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jeudi 21 avril 2016

Ce midi, c'est bar à fruits


Je réalise que je ne vous ai même pas montré la petite marchande bricolée maison que nous avons offert aux enfants à Noël dernier... 

Pour ma décharge :
1) La période de Noël ne fut pas très propice à la rédaction d'articles, 
2) Je n'ai lasuré ce petit meuble que tout récemment, en profitant des beaux jours de vacances au jardin. Le voilà présentable ! 😉


Celles et ceux qui me suivent sur Facebook se souviendront peut-être de mon projet - nous décidâmes ici de suivre peu ou prou le tutoriel de My french childminder.


Dès janvier, j'ai néanmoins été confrontée à un problème de place - éternel problème...

Le ratio entre le temps de jeu et l'encombrement de l'objet n'était pas bon.


Ce qui ne signifie pas que les enfants ne jouent pas avec leur marchande ! Non ! Ils l'aiment au contraire beaucoup - mais je vous préviens, c'est plus drôle quand on est au moins trois. Et il y a des jours "avec" et des jours "sans".

Mais la "petite" marchande, elle, occupe un mètre carré au sol (au bas mot), même les jours "sans"... 

Et un mètre carré, dans une chambre d'enfant, même de taille respectable, c'est autant de place pris au vide - essentiel pour déambuler, danser, sauter, déplacer des trucs, bref : vivre.

Le contenu de la caisse 😄

Après avoir un peu tâtonné, j'ai trouvé : notre marchande sera réservée aux jeux à l'extérieur. Elle se range dans la cabane à outil, et nous la sortons certains jours de beau temps - c'est une rotation comme une autre.

"Mmm... Que choisir ?"

Aujourd'hui, le petit déjeuner, toujours copieux, a été pris tard. Nous nous sommes donc autorisé un repas de midi essentiellement composé de fruits, de jus de fruits - et de deux biscuits archi-sains et délicieux achetés pour l'occasion au magasin bio.


Voilà notre petite marchande convertie en bar à fruits... Et les enfants "achètent" leur déjeuner... pendant plus de deux heures... 😄


Et une chose est sûre : c'est beaucoup plus rigolo quand la situation est authentique ! 😊

mercredi 20 avril 2016

Le palais idéal de Ferdinand Cheval

 

C'était bien un palais, effectivement.


Partout la main de ce facteur, obstiné et taiseux comme les paysans du temps jadis, et qui, soudain, se mit à construire un rêve d'Orient avec les moyens du bord.


Il y avait un lion caprin qui surgissait du mur, et qui semblait à la fois enfantin et terrible, avec ses yeux vivants et ses griffes de nacre.


En réalité, c'était un tout un bestiaire pétrifié : pélican, aigle et cerf, ours placide, caïman surnaturel et pieuvre tentaculaire...


On ne sait d'ailleurs pas trop s'il s'agit d'une vraie pieuvre, ou si ce sont juste ses tentacules,qui se promènent toutes seules.
 

La promenade continue : voici quelques écritures – messages plus ou moins codés, comme le reste.
 

Les animaux et les personnages sont légendés d'une main malhabile, comme autant de graffitis.


Les sentences pompeuses recèlent des sagesses secrètes.


Nous découvrons que les murs sont des livres amalgamés et méconnaissables, des livres gris aux reliures de chaux et de ciment, des livres enchaînés à leurs étagères, des livres serrés, fondus les uns dans les autres en de grotesques bourrelets un peu ivres, qui ne savent plus où donner de la tête.


Les enfants dévalent les escaliers de ce palais inhabitable, et l'imagination s'emballe.


Tout ce que nous avons toujours souhaité est là, entre ces murs magiques : des défenses de sangliers et des griffes de tigre du Bengale, une table des quatre saisons vaste comme un autel, six peaux de couleuvres vivantes, des nids de guêpes sauvages, des prismes de verre, une ruche grandeur nature, des hérissons en feutrine douce, un petit merluchon qui pleure à petits cris, des bonnes fées dans tous les coins, des cocons de chenilles momifiés classés par catégories, des feuilles de toutes les essences, des armes antiques qui n'ont pas été encore inventées, des bâtons à racines, des tiroirs à malice, des fumées d'encens, des mandragores, des bouquets de plumes de paon, un astrolabe, des bottes de pluie, quelques super-héros, des sacs-à-main, des tire-bouchons, des fourmilières, de l'encre de toute les couleurs, des ciseaux géants, une médaille d'or, le portrait d'Harry Potter, quelques ordinateurs, un nid de souris martiennes, le crâne de Gandhi, des vitraux de toutes tailles, des liqueurs veloutées, des porcelaine de Chine, la dernière édition de l'Encyclopédie universelle, des dizaines de boites de peinture, les globes de tous les mondes connus et inconnus, des milliards de fossiles, un chaudron de sorcière, et la plus longue phrase de ce blog. 😉


Et bien que nous ayons sans doute rêvé cette dernière partie, nous sommes tous tombés d'accord : le palais du facteur ferait un atelier idéal…


Tellement Reggio, n'est-il pas ? 😉

mardi 19 avril 2016

Notre non-élevage d'escargots


Vous y aurez droit chaque année, et même plusieurs fois dans la saison, car les escargots de notre jardin sont pour nous une source d'émerveillement véritable.


Ce qu'il y a de bien, avec les escargots, c'est que nous ne sommes pas obligé de les "élever".

Réveil

Ou plutôt : notre haie est notre élevage.

"Il sort sa tête !"

Un élevage dans la Nature : impossible d'être plus respectueux de la vie animale. Et adieu les corvées de nettoyage du vivarium. 😄


L'observation quotidienne est plus intense quand elle est précédée d'une recherche. La chasse aux escargots est la plus merveilleuse des chasses au trésor !


On s'attache au petit individu qu'on vient de débusquer, on guette ses réactions, on lui prête un caractère.

A la loupe !

J'avais remarqué, les années précédentes, que les individus que nous conservions quelques jours dans une boite avaient tendance à être oubliés au bout de quelques heures...


A l'inverse, les animaux de la Nature provoquent de longues passions - et à peine relâchés, les enfants en cherchent d'autres à chouchouter... A vrai dire, ils passent en ce moment leurs journées à jouer avec leurs escargots !


La grande nouveauté cette année, c'est l'usage du guide naturaliste : Antonin sait à présent chercher dans l'index les animaux qui l’intéressent, et il y passe de longs moments.


Grâce à lui, nous avons appris que nos escargots étaient des cepea nemoralis, qui ne se distinguent de leurs cousins cepea hortensis que par la couleur sombre du bourrelet de leur manteau. C'est une espèce qui aime les endroits ensoleillés, contrairement à sa presque-jumelle, qui recherche les espaces ombragés.

Marquage

Nous comptons les rubans spiralés sur les coquilles, quand il y en a : jamais plus de cinq (et souvent juste cinq, d'ailleurs), le saviez-vous ?


Nous pouvons aussi affirmer que nos bestioles aiment manger du laurier ! On retrouve des trous aux formes caractéristique sur les feuilles... même si les escargots des haies, pourtant peu timides, ne nous font pas l'honneur de prendre leurs repas sous nos yeux... Si vous avez la chance d'avoir de gros Bourgognes, comme moi dans mon enfance, je me souviens qu'ils sont beaucoup moins pudiques sur ce point, et que leur grosse bouche est facilement observable...


Chaque espèce a ses particularité, d'ailleurs, qu'il est intéressant d'observer. Par exemple, le Petit Gris est d'humeur revêche, et "bulle" abondamment quand on le cueille... Le pauvre doit craindre de passer à la casserole !


L'année dernière, j'ai presque pu observer un cycle de reproduction complet à l'état naturel. Avec un peu d'attention, on peut surprendre les escargots en train de s'accoupler, puis de pondre au pied des arbustes.

Relâche

Il suffit alors de guetter l'éclosion des bébés transparents trois semaines plus tard... Le tout sans captivité, c'est possible ! Et encore plus palpitant, je trouve... Cette année, je vais être encore plus rigoureuse et attentive, et je vous en reparlerai !

A bientôt peut-être, petite bête !  😊

D'autres articles sur nos gastéropodes préférés : ICI ou LA.
Il y en aura d'autres !  😉

lundi 18 avril 2016

Lire les déterminants

 

Il y a quelques mois, je fournissais à Antonin une enveloppe de "mots outils", vous souvenez-vous ?

Seulement, voilà : si le Damoiseau aime toujours beaucoup ces étiquettes, il n'apprend pas les mots en les "photographiant" visuellement ; il a un rapport très analytique aux choses. Pour l'anecdote, les fameux exercices de "pré-lecture" proposés à l'école, typiques de la maternelle, dans lesquels on demande à l'enfant de reconnaitre un mot dans une série, l'ont longtemps mis en échec... Un jour, je lui ai glissé que face à ce type d'exercice, s'il n'arrivait pas à "reconnaitre", il pouvait LIRE, tout simplement ! 😄 Depuis, il les exécute les doigts dans le nez ! 😄

Bref, j'ai ressenti dernièrement son besoin de faire un petit point sur certains mots archi-courants, les déterminants : le "un" était parfois confondu avec le "une". De plus, je voulais m'appuyer sur le fait qu'Antonin sache reconnaitre le "les" sans hésitation pour ancrer du même coup tous les déterminants ayant la même structure orthographo-phonique (oui, j'invente des mots, et alors ? 😄) : des, ses, mes, tes.

Au boulot ! Voilà donc la petite séquence qu'il a réalisé hier :

1. Tri d'objets selon le genre et le nombre


On part du concret : Antonin trie quelques objets récoltés dans la maison sous les étiquettes correspondantes. Ce genre d'exercice se passe de consigne, et il adore ! C'est l'occasion de lire, sans en avoir l'air, ces fameux "un", "une" et "des" en situation. et de vérifier que l'enfant connait la nature des mots - de plus, pour "jumelles" et "ciseaux", le pluriel s'impose.


L'exercice ne pose aucun problème au Damoiseau, comme je m'y attendais. Il ne s'agit pas de mettre l'enfant en difficulté, mais de lui permettre de manipuler ce qu'il connait déjà afin d'approfondir et de construire des liens entre ses savoirs.

2. Pêche aux mots


Voilà un exercice que j'adore et qui permet de mettre le jeune lecteur dans une situation authentique : après avoir étudié un son ou un mot, on recherche ses occurrences dans un album. Ici, nous nous apercevons vite que le "des" a de nombreux cousins : "les", "mes", "ses"...

3. Exercices d'application : entourer...


On termine par quelques "exercices" rapidement improvisés sur l'ardoise magique : ici Antonin doit entourer tous les "un", par exemple.

... ou lire.


Ou bien : voici une série de mots à lire. Je m'appuie sur le connu ("les" et "des" sont maitrisés) pour aller vers le moins familier ("ses", "tes", "mes"). Je donne toujours des exemples à l'oral ("Ses : comme ses chaussures à lui, les chaussures de Papa.") : c'est essentiel pour que l'enfant lie l'orthographe du mot à sa signification - en fait, à sa nature grammaticale, même si nous ne faisons pas encore d'analyse logique modélisée.

Un autre jeu de lecture consiste à lire très vite un mot que j'écris (en me cachant théâtralement) sur l'ardoise : un, une, des, son, mes, le... Succès garanti ! 😊

Antonin a voulu clôturer la séance par la lecture de quelques lignes dans son livre de lecture. Ce n'était pas prémédité, mais c'est idéal pour ancrer tout cela dans un contexte de phrases.

Le tout prend à peu près 15 minutes. Il est plus long d'écrire le présent article que de monter et exécuter cette modeste (mais efficace !) activité ! 😄

Je profite de ce petit article du matin pour souhaiter une bonne journée à tout les travailleurs, petits et grands, qui ont fait leur rentrée aujourd'hui... et aussi à tous les veinards qui sont encore en vacances !

Bon lundi à tous ! 😊

dimanche 17 avril 2016

Semaine symphonie : 15/16

Introduction (cadenza)

La maison n'a pas désempli de toute la semaine - j'adore recevoir ou voyager la première semaine des vacances et me "poser" la seconde, j'ai l'impression que les vacances durent plus longtemps ainsi !

Voici la symphonie de notre semaine - en sept parties à l'instar des sept jours de la semaine, n'en déplaise à l'école viennoise... 😉

1er mouvement : le palais idéal du facteur Cheval (sentito)


Si vous passez dans la Drôme, ne ratez pas ce chef d’œuvre de l'architecture naïve, curieusement assez méconnu malgré son influence directe sur des "grands" tels que Friedensreich Hundertwasser ou Niki de Saint Phalle... Monument d'obstination, témoignant dans chacun de ses plis pierreux de l'humilité mêlée d'orgueil de l'artiste du terroir, ce palais est un rêve à ciel ouvert...

Et une fois de plus, je suis impressionnée par la concentration et l'intérêt de mes enfants face à l'Art. Après avoir tout exploré au pas de course, tout observé avec minutie, tout décrit avec enthousiasme, tout questionné, tout écouté lors de la visite au musée, ils témoignent dans leurs remarques de leur compréhension profonde de l’œuvre. Ainsi, Antonin, alors que nous quittons les lieux :

"Moi aussi, maintenant, j'ai envie de rêver à tout ça !"
😊

2e mouvement : Tourte printanière (delicato)


Dans la catégorie des recettes "épate belle-mère" 😉, voici une simple tourte aux fruits rouges : la croûte du dessus est remplacée par des motifs printaniers découpés à l'emporte-pièce... par les enfants bien sûr ! Le petit effet est garanti auprès des convives, et c'est une jolie activité de vie pratique pour les petits...

3e mouvement : Le nez au sol (et les doigts sales) (ad libitum)

Louiselle en ville...

Quand Louiselle ne s'occupe pas de ses animaux en peluche, elle se passionne pour les petites bêtes de la Nature. Les insectes la fascinent littéralement - et parmi eux, les gendarmes, peut-être parce que les petits pyrrhocores, très abondants par ici, se laissent attraper assez mollement. Malgré les soins pressants qu'elle leur prodigue (et, il faut bien l'admettre, sans doute bien souvent à cause d'eux...), les bestioles ont une certaine tendance à passer de vie à trépas. Qu'à cela ne tienne, la Damoiselle promène tendrement leurs petits cadavres, en les brandissant sous le nez des passants :

"Tu as vu mon gendarme mort ??"
:-/

... et Louiselle à la campagne.

4e mouvement : Escapade lyonnaise (a due)


Cette semaine, mon homme et moi avons profité de pouvoir faire garder les enfants pour nous offrir une escapade en amoureux - pas loin, pas longtemps, mais suffisamment pour être dépaysés. Je suis si peu habituée à vivre quelques minutes sans enfant que la moindre coupure a un effet littéralement grisant. Mais cela ne dure guère, et après m'avoir distraite quelques heures, la vacuité de la grande ville m’oppresse. Son message omniprésent et hypocrite ("Amusez-vous, ne vous souciez de rien, tout est sous contrôle !") parvient à m'angoisser assez vite... et je suis bien contente de retrouver ma campagne.

Et mes enfants. 😉

5e mouvement : Eckolo, de Remember (coloratura)


Dénichés au LaM de Villeneuve d'Ascq (Lillois, ne ratez pas l'expo Modigliani !!), voici deux jeux d'art qui ont été offerts aux enfants par notre famille nordiste.

Le premier, offert officiellement à Antonin, lui a rappelé ses Triominos chéris. Le jeu peut se jouer en équipe de manière similaire, mais nous le préférons comme exercice de patience : penchés sur les pièces, nous essayons de construire la plus grande mosaïque possible en suivant l'inspiration du moment...

Un gros coup de cœur !


6e mouvement : Formes, chez Mango Jeunesse (con espressione)

En manteau dans la maison, et alors ? 😉

Le deuxième cadeau, destiné plus spécifiquement à Louiselle mais qui plait également beaucoup à son frère, est signé Virginia Arraga de Malherbe et se veut une invitation à créer en 3D. J'aime décidément beaucoup cette  manière de faire de la géométrie concrète en liant art et mathématiques. Les pièces sont hélas un peu fragiles et je ne sais combien de temps les vaisseaux spatiaux alambiqués qu'elles permettent orneront notre salon... En attendant, c'est un vrai succès - et un sans faute pour Tante Isabelle, merci à elle ! 😊

7e mouvement : Dessins (a piacere)


Un soleil souriant, des fleurs posées au même niveau, dotées d'un cœur circulaire, de pétales réguliers et de feuilles en quinconce ? Une herbe drue en bas, et une pluie, non moins drue, en haut de la feuille ? Un arc-en-ciel digne de Grimms - et doté des "bonnes" couleurs, s'il-vous plait ?

Pas de doute. Le Damoiseau, pourtant amoureux farouche de représentations abstraites, entre dans le schématisme. M'en voilà toute chose.

Quant aux travaux de la Damoiselle, ils sont à couper le souffle, en ce moment !

Le travail sérieux et serré de graphie ("pré-écriture") se mêle à un vrai souci de symétrie et d'occupation de l'espace. Ajoutez à cela que les dessins de Louiselle racontent toujours une histoire et qu'elle a toujours beaucoup à en dire ("pré-symbolisme") : ici par exemple, il est question d'une tempête sur tablette, qui déborde de l'écran à un certain moment. Et de deux soleils qui sont amoureux l'un de l'autre. Oh, my. Je suis fan. 😊



Bonne semaine chez vous ! 😊