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vendredi 22 juillet 2016

Ecrire sur la bienveillance ?

"Les enfants, vous voulez que je vous raconte mon histoire de quand j'étais petite ?
- OUIIIII !"

Attention, ce n'est pas UNE histoire "de quand j'étais petite" : ce n'est pas une de ces anecdotes qui me reviennent parfois et dont le récit fascinent mes enfants.

Non. C'est MON histoire. Telle qu'on pourrait la résumer en quelques mots - qu'Antonin et Louiselle connaissent d'ailleurs par cœur. Je commence :

"Alors, quand j'étais petite, j'étais très très sage. Tout le monde disait : "Oh, quelle gentille petite fille, qu'est-ce qu'elle est sage !". Les gens me tapotaient la tête en me disant : "C'est très bien d'être sage, continue comme cela."

J'étais fière puisque tout le monde trouvait ça bien : je ne pleurais pas souvent, je disais "Oui, oui" à tout ce qu'on me proposait. Quand même, des fois, j'avais une émotion ou deux qui essayaient de sortir. Alors, les adultes disaient : "Oh, mais tu fais un caprice !! C'est très mal, les caprices, c'est une horreur. Une petite fille sage comme toi, quel dommage !"

Alors, pour que être sûre que les gens m'aiment toujours, je devenais de plus en plus sage.

Le problème, c'est que quand les émotions ne sortent pas, elles s'entassent à l'intérieur. On en a de plus en plus, là et là, partout : de la colère, de la tristesse, et ça gonfle, ça gonfle...".

A ce stade du récit, je mime quelqu'un qui enfle : mes joues se bombent, mes mains miment une aura malsaine autour de mon corps qui grossit, grossit...

"Et PAF !, s'exclame Louiselle. On éclate !"

"Oui, on éclate. A l'adolescence, j'ai éclaté."

 "Tu as dû beaucoup, beaucoup pleurer, alors", dit Antonin, qui sait de quoi il parle.

"Oh, oui, et j'ai beaucoup, beaucoup crié aussi. J'ai essayé de faire sortir. Personne n'y comprenait rien. Les gens disaient : "Où est passée la petite fille si sage ?"

Le problème, c'est que je me suis aperçue à ce moment-là que je ne sentais plus grand chose. Ma tristesse et ma colère était en moi depuis trop longtemps. J'avais appris à ne pas les sentir, et du coup, je ne savais plus sentir les autres émotions non plus, celles qui font du bien : la joie ou l'amour, par exemple.

Mais aujourd'hui, je m'occupe de mes émotions. J'ai fini par comprendre que  toute cette colère et toute cette tristesse venaient surtout de ce que mon père m'avait abandonnée. Ça, je le sais, mais je n'ai pas encore réussi à sortir tout le mal que ça me fait à l'intérieur. C'est de mieux en mieux mais il reste toujours, dans les petits coins, de vieilles émotions qui ne veulent pas sortir...

Souvent, elles ressortent à des moments très bêtes : quand je dois faire du ménage et que je n'ai pas envie, par exemple. Alors, à ce moment-là, vous vous mettez à courir en criant, et je me fâche très fort. En réalité, ce n'est pas parce que vous courrez que je me fâche. Ce n'est pas non plus à cause du travail que j'ai à faire. C'est juste une vielle émotion qui essaie de sortir... et qui n'y arrive pas comme il faut !

En tous cas, ces émotions-là, ce sont les miennes, pas les vôtres. Je m'en occupe. C'est du travail, ça va me prendre du temps, mais je m'en occupe. 
Vous, vous avez vos émotions à vous. Vous vous en occupez. Et je trouve, moi, que c'est très important de les faire sortir, tous les jours, pour ne pas qu'elles s'entassent."

***


On me reproche souvent par ici de ne pas écrire sur l'éducation bienveillante. Cela m'interroge autant que cela m'amuse, car pour moi, j'ai l'impression de ne faire que cela ! 😄

Qu'est-ce qu'écrire sur la bienveillance ? 

Écrire sur la bienveillance, ce n'est pas... peaufiner de beaux tableaux bien lisibles, bourrés de conseils décontextualisés, qui feront un tabac sur Pinterest, du genre : "10 encouragements à prodiguer à mon enfant" ou "15 idées pour se reconnecter après l'école" ? Je suis comme tout le monde, j'adore ce type d'articles, mais sérieusement, vous me voyez dire à mon fils :

"Attends, attends, tu vas te mettre en colère, laisse-moi retrouver la liste des "10 réactions à avoir face aux colères de votre enfant", et ne commence pas sans moi !" ? 😄

Écrire sur la bienveillance, ce n'est pas... s'ébahir de ce que les parents "non initiés" font de travers. Mais pourquoi croyez-vous que ma voisine n'est pas bienveillante ? Parce qu'elle a envie de faire du mal à ses enfants, de les élever de la pire manière qui soit ? Tenez, c'est cela, lorsqu'elle est tombé enceinte, elle s'est dit : "Cet enfant, je vais le frapper et l'humilier, je vais m'amuser comme une folle...". Allons. L'unique barrage à la bienveillance, nous le connaissons tous, c'est nous-mêmes. Cette femme a été battue, insultée dans son enfance, et le spectacle de son propre enfant, qu'elle aime pourtant plus que tout au monde, lui est en réalité insupportable. Son fils la renvoie à ses propres besoins d'enfants qui n'ont jamais été pris en compte, à sa vulnérabilité, dont son entourage adulte a abusé... Et que fait-elle ? Elle fait ce qu'on lui a fait pour ne plus voir ce qui la fait tellement souffrir, car en réalité elle est littéralement menacée dans son intégrité par cette souffrance. Et elle hurle, et tape. Qui oserait lui lancer la première pierre ! Certainement pas un parent bienveillant, n'est-ce pas ? Car la bienveillance ne s'adresse pas qu'aux enfants, mais aussi aux adultes qu'ils deviennent...

Bon, je ne vois qu'une voie possible : écrire sur la bienveillance, c'est se pencher sur son histoire propre, comprendre ce qui dérape quand on n'est pas le parent qu'on voudrait être, le formuler et se pardonner. 

Écrire sur la bienveillance, c'est écrire sur soi, et voilà sans doute pourquoi je ne sautais pas le pas. 

Bon, en même temps, maintenant c'est fait. 😉

Mais je doute, du coup, que cela réponde à vos attentes... ! 😄

42 commentaires:

  1. bonjour Elsa,
    Je lis depuis un moment ton blog ; j'ai une fille de bientôt deux ans. Je n'avais pas vraiment ressenti le manque de bienveillance dans tes articles et ne suis de toute façon pas très adepte des listes alors...
    Cependant, ce matin, mon café à la main, je peux te dire que je n'avais jamais vu les choses sous cet angle là. Je me dis régulièrement, et surtout en ce moment, que je n'ai pas les réactions adaptées et même que ma fille me renvoie mes propres émotions à la figure. Alors oui, je crois que tu mets le doigt sur quelque chose.
    Si tu écris de nouveau sur ce sujet, je suis preneuse :)

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  2. Merci pour ce bel article matinal ; il m'a permis d'humecter mes yeux asséchés par une nuit trop courte :-). J'essaie moi aussi de m'occuper de mes émotions...quel boulot ! Mais l'enjeu en vaut la peine.
    Je repasserai un peu plus longuement une autre fois. Voilà plusieurs mois que je n'avais pas commenté ici mais je n'ai jamais cessé de te lire !
    Bisous chet toi !

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  3. Bonjour Elsa,
    Que te dire sinon que je pense effectivement que la bienveillance commence vraiment par celle que l'on s'accorde à soi....soigner son égo (au sens de sa sécurité intérieure et non de son égocentrisme) est pour moi la seule voix pour vivre réellement dans la bienveillance avec ses proches (pas que pour ses enfants....). Sinon, on ne fait qu'essayer de plaquer des recettes sur les blessures, les difficultés de la vie et comme pour Montessori, on risque de se dire que tout ca c'est bien joli mais ça ne «marche» que chez les autres....
    Et puis, te dire que je suis particulièrement touchée par cette intimité dévoilée, qui m'interpelle personnellement (elles sont nombreuses les petites filles sages avec papa pas là...)...
    Mon livre du moment : «trois amis en quête de sagesse » est une pépite d'ouverture d'esprit et de joie de vivre simplement, si ça t'intéresse ;)

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  4. Tout est dit!! C'est tellement dur parfois d'être le parent qu'on voudrait être! Et c'est tellement dur aussi de voir son coinjoint faire de son mieux et se casser la figure car rattrapé par ses démons d'enfant!
    Oui, commençons par accueillir avec bienveillance ses émotions mais aussi celles de son conjoint ainsi que de l'aider à relire son histoire pour avancer ensemble dans l'éducation juste de ceux qui nous sont confiés

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  5. Quand on lit les différents articles écrits sur ce blog, on apprend, on réfléchit, on se structure, on rigole, on sourit, on pleure, on se réorganise.

    Aujourd'hui je mets des mots sur un ressenti mal exprimé, je mets des émotions sur un point sensible qu'est la bienveillance, sur la gêne face à cette profusion d'articles, petites phrases écrites, livres.
    Personne en effet ne dira "la bienveillance c'est "nul". Cela ne viendrai à l'idée de personne! Et comme c'est bien, tout le monde semble d'accord sur tout.

    Alors avec cet article je comprends pourquoi je me sens mal à l'aise:

    - ça m'intéresse : ben oui, j'ai tellement envie que toutes mes relations se passe avec bienveillance, écoute mutuelle, patience, etc... Et trouver des astuces, des conseils, ou des anecdotes m'enrichissent et me permettent de m'améliorer
    - ça m'agace: car pour expliquer la bienveillance, il fait souvent parler de comportements dits "inadaptés", et que je me sens jugée. C'est vrai, quand tout va mal, j'ai l'impression d'entendre une critique. Comment! Je ne suis pas parfaite? Comment! Avec mes enfants, je n'arrive pas à me tenir: je cède, je craque?
    - ça m'énerve: de me mettre à juger les autres ("oouuh moi je ne ferais jamais ça! Comment peut-on élever des enfants comme ça?)
    -ça m'interpelle: parce que comme la bienveillance c'est bien, il semblerai qu'il soit difficile d’émettre des réserves sur certaines techniques, réflexions.

    Alors, je prends du recul.
    J'aime en parler, comme dans ce blog de manière détournée. Parce qu'on fond, c'est parfait la bienveillance, et c'est une trame qui devrait être présente dans toutes nos relations.
    Je réfléchi, je me questionne, comment faire mieux? Oui, je ne suis pas parfaite, loin de là! Mais je fais de mon mieux, j'apprends de mes erreurs, même si je les répète plusieurs fois... Et je prends conscience de l'importance des différences entre les individus. Chaque famille est différente, chacune à son histoire, chaque individu à sa propre personnalité et influe sur le comportement des autres (même les enfants). Qu'aurais-je fais moi, à la place de la voisine enceinte qui a été battue? Pareil, mieux, ou moins bien? Je ne sais pas...

    Alors merci pour cet article qui m'aide, qui me permet encore de me questionner!

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    1. Votre réponse fait écho! Très bien formulé

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    2. Je connais des gens qui m'ont déjà dit que "la bienveillance c'est nul" me disant même que j'étais extrémiste de la bienveillance et que nan ça n'allait pas à tous les enfants ou toutes les situations... Mouais

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  6. quelle article ! franchement MERCI cela "éclaire" vraiment ... Quand je pense à toutes ces fois où quand je regarde ma deuxième fille je me vois en elle et me fais mille reproches de ne pas être tjrs la mère que je voudrais être ...
    Bienveillance à l'égard de soi ... c'est la piste à suivre.

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  7. Quand je vois tous les souvenirs d'enfance qui remontent à partir d'un petit rien (un cartable, une chanson...) depuis que je suis maman, je me dis qu'effectivement tout ca est tellement bien enfoui que les émotions doivent bien être cachées aussi quelque part. Et je me dis que j'ai la chance d'avoir une mère telle que la mienne mais pour autant comment aller plus loin, donner à ma fille ce qui m'a manqué, lui donner confiance, écouter ses émotions, est ce mon objectif d'éducation ou une façon de réparer ce que moi je n'arrive pas à mettre en place pour moi même... Merci pour cet article et tous les autres

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  8. J'ai juste envie de dire waou
    Ce que tu écris j'aurais pu l'écrire aussi, d'ailleurs je vais sûrement l'écrire pour de vrai, pour l'extérioriser. Ce n'est pas la même histoire, forcément, la tienne est tienne, la mienne est mienne et en plus, je n'ai pas explosé à l'adolescence, je n'ai jamais explosé je crois.
    Ce qui m'effraie, c'est de voir que ma fille est sage... Bon, pas toujours, elle a des crises et je gère (pas toujours comme je voudrais non plus)


    Rien à voir, mais à 2 ans, 2 mois et quelques jours, elle est propre de jour :) Comme Louiselle avant elle, cela c'est fait en quelques jours. 2 fois en 2 semaines elle a demandé une culotte pour aller à la crèche. Puis le 14 juillet, à la maison, elle a été en culotte toute la journée sans accident. Depuis lundi, elle va à la crèche en culotte et sauf ce matin où elle n'a pas eu le temps de dire, il n'y a pas eu de soucis :) (penser à prendre des culottes de rechange pour la crèche à partir de lundi)
    Elle grandit (trop vite parfois).

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    1. Bravo à ta puce !!! :-)

      (Note que mes enfants aussi sont très sages, eux aussi, contrairement à ce que je laisse paraître sur ce blog en insistant sur mes difficultés. Mais ils ne sont pas sages comme je l'étais. Il me semble que c'est une sagesse saine, ils ont un espace pour se lâcher, et il en usent tous les deux... Donc, OK, non ? Tu as ce sentiment pour ta fille ou pas ?)

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  9. Cette malice dans les yeux de Louiselle...

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    1. :-)
      Bien reçu ton message, Anne-Cécile ! ;-)

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  10. Je me retrouve dans tes propos, Elsa. Des deux côtés. A savoir: l'abandon du père (pour de vrai, quand j'avais 5 ans, il a officiellement abandonné ses droits parentaux). S'en est suivi un parcours très chaotique (belle-mère maltraitante, mère toxique, etc.). J'étais une petite fille modèle, jamais de vague. Puis j'ai explosé et implosé à l'adolescence. On m'a jugée, on m'a taxée d'être devenue caractérielle, d'être un poison. La légende familiale s'est construite: "dire qu'elle n'avait jamais posé de pb, mais bon sang quel foutu caractère maintenant". J'étais tellement en vrac que mon corps a parlé à ma place: j'ai déclenché un cancer. 1 an de traitement à l'hosto, la totale. A partir de là, je suis devenue une autre. Dépression, amertume, colère. La colère, surtout. Et à 38 ans, aujourd'hui, il me reste des miettes de colère enfouies dans tous les coins. D'autant plus difficiles à nettoyer que notre unique enfant est venu au monde malade. La colère, toujours. Et puis, j'ai découvert "la parentalité bienveillante" en devenant maman, et là j'ai déconstruit tout mon parcours pour reconstruire à neuf avec mon fils. Tous les jours, je me bats pour purger mes émotions. Tous les jours, je me bats contre moi-même pour enrayer la violence qui m'habite. Et je fais un travail formidable. Je suis fière de la maman que je suis. Mais je ne suis pas parfaite, et j'essaie de l'accepter. C'est dur. Et puis aussi,la difficulté est grande quand on a une telle prise de conscience, et que l'on voit par ex son propre conjoint avoir du mal à suivre. Et là, je suis intolérante. Intransigeante. Je juge. Parce que ne pas suivre ce chemin de bienveillance m'est insupportable. Quand on a vécu la violence dans sa chair, et que l'on n'a pas eu le respect que l'on méritait en tant qu'enfant, il est juste impossible de ne pas s'efforcer jour après jour de les offrir à son enfant. Ou de ne pas juger les parents au parc par ex, qui tire leurs enfants par le bras, les rabaissent sous couvert d'humour ou les menacent carrément du coin ou d'une bonne claque. Comme Myriam Dalstein le dit dans son commentaire plus haut, mon époux lui aussi me traite "d'extrémiste de la bienveillance", mais je ne vois pas comment faire autrement. Mon fils est plein de vie, joyeux, à l'aise dans son corps et dans sa tête, je suis tellement fière du chemin que j'ai emprunté, malgré la difficulté et les doutes, souvent. Alors, je continue de lire les blogs, et quand je lis un billet comme le tien qui me remet les idées en place, me rappelle à un peu plus d'humilité et de bienveillance pas seulement envers mon enfant mais envers les adultes qui m'entourent et envers moi-même aussi, je suis reconnaissante.
    Merci, Elsa. :D

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    1. Bonjour Emilie,
      Votre témoignage est très touchant. Êtes-vous attirée par la méditation ? Il me semble qu'une pratique régulière et/ou une retraite pourrait vous apporter beaucoup. Tout d'abord pour arrêter de lutter contre vous-même, vos émotions, et commencer à les accepter, sans les juger, sans vous juger. Les émotions ne se "purgent" pas, elles se ressentent...et disparaissent aussitôt. Tant qu'on lutte pour ne pas les ressentir, elles restent.
      La méditation, c'est aussi apprendre à décoller toutes les étiquettes ("colère ", "peur", etc), que nous collons sur nos états d'âme et revenir aux sensations. En ce sens, elle est très différente de ce qu'on englobe dans "bienveillance". Les bénéfices peuvent être énormes. Avec la méditation, on observe ses propres fonctionnements internes. Observer soi-même ses propres dysfonctionnements est radical et les changements coulent de source :-)
      Bon courage

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    2. Bonjour "Anonyme" :)
      Oui, la méditation, j'y ai pensé... Mais pour l'instant, je l'envisage encore comme qqch qui va me demander de l'énergie (alors que je sais que c'est précisément l'inverse, la méditation en donne!). Il faudrait que je décide de prendre du temps pour en faire un peu.... Merci infiniment pour votre message :) (pardon Elsa de "polluer" tes commentaires!! ^^ )

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    3. Merci à toi, Emilie ! Ton témoignage m'a littéralement bouleversée, je dois dire !! :-O
      Bon courage à toi, et bonne chace pour débusquer ces fichues "miettes" dans les coins... Moi, je ne m'en sors pas ! :-D

      (Il n'y a aucune pollution possible sur les commentaires ce blog, you're welcome ! Où tu veux quand tu veux, et à propos de ce que tu veux !)
      :-)

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    4. * Je voulais dire "Bonne chance" mais j'ai écris "bonne... chasse ?" :-D
      Lapsus révélateur... :-D *

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  11. Je ne prends plus beaucoup le temps de lire mes blogs préférés en ce moment mais je suis contente d'être arrivée jusqu'ici. Dire les choses telles qu'elles sont à nos enfants leur fait prendre conscience que nous sommes, comme eux, des êtres d'émotions, et que celles-ci nous jouent souvent des tours. Pour ma part, j'ai du mal à expliquer mon histoire à ma fille et ce que j'ai pu éprouver petite car je crains que tout cela ne ressorte aux oreilles des concernés... j'attends donc qu'elle soit plus grande et apte à taire mes propos.

    Je te souhaite de trouver un bon moyen de "t'occuper" de tes émotions.

    Maé

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  12. Bonjour et d'abord merci de nous faire partager vos aventures que je suis avec plaisir (même si c'est la première fois que j'écris!). Votre ton et vos photos laissent transparaître beaucoup d'amour, de joie de vivre et une vraie générosité dans votre foyer. C'est un réel encouragement dans ma (notre avec mon conjoint) démarche pour offrir patience, autonomie, bienveillance et créativité à notre fils de 18 mois. Une vraie source d'inspiration! :)
    Un grand merci pour cet article qui m'a beaucoup touchée. J'adore la manière dont vous expliquez avec des mots simples la gestion des émotions à vos enfants et votre cheminement. Je pense m'en inspirer le jour ou mon Loulou sera réceptif à de plus longues histoires.
    Encore merci.
    Juliette

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    1. Un grand merci, Juliette, pour ce commentaire qui m'a beaucoup touchée !
      Et oui, se raconter à ses enfants est essentiel, mais ce n'est pas toujours facile... Il faut trouver les mots... Mettre des mots sur son histoire... Et parfois même en inventer, parce qu'on se retrouve un peu démuni(e) devant l'ampleur de ce passé...
      J'étais incapable de verbaliser tout cela il y a quelques mois encore... Alors, je suis plutôt fière aujourd'hui et je peux témoigner du fait que : C'EST BON de se raconter à ses enfants ! (pour eux comme pour nous !)

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  13. Quand on devient parent, quand nos enfants grandissent, questionnent, s'expriment, notre histoire d'enfant remonte à la surface et j'ai l'impression qu'il faut alors accompagner un nouvel enfant : celui qui nous étions pour l'aider à guérir ses (nos) blessures d'enfant...
    Je n'ai jamais eu autant l'impression de découvrir des choses sur moi, d'évoluer, de prendre conscience de qui j'étais que depuis que j'ai des enfants.
    Petite je n'exprimais pas trop mes émotions, j'étais sage et une grande soeur responsable de son petit frère que j'essayais de protéger car bien que je n'ai que 15 mois de plus que lui, je reconnais maintenant que j'ai toujours eu l'impression que ma mère me demandait de veiller sur lui qui semblait plus fragile.
    Depuis j'accompagne, j'aide, je rends service aux autres dès qu'ils en ont besoin, je me réfugie dans cette tache pour ne pas exprimer ce que je ressens...
    Mais j'ai eu des enfants qui m'ont fait me poser des questions sur moi en tant que Maman et sur moi tout simplement. Et j'ai cherché des réponse, j'ai évolué, j'ai "veillis", je me suis rendue compte, et maintenant je commence à penser à moi, à m'exprimer avant de répondre aux besoins des autres et je suis fière de prendre soin de moi et de l'enfant que j'étais !!!

    Bon voyage sur le chemin de ton histoire, malgré les embuches, les erreurs de direction, les impasses, je te souhaite de belles rencontres et de belles découvertes !!!

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    1. <3
      Merci Cibou ! :-)
      Je t'en souhaite à toi aussi ! ;-)

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  14. Quelle grande justesse, qu'est-ce que tu expliques bien!
    Un de mes questionnements de ces dernières semaines m'a amené à faire le distingo entre pédagogie et relation, avec nos enfants.
    C'est en cela que ton article me parle ce soir.
    Merci!

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    1. Très bon distingo, tiens, j'y pense aussi pas mal ces jours-ci... :-)
      Merci pour cette remarque !

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  15. Merci, c'est très beau ce que vous dites, ce sont de belles vérités.

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  16. Chère Elsa, il y a de la bienveillante dans TOUS les articles de ce blog (et du précédent). Absolument tous.
    Dans toutes les activités, dans toutes les recettes, dans tous les articles pédagogiques, dans tes réponses aux commentaires...
    Et je suis en totale admiration ! :)

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    1. Je suis d'accord avec Oops

      Et bien, tu fais tomber les masques en ce moment, le visage dé voile en photo et le reste aussi.
      Toi aussi tu perces ta chrysalide ? ;-)

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    2. Oops : RAVIE d'avoir un mot de toi par ici. Oui, parce que des fois, avec les évènements récents, on psychote, même quand on n'a pas la télé... :-D J'espérais juste que tu n'aies pas eu l'idée d'aller passer notre fête nationale dans une certaine grande ville de tes environs avec ta petite famille. Ouf. :-)

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    3. Hëlëne : Ah, ah, peut-être... La crise de la 3*aine, sans doute ? ;-)

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  17. Voilà un petit texte qui m'a fait à moi beaucoup de bien et qui a touché des zones en moi que je n'ose pas visiter souvent, parce que ce n'est pas toujours facile de porter un regard bienveillant sur soi et sur son histoire...

    Merci.

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    1. De rien, Marie. Je suis moi aussi, assez loin de porter un regard bienveillant sur moi et sur mon histoire, mais tu vois, on chemine... ;-)

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  18. Je fais partie de ces mamans qui n'ont pas eu une enfance facile. Non pas que mes parents aient été des bourreaux ou que j'ai été battue à coups de ceinturons, ni même que je puisse dire que je n'ai pas été aimée.
    Mon père a eu quelques aventures, dont certaines que j'ai vues et je suis persuadée que ma mère le savait mais se taisait. Mon père est l'amour de sa vie. Comme je suis une fille, elle ne me passait rien, je devais être irréprochable (la barre n'a jamais été mise aussi haute pour mon frère)! Bien travailler, ne pas faire de vagues, ne pas m'intéresser aux garçons et puis surtout, j'étais une rivale, elle savait que mon père m'aimerait toujours... Alors quelquefois, j'ai pris des claques, voir même un ou deux tirages de cheveux. Avec le recul je sais que ce n'est pas à moi qu'elle en voulait... Et mon père? Il fermait les yeux parce qu'elle fermait les yeux sur le reste!
    Et alors aujourd'hui?
    Je sais de quoi a été faite mon enfance, je n'ai malheureusement que peu de "bons" souvenirs avec mes parents. C'est comme ça. Je leur ai pardonné, quelquefois, je leur ai rappelé quelques faits mais comme j'ai fait la paix avec moi, je l'ai faite aussi avec eux. Je sais aussi qu'élever un enfant il y a 40 ans n'a rien à voir avec aujourd'hui... Et puis ils sont de formidables grands parents. De ceux qui ne trouvent aucuns défauts à leurs petits enfants, qui ne s'énervent jamais face à une colère qui les écoutent, vont se balader avec... Ils sont aussi fiers de la maman que je suis.
    Et moi? Je fais de la bienveillance mon cheval de bataille. Comme toi, je lis tous ces principes de bienveillance que je lis sur le net. Je les garde dans un coin de ma tête et remet perpétuellement mes principes éducatifs en cause pour avancer vers la bienveillance. Alors bien sur, il y a des moments où c'est moins évident mais mes filles et mon amoureux savent aussi m'en parler. On avance tous ensemble dans le respect de chacun.
    J'ai juste envie de conclure en disant que rien n'est écrit d'avance, l'enfance ne décide pas de tout, on peut travailler sur soit, trouver des clés, lire des principes ;-) , se documenter et ne pas faire du passé une fatalité. Et même si la route peut paraitre sinueuse elle est aussi celle de la paix

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  19. Très bon article !Je suis de celles qui préfèrent les partages authentiques et les réflexions de fond aux listes. J'adore ton blog et je trouve que ça fait 5 ans que tu parles de bienveillance :) Merci et bravo et surtout continues !!!
    ps : tu veux pas nous faire un article sur le CP ??? ou alors les sauts de classe ? C'est pas terriblement dans ta ligne éditoriale mais je suis très angoissée par le retour de mon ainée dans le système classique avec pas mal d'avance on dirait. (elle lit des vrais livres et nous commente l'histoire, en maths elle lit les nombres jusque 10 000 et sait poser les additions en colonne avec retenue...). Lâcher prise qu'ils disaient... Je retourne méditer sur les émotions non sorties :D

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    1. Bonjour, Alounette !
      Un article sur le CP ? Pourquoi pas ? Peux-tu préciser ta demande ?
      Les enseignants de l'école de ta fille ont-ils évoqué un saut de classe ?
      Sache que cela viendra d'eux (et que c'est un processus assez compliqué, engageant un tas d'acteur, comme le psychologue scolaire), et que dans certaines école la "politique" est de ne pas l'envisager avant le cycle 3... Qu'en est-il dans le cas de ta fille ?
      Comment appréhende-t-elle sa prochaine rentrée ?
      Chez nous, Antonin est tellement transporté que je dois (un tout petit peu ) calmer ses ardeurs. Mouais, c'est le monde à l'envers, hein, mais je sais que la transition peut être mal vécue justement à cause d'une idéalisation de l'enfant (exactement comme en PS)... ;-)

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  20. Merci à toutes pour vos retours sur ce délicat sujet !
    Merci pour toutes ces tranches de vie, je suis extrêmement touchée par toutes les histoires que vous me donnez à voir...
    Nul d'entre nous n'est intact dan son histoire... mais allons, on ne s'en sort pas si mal, n'est-ce pas ? :-D

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  21. Un bouquin super sur l'éducation bienveillante "Le cerveau de votre enfant" de Dan SIEGEL. Il explique très concrètement pourquoi et comment le cerveau d'un enfant s'épanouit dans la bienveillance et l'écoute . Une révélation ce bouquin !

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