histoire. Les illustrations sont sympas, un peu naïves, avec un p'tit air des années 80 ... Idéal 5/12 ans.



6. Sous mes pieds ..., Emmanuelle Houssais, éditions du Ricochet, 2016.



"Le sol est vivant !". Les illustrations en coupe de ce grand album nous invitent dans le monde souterrain des p'tites bêtes de tout poils. On aime ses touches naïves, ses couleurs vives, sa mise en page aérée - comme la terre. Voici un hymne au temps qui passe, saison après saison, de façon cyclique : chaque double page se consacre à un mois de l'année, de mars à mars. Une sorte de calendrier naturaliste, en somme. C'est surtout une introduction à l'univers des animaux du sol dont le texte, plutôt succinct, invite à des recherches plus poussées ... si affinités ! Idéal 5/10 ans.



7. Nos incroyables petites bêtes, Yuval Zommer, Glénat Jeunesse, 2016.



Coup de cœur familial pour ce superbe documentaire ! Tout en lui invite à l'observation fine - c'est même un "Cherche et Trouve" ! Malgré son côté ludique, c'est certainement l'un des plus rigoureux de notre sélection : chaque petite bête est présentée par famille (insectes, gastéropodes, araignées, mille-pattes, vers ...) de manière claire et abordable. La classification scientifique est omniprésente dans ce grand livre superbement illustré : l'auteur invite à "cherche l'intrus", à trier, catégoriser, trouver des points communs et des différences ... au travers de petits jeux d'observation qui pourront être réinvestis au jardin ! Idéal dès 4 ans.


Bonnes lectures chez vous !! 😘

dimanche 1 juillet 2018

«Merci Montessori» en maintenance !


Bonjour à tous !

Petit passage rapide par ici ce matin pour vous dire (en vrac) que :

- Vous voyez le gros pansement à la jambe du Damoiseau ? Antonin s'est ouvert le genou cette semaine, ce qui nous a valu une après-midi mémorable aux Urgences ... Il y a, dans nos vies de parents, des premières fois dont on se passerait bien ... 😊

- Un changement de mois est toujours une vraie fête pour les enfants. Samedi, ils ont entamé une danse de la joie dans la rue, en scandant : "Demain, on change de mois-euh ! Demain, on change de mois-euh !". La fête. (Comment ça, mes enfants sont bizarres ? 😂) Antonin a voulu écrire un petit message de bienvenue à ce mois tout neuf, il a tenu à préciser l'année ("Bon, comme je n'ai pas de chiffres mobiles, je vais l'écrire en lettres !"👆). Ce faisant, il a réalisé une chose importante : "Maman, je n'écrirai plus jamais ce message. Car des mois de Juillet 2018, il n'y en a qu'un seul dans toute la vie !".

- Ce qui m'a fait réaliser que : dans ma vie de parent, je n'avais que 18 mois de Juillet à passer avec mes enfants. En tout et pour tout (et dans le meilleur des cas). Et qu'il y en avait même déjà un certain nombre de passés. Pro-fi-tons, donc.

- Enfin, et cela n'a rien à voir : je vais consacrer le mois à venir à traiter (enfin !) tous les bugs que vous avez constaté par ici (articles et commentaires qui disparaissent, en particulier). Et à toiletter mon premier blog "Merci qui ? Merci Montessori !", que vous êtes chaque jour plus nombreux à consulter. Je le soustrais aux moteurs de recherche le temps des travaux, et vous prie d'excuser la gêne occasionnée. J'essaie de faire vite !

- Si vous avez des volontés concernant certaines fonctionnalités que vous aimez trouver sur vos blogs favoris, n'hésitez pas à m'en faire part ! Ce blog est le vôtre, je voudrais que vous vous sentiez chez vous, et qu'il soit pratique d'utilisation. Dites-moi ce que vous aimeriez y trouver (présentation générale, accès aux archives, aux commentaires, etc.). J’essaierai de faire au mieux pour répondre à vos besoins !

Bonne fin de week-end à tous !

mercredi 27 juin 2018

L'étude de l'Art selon Charlotte Mason ( + Printable )

  "Avant ses 15 ans, on ne parle à l'enfant ni d'écoles de peinture, ni de style. L'examen de ces questions vient plus tard dans la vie, 
mais la première et la plus importante est de connaître les œuvres elles-mêmes."
{Charlotte Mason, Towards A Philosophy of Education, p. 216}


Oui, vous la connaissez certainement. C'est  la dernière "vieille pédagogue" à la mode. Il y a beaucoup de choses à prendre chez Charlotte Mason.
 
Tenez par exemple : l'étude de l'Art. Il faut bien admettre qu'en classe, on se contente souvent de saupoudrer cette matière de-ci de-là - quand on ne l'ignore pas totalement faute de temps. Bonne nouvelle pour les adeptes du coschooling, donc, puisqu'on peut étudier l'Art à la maison sans craindre d'empiéter sur les plates-bandes pédagogiques de l'enseignant !

Charlotte Mason propose un outil concret simplissime : un rendez-vous hebdomadaire avec l'Art, à la fois récréatif et efficace, et qui ne requiert aucune compétence spécifique pour l'éducateur. Ces petits modules, très courts, sont faciles à intégrer dans la vie de tous les jours et plaisent beaucoup par ici. 

Je vous raconte comment ça se passe ?
😉

1. Lecture d’œuvres, mode d'emploi


Âge : 6/14 ans.

Durée de l'activité : 10 à 15 minutes.

Objectif : Construire une culture artistique partagée et concrète (sorte de "catalogue mental" d’œuvres, si vous voulez).

Déroulé :

- Sélectionnez un artiste : vous pouvez décider de procéder méthodiquement, en balisant l'histoire de l'Art des noms qui vous semblent incontournables. Ou bien, et c'est certainement le mieux, vous vous appliquerez à rebondir sur les rencontres de votre enfant (expositions temporaires au musée local, découverte à l'école, etc.). Charlotte Mason préconise de consacrer environ 2 mois à chaque artiste rencontré. Rien ne presse donc, et vous n'avez pas besoin d'avoir en tête votre progression pour toute l'année à venir :  prenez le temps de vous focaliser sur les œuvres qui plaisent à votre enfant et accepter d'aller là où le vent vous mène. 

- Essayez de vous dégager un rendez-vous hebdomadaire avec les œuvres de l'artiste sélectionné et de vous y tenir. Ces séances trouvent facilement leur place un dimanche après-midi, autour d'un petit gouter en famille, par exemple. Et en classe, on peut choisir de clore le vendredi de cette façon !

- L'idée est de sélectionner chaque semaine une nouvelle œuvre : constituez-vous un petit corpus de 6 à 8 œuvres et dégotez des reproductions de qualité (dans un livre, sur Internet...). Notez que les cartes de nomenclature "montessoriennes" se prêtent parfaitement à l'approche Mason (et rendez-vous à la fin de l'article pour un petit téléchargement gratuit !). L'idéal est que l'enfant participe aux choix des œuvres - ainsi qu'à la confection du matériel (découpage, plastifiage, etc.), ils adorent ! Ce n'est pas toujours possible chez nous, mais quand c'est le cas, je suis bluffée de tout ce que mes enfants ont appris avant même de commencer à utiliser le matériel ...

- Afficher les œuvres du corpus en bonne place dans votre maison. Elles resteront sous vos yeux (dans votre cuisine, votre salon ...) tout au long de l'exploration de l'artiste. Pour cela, la cordelette et les pinces à linge (cf. photo 👆 ) sont assez idéales !

- Lors de votre séance hebdomadaire, décrochez une œuvre pour la montrer à votre enfant et lancez le jeu suivant : "Nous allons regarder cette œuvre ensemble, silencieusement, quelques minutes. Ensuite nous fermerons les yeux et essayerons, dans notre tête, de la recréer, en visualisant chaque détail à sa place."

 - Observez intensément quelques minutes et, lorsque l'enfant est prêt, retournez l'image face contre la table. "Peux-tu me décrire ce dont tu te souviens ?". Prenez le temps de verbaliser vos souvenirs, vous aussi !

- Retournez l'image face visible et discutez d'autres détails qui auraient échappé à la première description. Si l’œuvre comporte des références culturelles (historiques, mythologiques, bibliques ...), explicitez-les rapidement. 

- Au bout de 8 à 9 séances, l'enfant a développé une connaissance assez intime du style et des idées véhiculées à travers les œuvres du corpus. Il est temps de choisir un nouvel artiste à étudier selon le même procédé ! Décrochez les œuvres exposées et rangez les soigneusement - par exemple dans un porte-vue consacré, sur fond de papier noir - avant d'en suspendre de nouvelles.

Qu'en pensez-vous ? C'est tout simple, non ? 😊

2. La biographie de l'artiste


L'approche de Charlotte Mason est résolument centrée sur les œuvres - et non sur l'Homme derrière l’œuvre. Cela ne signifie pas que l'artiste soit secondaire - celui signifie simplement qu'on en apprend bien plus sur lui en contemplant le fruit de son travail qu'en rédigeant de longues biographies.

Charlotte Mason préconise de passer assez rapidement sur le récit de la vie de l'artiste, et je la rejoins assez sur ce point. Par exemple :

Pour chaque ensemble de cartes de nomenclature que je fabrique, j’intègre un portrait de l'artiste, légendé par son nom complet et ses dates de naissance/mort. Ainsi, lorsque les enfants ont rencontré Van Gogh, Antonin eût vite fait de calculer sa durée de vie : "Oh, Maman ! Il est mort jeune !". Ce à quoi j'ai brièvement répondu que oui, que Van Gogh était malade, d'une maladie de l'esprit qui l'empêchait d'être heureux. Antonin a remarqué ensuite que toutes les œuvres du corpus avaient été peintes en l'espace de deux années. Nous avons donc conclu que Van Gogh avaient eu une "crise" d'inspiration aiguë, en quelque sorte, qu'il avait été animé d'un fort besoin de créer de façon intensive, lors des deux dernières années de sa vie.

Je pense que l'essentiel est là. Antonin ne m'a pas demandé comment Vincent Van Gogh était mort, je ne le lui ai donc pas dit. 😉 Il aura bien le temps de creuser ces "détails" plus tard s'il le souhaite.

Je pense c'est à peu près cela que Charlotte Mason appelle une "biographie sommaire". Inutile de passer trois heures sur Wikipédia ou de se ruiner en livres d'Histoire. Place aux œuvres ! C'est en les observant finement que le spectateur développe une relation intime à l'artiste.

    3. L'expression artistique


L'exposition aux œuvres prime largement, dans les écrits de Charlotte Mason, sur une quelconque pratique artistique (cours de dessin, exposition à des média variés ...). "Faire de l'art" est un apprentissage secondaire.

Elle conseille néanmoins, dans certains passages, de clôturer l'observation d'un tableau par une petite séance de reproduction. C'est "très XIXe siècle", la reproduction, même si les exercices de copie en tout genre ont tendance à hérisser le poil des éducateurs d'aujourd'hui. Quand on lit attentivement les pages relatives à la pratique artistique, il me semble néanmoins qu'on découvre l'objectif de ces séances selon Charlotte Mason : il ne s'agit pas de copier aveuglément (ce qui, d'ailleurs, est impossible !), mais bien d'observer l’œuvre, une fois de plus. Sauf qu'au lieu de le faire avec les yeux, on le fait cette fois avec les mains. Lisons plutôt :

Les enfants « tracent rapidement  les grandes lignes de l’œuvre avec un crayon et du papier» (Home education, vol. 1, p. 309). 

"Montrez les œuvres aux enfants, laissez-les les observer attentivement, puis initiez-les à la beauté et la simplicité de la composition : attirez leur attention sur la palette utilisée et la structure des lignes. Aidez-les à réduire l'image à sa forme la plus simple. Il suffit de fermer à demi les yeux pour exclure les détails et visualiser les masses de couleurs. Ensuite, demandez aux enfants de reproduire un détail de l’œuvre étudiée, en travaillant à l'aquarelle, en aplats simples, avec deux ou trois couleurs seulement." (School education, vol. 3, p. 311).

Ainsi décrites, ces séances pratiques paraissent plutôt intéressantes, mais je trouve l'exercice pointu. Pour ma part, je le réserverais aux enfants de collège, de crainte d'induire des frustrations et des incompréhensions ... À voir si cela parle à votre famille ou pas !

    4. Les cartes de nomenclature à télécharger : Van Gogh et Monet


En ce moment, nous terminons l'étude de Van Gogh et nous nous apprêtons à enchainer sur Monet. C'est Antonin qui a choisi ce deuxième artiste : La Pie est affiché dans sa classe juste en face de son bureau. Ce tableau l'a accompagné, en quelque sorte, tout au long de son année scolaire ... Il l'aime beaucoup ! 😊

Elles comprennent 8 œuvres majeures par artiste, plus un portrait et un autoportrait (qu'il est toujours très amusant de comparer entre eux). 

Bon téléchargement et belle journée ! 😊

dimanche 10 juin 2018

Projet 10/10 { Juin 2018 }

Projet 10/10 :
le 10 du mois, notre journée en 10 photos !



7h30 : Hier Antonin a perdu sa 5e dent de lait - et sa première incisive du haut !! Son relevé de chute (ci-dessus) se remplit ... N'oubliez pas que vous pouvez télécharger ce document ICI. 😉

Ce matin c'est donc avec un sourire (troué) jusqu'aux oreilles qu'Antonin nous rejoint au salon où nous prenons notre café : il a trouvé un petit paquet sous son oreiller, qui contient un Lego creator et la traditionnelle piécette. Il est CONTENT (et fier de grandir aussi). 😊


8h30 : C'est l'heure de nous occuper de notre petit élevage ... Devinez-vous qui grandit dans notre nursery ? 😉

À Noël dernier, Antonin reçut de son oncle un élevage de triops. Seulement, il fallut patienter six mois avant de lancer l'affaire, car ces bébêtes aiment la chaleur. Le Damoiseau a donc attendu que la température de l'eau de son aquarium se stabilise à 25° pour y déposer les œufs, il y a 8 jours. Depuis, nous observons avec ravissement l'évolution de nos gracieux crustacés. 

Pour le moment, à part un individu qui s'est développé très vite, tous les autres sont encore minuscules. Nous tentons donc de les observer au microscope numérique, mais ce n'est pas facile ! C'est que ça gigote, un triops !! 😄


9h30 : Nous partons en forêt, pique-nique au dos. Nous rejoignons quelques amis, amateurs de champignons, qui nous ont persuadés qu'on pourrait en trouver ce week-end, au vu des fortes pluies des deux dernières semaines.

Effectivement, la chasse est bonne : voici des fourmilières géantes 👆, abritant chacune plus d'un million de fourmis rousses (ça grouille !!) et dont les dômes dépassent la tête des enfants ...


... Voici les grenouilles rousses, que l'on rencontre souvent dans les bois humides en altitude ... Elles sont peu farouches et se laisse facilement approcher, jusqu'à ce qu'elle jugent que vous êtes décidément trop près. Et alors, HOP ! Quelle détente ! 🐸


... Voici des empreintes fraiches, imprimées dans la boue. Si vous voulez observer ou relever des empreintes animalières, c'est le moment : les sols sont tellement détrempées par les pluie incessantes que les pattes de toute sorte s'y impriment comme dans du beurre frais. Ici, de gauche à droite : chevreuil, blaireau, renard, sanglier et lapin. 💓


... Et voici les champignons. Plus précisément, une espèce de champignon : des bolets à chair jaune (chrysentéron), en quantité. Celui de la photo (belle bête !) est trop vieux et certainement verreux. Nous le laisserons sur place pour ne pas contaminer notre récolte.


15h00 : Nous voilà de retour au jardin. Nous prenons quelques minutes pour en faire le tour, et admirer nos bébés (c'est la saison des bébés !!) : bébés courgettes, bébés poireaux, bébés piments, bébés pois, bébés tomates, bébés kiwis, bébés myrtilles, bébés figues, bébés mûres... Les concombres et les pommes de terre sont en fleurs, les framboises et les fraises sont en fruits, et nous venons de mettre en terre nos plans de chou kale, de bourrache, de capucines, de thym, et de basilic. Tout ce petit monde semble bien aller !


16h00 : Après une bonne douche et une inspection en règle (pas de tiques à signaler, mais Antonin semble faire une réaction cutanée aux piqûres des moustiques rencontrés en forêt ... 😟), nous nous apercevons que nous avons chaud. Très chaud. On aurait pu rester dans les hauteurs un plus plus longtemps !!

Pour se rafraichir en rigolant : opération "bombes à eau". Il suffit de remplir à demi des ballons de baudruche d'eau fraiche, et de les lancer aux pieds de l'adversaire. Attention ! Il est interdit de viser qui que que ce soit, ces projectiles peuvent faire très mal ! Parfois, en tombant au sol, la bombe éclate - éclaboussant alors largement ce qui se trouve autour d'elle - parfois non. C'est totalement imprévisible, et donc super fun.


17h00 : nous commençons à préparer nos bolets pour le dîner de ce soir.

Voici le protocole pour cuisiner les champignons sauvages : on commence par les gratter et les laver, puis on les fait tremper 20 minutes dans de l'eau froide salée. Si le champignon contient des vers, le sel les fera sortir ! On les égoutte, puis on les cuit 40 minutes à l'eau bouillante. Ceci fait, et une fois essuyés, ils sont prêts à être frits au beurre à la poêle. Servez avec quelques pommes de terre, qui les mettent si bien en valeur !


18h00 : Antonin me rejoint en cuisine et se lance dans la réalisation d'une nouvelle recette. Depuis que nous avons retrouvée cette série de fiches que j'utilisais enfant, on ne l'arrête plus ! Il entend bien les réaliser toutes ... Hier, il nous a régalé d'une salade verte aux croutons, et aujourd'hui, voici les artichauts à la coque !! La classe, hein ? 

Quant à moi, je découvre que j'adore me mettre les pieds sous la table ... 😊

Allez, les dents, une histoire et au lit : demain, école pour tout le monde !! 💪

Bonne semaine à tous !

jeudi 7 juin 2018

L'Atelier aujourd'hui


Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas pris de photos de l'atelier, mais hier matin, en passant l'aspirateur (!!), la manière dont il avait évolué depuis mon dernier article sur le sujet m'a frappée. A 6 et 7 ans, après avoir passé de nombreux mois à construire et exprimer leurs idées et leurs ressentis à travers diverses manipulations, mes enfant sont entrés de plein pied dans le monde symbolique. Ils  écrivent, ils lisent, ils aiment à inventer et à raconter des histoires à l'oral (au passé simple !), s'intéressent aux sciences humaines et à l'origine des choses.

Et dans notre environnement, cela se voit !

L'Atelier est une pièce à part dans notre maison. C'est un espace dédié aux apprentissages et au "travail" (j'y ai d'ailleurs installé mon propre bureau), mais ce n'est pas le seul. On apprend aussi à la cuisine, au salon ou au jardin (beaucoup au jardin !). La première vocation de l'Atelier est de stocker le matériel pédagogique dont je dispose dans de grands placards (absolument non photogéniques). Il se veut aussi et malgré cela un espace confortable et accueillant, dans lequel nous prenons plaisir à nous rendre. Mon seul regret est de ne pouvoir y entreposer d'instruments de musique, mais sous les toits, les variations de température sont trop importantes... Ce ne serait pas bon pour eux !

Ceci fait, il nous reste encore beaucoup de place. Nous y installons donc un certain nombre d'invitations selon nos centres intérêts du moments. L'ensemble est en fait une sorte d'incarnation sensible de ce qui occupe nos esprits !

L'espace lumière et la disposition générale des meubles n'a pas beaucoup changé depuis que je vous les ai présentés, mais le reste de la pièce se transforme chaque jour - elle évolue en même temps que mes enfants grandissent. Pas de visite guidée exhaustive aujourd'hui, donc, mais plutôt quelques zooms sur deux ou trois espaces qui m'ont paru significatifs des intérêts de mes enfants :

  • La cordelette tendue au-dessus de la table accueille les productions des enfants ou, comme en ce moment, des cartes de nomenclature consacrées à un artiste, à un courant artistique ou à un genre (paysages, portraits, natures mortes etc.). 
L'appréciation de l'Art, c'est quelques chose de très simple, je trouve : c'est intuitif. Il s'agit de se connecter à ses ressenti (étonnement, agacement, émerveillement, mélancolie ...), d'en prendre acte, pour être dans une relation à l’œuvre. Cela passe forcément par l'observation d’œuvres (dessins, peinture, sculptures ...). Pas besoin d'y passer une demi-heure à chaque fois ; avec des enfants (ou pas) mieux vaut de multiples rencontres, mais brèves. Pas de semaine passée sans contempler de l'Art ! Reproductions grand format ou cartes de nomenclatures, livres illustrés et recherches Internet ... Aujourd'hui l'accès à l'Art est si facile ! Rien qu'avec la collection en ligne du Centre national des Arts plastiques, on a de quoi faire ...

Il est important pour moi d'observer également des portraits des artistes étudiés (tout comme on s'applique, d'ailleurs, à "mettre un visage" derrière les noms d'auteurs et d'illustrateurs). On lit des biographies, on décrit des représentations de l'artiste au travail, si elles existent. L'art ne tombe pas du ciel, il est le fruit d'une recherche et d'un travail acharné.

Les visites des musées restent occasionnelles chez nous (une fois par saison environ), mais sont l'occasion d'une vraie fête. Il y a quelques mois, alors que je demandais à mes enfants, en préparant une virée en ville, s'ils préféraient se faire un cinéma ou un musée, ils répondirent d'une seule voix : "Un muséééeeee !". J'en fus la première surprise et ne suis pas sûre qu'ils me fassent cette réponse la prochaine fois, mais l'anecdote est véridique !! 😊


  • Le tableau noir est un support dont ne nous lassons pas. Il a longtemps servi (il sert encore !) au graphisme. Mais à présent que mes enfants savent écrire entre de petites lignes, sur un simple cahier, il est souvent reconverti en "mur d'apprentissage". Le tableau noir est idéal quand on cherche à réduire les stimulations visuelles (affiches, calendriers, photos ...) : ce support aimanté les remplace tous ... mais tour à tour ! Il permet d'isoler un sujet d'étude, et de le mettre à l'honneur ... avant de tout effacer pour le remplacer par un autre.


  • Un petit meuble à casier accueille quelques romans (les enfants apprécient de plus en plus les lectures "longues") et, dans les compartiments du bas, tout le matériel plastifié que j'ai pu fabriqué depuis que je suis Maman : cartes de nomenclature, images séquentielles, jeux de cartes, tables de Seguin ... En matière de "fait maison", nous gardons tout ! Cela prend très peu de place et exerce toujours un fort pouvoir d'attraction sur les enfants - à condition qu'il soit laissé à disposition en permanence. 

Lorsqu'Antonin doit réviser une évaluation pour l'école, j'essaie, si j'ai le temps, d'imprimer un petit jeu de manipulation se rapportant à la notion étudiée (on trouve des trésors sur les blogs En classe avec Montessori ou Trois dans le petit nid). Et nous le gardons ! Le Damoiseau aime les reprendre parfois, c'est agréable de manipuler ce que l'on sait déjà. Ce matériel concret matérialise, en quelque sorte, les apprentissages de l'année.  On tout étaler, par exemple, et énumérer : "Ah, oui, alors,cette année j'ai appris à ranger dans l'ordre alphabétique, à énoncer les caractéristiques d'une phrase, à repérer un nom, un verbe, à situer dans le passé/le présent/futur, à conjuguer au présent de l'indicatif, au futur ...".  

L'apprentissage est rendu visible, l'enfant sait ce qu'il sait et sait qu'il le sait. Une simple manipulation permet de le vérifier : "Oh, Maman, mais ça c'est facile ! Je l'ai appris en début d'année, quand j'étais petit !". 😊

Et le message est clair : on n'apprend pas "pour le contrôle", bien sûr !


Ces cartes n'ont pas un format homogène ; la majorité d'entre elles sont des cartes de nomenclature et sont assemblées par catégories (oiseaux, dinosaures, fleurs ...) : soit elles sont perforées et reliées par un anneau, soit elles sont simplement entourées d'un élastique, ou encore enfermées dans une petite boite. Certaines ont même trouvé leur place dans des boitiers de CD vides ! Mais l'intérêt de les proposer toutes ensemble est que les enfants s'exercent souvent à les trier selon d'autres catégories : non pas les oiseaux avec les oiseaux et les champignons avec les champignons, mais : "Mettons ensemble tout ce qui est rouge, mettons ensemble tous les animaux, ou tout ce qui a été inventé par l'homme".

C'est la première compétence du jeune scientifique : savoir faire tomber les objets du monde sous des concepts souples - et dégager des caractéristiques communes à un ensemble d'objets disparates.


  • Je termine par une vue (tronquée) de nos étagères : elles occupent toute une longueur de pièce, sous un pan de toit incliné. Elles contiennent du matériel varié (lecture, écriture, art, travaux manuels, sciences, musique, Histoire ...). Selon les centres d'intérêt du moment, une catégorie de matériel peut s'épandre, en quelque sorte, jusqu'à représenter la moitié du contenu des étagères - les autres domaines d'activité, du même coup, se resserrent et s'épurent (car je fais alors un tri pour mettre certains objets de côté jusqu'au prochain regain d'intérêt).
 En ce moment, ce sont les mathématiques qui sont à l'honneur, c'est donc ce matériel qui prend le plus de place sur nos étagères. Le mois dernier, c'était plutôt l'artisanat (métier à tisser, scoubidous, perles à repasser, canevas ...), et je me dis que cela vous aurait certainement intéressé ... mais je n'ai pas pris de photos, désolée ! 😑


Voici donc le détail de nos étagères "mathématiques" en ce moment, très rapidement :


Tout en haut, faute de place, on glisse des plateaux bas et de petits objets :

- Une balance Learning Ressources (qui rentre tout juste !),

- Un tangram (ancien modèle Ikéa). Des modèles de difficultés variées sont à disposition dans un porte vue, disponible dans la bibliothèque (non photographiée).

- Du matériel de numération Wesco.

- Une règle graduée d'un mètre.

- Le porte-perles pour manipuler les nombres de 10 à 19.

- Le tableau de mémorisation de l'addition (non photographié).


Puis, dans les casiers :

- Le mémo des poids (à utiliser avec a balance par exemple).

- Les timbres Montessori (dans une boite en bois).

- Des réglettes cuisenaire (dans une boite en bois itou).

- Les tables de multiplication en bois.

- Des dés classiques ou de jeux de rôle (dans une trousse).

- Cent boutons dans une barquette en bois.

- Les nombres base 10 à construire.

- Les cubes du binôme et du trinôme Montessori.

- Cent jetons de poker dans un panier (qui peuvent servir à la numération, mais aussi de petits poids pour la balance).

- Une abaque.

- Des chiffres en mousse dans un bocal en verre.


- Des solides géométriques (ceux-là, ceux-là, ceux-là et ceux-là).

- Des attrimaths et quelques modèles (on en trouve d'autre dans le même porte-vue qui acceuille le smodèles d etangram).

- Des blocs logiques.

- Les chiffres rugueux Montessori.

- Une boite de perles Montessori (première table de Seguin).

- La chaine de cent Montessori (la boite d'allumette contient les flèches à placer). Il s'agit en fait de notre chaine de mille dont j'ai détaché 10 dizaines.

- La suite de notre matériel de numération Wesco (les milliers sont un peu encombrants !)

- Des cubes à compter (ceux de Wesco sont d'une qualité bien supérieure à celle des autres marques - comme Learning Ressources -, croyez-moi, j'ai comparé !!).

J'espère que cette petite visite guidée vous inspirera ! Pour moi, je retourne à mon ménage - au ménage des autres pièces, je veux dire ... 😁

mercredi 6 juin 2018

Phytothérapie with kids


L'idée a germé en moi devant l'attrait qu'exerçaient sur Louiselle mes petits flacons d'huiles cosmétiques dans la salle de bain. J'ai donc proposé aux enfants de fabriquer, en utilisant les végétaux que nous avions sous la main, de petites potions magiques. Chacune d'elle se destine à un trouble du quotidien bien identifié, qu'il soit émotionnel, nerveux ou somatique.

Étiquetage

Cette activité nous a beaucoup plu pour plusieurs raisons :

- Elle a permis aux enfants de se faire apprentis chimistes et de manipuler divers outils en vue d'une préparation. Pendant tout l'exercice, Louiselle ne cessait de marmonner : "C'est génial, c'est trop génial, c'est génial !!". Je crois qu'elle a apprécié. 😊

- Elle développe la connaissance de notre jardin des simples : identifier les espèces, les récolter, les nommer, et prendre conscience de leurs extraordinaires propriétés.

- Enfin et surtout : il s'agit de doter l'enfant d'outils face à ses émotions et à ses états d'esprit. Pour utiliser un macérat, il faut d'abord prendre conscience de son ressenti, et essayer de l'identifier : "Je me sens énervé, excité, fatigué". Antonin est désormais très fort à ce jeu, et il verbalise ses émotions avec facilité ! En appliquant un peu d'huile sur son poignet, je pense qu'il aura le sentiment de "prendre soin" de son ressenti et de faire quelque chose pour lui-même. Même chose pour la Damoiselle, bien sûr, même si la verbalisation des émotions est encore difficile "à chaud" à 6 ans. Je me doute que Louiselle va soudain se découvrir tout un tas de petits maux pour avoir le plaisir d'utiliser ces jolies bouteilles ! 😁


J'ai fait au préalable quelques recherches sur les propriétés des plantes de notre jardin pour voir si elles pouvaient aider mes enfants dans les moments difficiles. Autant vous le dire tout de suite, je ne suis pas toujours sûre de mes accords "maux/remèdes" ! 😁 Il est fort probable que nous n'ayons réussi qu'à créer de parfaits placebos. Pas grave, je gage qu'ils fonctionneront quand même très bien. Une fois de plus, l'objectif est surtout d'amener l'enfant à prendre conscience de son ressenti et à lui donner des outils pour l'apaiser.

J'ai fait le choix de n'utiliser aucune huile essentielle. J'utilise certaines d'entre elles avec parcimonie (désinfectants, antiseptiques), mais n'en ai pas une connaissance suffisante pour l'appliquer sur la peau de mes enfants. De plus, les huiles essentielles sont fort chères, et il aurait fallu que je casse la tirelire pour acquérir celles qui correspondaient à nos besoins. Enfin, il est plus concret pour l'enfant de partir directement de la plante, vivante, qu'il côtoie au jardin.

Je suis partie sur la base de confection de macérats huileux : moins violents que les huiles essentielles, certainement moins "efficaces", mais une fois de plus l'efficacité réelle n'est pas d'une importance capitale pour atteindre l'efficience. C'est l'esprit qui soigne les maux du quotidien - même si certaines plantes peuvent être un vrai coup de pouce.


Voici donc la liste des six macérats fabriqués et leur ingrédient de base :

- Trouble du sommeil : Verveine.
- Confiance en soi : Laurier sauce.
- Colère/fatigue : Origan.
- Peur : Camomille.
- Bobo 😉 : Romarin.
- Nervosité : Orange. C'est le seul macérat pour lequel nous n'avons pas utilisé de plantes du jardin, mais un peu de zeste râpé.


Le déroulé est simplissime, et totalement à la portée de mes enfants :

Nous commençons par ébouillanter nos flacons, puis nous les étiquetons en fonction des "affections" retenues. Les enfants récoltent la plante choisie au jardin (une toute petite quantité suffit, de préférence avec des sommités fleuries), l'émincent, puis la transvasent à la pince dans les flacons. Ils choisissent ensuite une huile neutre (parmi celles que j'ai dans ma cuisine : olive, tournesol, noix ...), en versent dans une soucoupe, puis la transfèrent à l'aide d'une pipette dans le flacon. Il ne reste plus qu'à reboucher. 

Hormis les flacons (dont le prix n'est guère exorbitant), c'est une activité qui ne nécessite aucun achat spécifique. Nos potions sont très économiques !!

Les spécialistes décréteront qu'il est préférable d'utiliser parfois des plantes sèches, ou les fleurs plutôt que les feuilles, ou telle huile de base ... C'est tout à fait vrai, mais que voulez-vous : à vouloir faire les choses trop bien, on ne les fait pas. 😉 Ici, en une heure c'était plié, et les enfants avaient hâte de ressentir une affection quelconque pour pouvoir utiliser leurs petites bouteilles. 😄


Ah, euh, normalement, un macérat doit rester au repos 4 à 6 semaines avant d'être utilisé.



No way. 😂