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mardi 16 février 2016

Courrier des lecteurs : préparer une activité pour son enfant


Je reçois beaucoup de mails qui vont dans le sens de celui de T., reçu la semaine dernière :

"Je cherche à me documenter au sujet des activités que l'on prépare pour son enfant... Comment m'y prendre  ? Comment présenter l'activité au bon moment ? Comment observer mon enfant vraiment, pour connaitre ses intérêts ? Je suis vraiment en cheminement, mais je trouve ça difficile... J'ai récemment proposé de transvaser des lentilles à mon petit de 20 mois, il en a à peu près tout fait, sauf transvaser... Comment réagir face à cela ? Faut-il que je le laisse faire ? Ou lui expliquer que cette activité n'est pas prévue ainsi ?"

Je suis assez démunie face à ce type de questions complexes, car il m'est impossible d'y répondre - et encore moins par mail !! En même temps, il m'est difficile de les laisser sans réponse tant il est vrai qu'il s'agit, pour moi, de questions absolument fondamentales, auxquelles je m'applique moi-même à répondre depuis le début de mon cheminement...


Voilà, je voulais revenir un peu sur tout cela aujourd'hui, histoire que nous re-réfléchissions ensemble à ces "fondamentaux", et pour vous donner éventuellement les liens vers d'autres articles passés dans lesquels j'ai pu aborder ces questions... Ce blog est en train de devenir une jungle arborescente, j'ai bien conscience qu'il ne doit pas toujours être facile pour vous de retrouver l'info qu'il vous faut quand il vous la faut... ;-)

- "Comment m'y prendre pour préparer et présenter des activités à mon enfant ?"

C'est une vaste question, mais peut-être cet ancien article, écrit lorsque Louiselle avait 20 mois, pourra-t-il apporter des pistes concrètes : "Monter une activité pour son bambin".


Une des questions latentes ici, me semble-t-il, porte sur le choix de l'activité : "Comment faire pour choisir l'activité adéquate ?".

Il y a deux chemins, qui souvent se conjuguent :

- Rebondir sur les centres d'intérêts de son enfant. Oui, mais c'est difficile. Et je tiens à rassurer cette Maman, c'est d'autant plus difficile face à des enfants si petits. Avec le temps les choses s'améliorent, d'une part parce que nous progressons dans notre faculté à observer (voir plus bas), d'autre part parce que l'enfant se met à parler et ne se prive pas de nous renseigner largement sur ses centres d'intérêt.

Néanmoins, il est tout à fait possible de rebondir sur les intérêts d'un bébé. Un point de départ assez idéal peut être les "bêtises" de votre tout-petit. Qu'est-ce qu'il fait qui vous agace ? Étale-t-il son yaourt sur la table ? Tape-t-il dans sa soupe avec sa cuillère ? Aime-t-il faire déborder l'eau de la baignoire pendant son bain ? Mord-il, tape-t-il ? Touche-t-il "à tout" ?

Voilà des centres d'intérêt clairement exprimés !! :-)

Reste à réfléchir à la manière dont vous allez pouvoir lui permettre de réaliser tout cela quiètement, et sans risque ni pour lui, ni pour les autres...


- L'autre chemin, pour choisir une activité, c'est de reprendre une idée glanée sur le Net ou dans un livre d'activités. Il n'y a aucun mal à cela, nous le faisons tous ! ;-)

Le danger ici, consiste à mettre son sixième sens en veilleuse : ce n'est pas parce que cette activité a plu à votre petit voisin qu'elle plaira à votre enfant. Et vous le savez. Vous le sentez. Mais si.


Si vous doutez de votre instinct, voici les questions à se poser pour clarifier ce point :

1. Mon enfant maitrise-t-il les prérequis nécessaire à cette activité ? Le fils de votre voisine aide sa maman à étendre le linge, et vous trouvez ça absolument adorable. Seulement, si votre enfant n'a jamais manipulé de pinces à linge de sa vie, il est possible qu'il se décourage. Avant de lui demander de fixer une pièce de linge à un fil à l'aide d'une pince, laissez-le manipuler librement une poignée de pinces à linge et montrez-lui comment les ouvrir et les fermer.

2. Se complait-il dans ce type d'activité ? La plupart des enfants manifestent un fort intérêt pour les tâches domestiques (si les adultes le font, c'est que cela doit être super !!), mais certains s'en désintéressent royalement. Ne vous offensez pas si, auprès de tels enfants, vos pinces à linge ne rencontrent qu'un désintérêt poli... et dites-vous que cela viendra peut-être plus tard ! ;-)


Mais il y a autre chose, dont on parle assez peu. 

Vous y voilà, ça ne veut pas, votre enfant boude l'activité que le fils de la voisine accomplit avec tant de plaisir... Et ce n'est pas grave, bien sûr, sauf que...

Sauf que cette activité est importante pour vous. Vous la trouvez intelligente, ou poétique, elle vous renvoie à votre propre enfance, soit que vous l'ayez vécue, soit qu'au contraire elle vous ait manqué... Bref, vous ressentez le besoin de la partager avec votre enfant.

La relation pédagogique est constituée de deux êtres qui sont aussi importants l'un que l'autre - et en face de votre enfant, il y a vous, l'éducateur, avec vos besoins réels et vos désirs quant à ce que vous voulez transmettre...

Ne baissez pas les bras ! La question devient : comment faire pour adapter cette idée qui, malgré le refus de mon enfant, me plait et m'inspire en tant que parent ?

Vous trouverez... cela vous prendra quelques jours, ou quelques semaines, mais vous trouverez... et vous remarquerez qu'être animé d'un désir précis ("J'aimerais tant partager CELA avec mon enfant !") vous aidera à affiner vos observations du moment, qui, comme par hasard, vous donneront plein d'indices sur la manière dont vous pouvez tourner les choses... en l'adaptant en VOTRE famille.


Enfin, ne cherchez pas à être "original". Les meilleures activités sont les plus simples, et on peut les faire varier à l'infini. Si votre enfant adore découper, il se peut qu'il y passe des mois et des mois. C'est répétitif, et c'est parfait, c'est ce qui lui convient. Bien sûr, rien ne vous empêche de vous triturer les méninges pour essayer de le faire découper dans des situations variées et sur des matériaux les plus divers possible. Peut-être qu'à force de chercher des variantes adaptées à votre enfant, vous inventerez un jour l'Activité à laquelle personne n'avait encore jamais songé et qui fera un buzz sur la Toile... mais là ne doit pas être votre objectif ! Chercher l'originalité pour l'originalité, c'est se détourner de ce que vous vivez réellement avec votre enfant.


- Comment présenter l'activité à mon enfant ?

Si vous êtes dans une optique montessorienne, je vous renvoie à cet article : "Premières présentations Montessori".


Si vous ne l'êtes pas... ;-)

La pédagogie Reggio diffère principalement de la pédagogie Montessori en ceci : le matériel (et plus largement, l'environnement) est une espèce de "support", de "substrat" à la relation humaine. L'enfant apprend en manipulant du matériel concret dans le cadre d'une interaction. L'apprentissage devient alors un acte social, une collaboration.

Exit les présentations figées et silencieuses, dans ce cas ! ;-)

Seulement voilà : certains adultes interagissent naturellement de manière très efficace, mais pour d'autres c'est plus difficile. Fort heureusement, il existe un certain nombre de techniques à adopter pour progresser.


En amont :

L'activité que vous projetez doit-elle être proposée individuellement, ou est-elle adaptée à un travail à plusieurs (fratries, petit groupe) ? Tranchez cette question et réfléchissez aux manières d'aménager l'activité si vous avez plusieurs enfants d'âges éloignés, par exemple. On peut souvent réunir plusieurs tranches d'âges autour d'un même matériau (par exemple, l'argile) en faisant varier les outils selon les habiletés de chacun (ébauchoirs pour les plus grands, éléments à enfoncer pour les plus petits...).

Réaffirmez vos objectifs. Lorsque vous proposez une activité à votre enfant, ce n'est pas pour faire de lui un artiste ou un génie, mais pour l'aider à affiner sa coordination, laquelle enrichit les connexions cérébrales et prépare un futur adulte à la pensée souple et efficace. L'objectif premier est que votre enfant explore la sensualité de la matière, la profondeur de la couleur, la souplesse du mouvement. Qu'il s'exerce à l'attention - au détail, à la nuance -, qu'il apprenne à travailler avec conscience et soin. Qu'il muscle ses mains, ses doigts et tout son corps. Qu'il s'implique dans un dialogue, éventuellement silencieux, avec les autres humains présents et les matériaux, qu'il s'ouvre à de nouvelles perspectives.


Réunissez tout le matériel nécessaire. Cela suppose souvent de différer une activité pour prendre le temps de la "repasser" mentalement plusieurs fois, et être sûr de ne rien oublier. Prenez le temps. 

Testez vous-même l'activité : elle vous réserve des surprises. Les matériaux ne se comportent jamais comme on l'avait escompté et il vous faudra certainement faire des aménagements pour rendre l'activité réalisable par les petites mains.

Réfléchissez à la manière dont vous pouvez relancer l'activité si l'enfant s'en détourne trop rapidement. Il suffit par exemple de préparer quelques outils qu'on propose un à un à l'enfant, au fur et à mesure que son intérêt pour le précédent retombe.

Pensez enfin à la manière dont l'activité s'achèvera. Avant de commencer une activité, essayez de visualiser de façon claire où vous allez mettre les peintures, les sculptures ou les collages à sécher. Une réserve d'eau propre doit souvent être disponible, ainsi que des petites éponges, des essuie-mains, des chiffons, des cuvettes...  Le plus souvent, l'activité s'arrête simplement quand les enfants montrent des signes de lassitude. Enrôlez-les dans le rangement et le nettoyage. Les tout-petits seront généralement ravis de cette activité motrice après la phase de concentration qu'ils viennent de vivre - je ne dis pas : avec les plus grands, ce peut être plus difficile... 


Déterminez le moment de la journée le plus propice à l'activité en fonction du rythme de votre enfant et de la maisonnée. S'il reste un quart d'heure avant de partie chercher votre ainé à l'école, si la sieste ou le repas se profilent, si votre enfant vit par ailleurs une semaine "chargée" (déménagement, changement de nourrice, maladie...), sachez remettre vos séances à plus tard.

Choisissez un moment où votre enfant est calme. Les moments d'excitation seront consacrés à d'autres activités, plus motrices, peut-être... Généralement, les moments qui précèdent les repas ne sont pas de bons moments, et la plupart des enfants vivent une période d'excitation intense après le goûter. Mais au-delà des généralisations simplistes, essayez de repérer les phases de la journée où votre enfant est ouvert à la découverte, et ceux où il a besoin d'autre chose.

Soustrayez-vous des distractions prévisibles. Si votre voisin joue du marteau depuis le début de l'après-midi, ce sera pour demain... Pensez aussi à éteindre votre téléphone portable ! ;-)

On peut très bien proposer des activités pédagogiques à son enfants tous les jours si on en a la possibilité. J'expliquais dans cet article comment je m'organisais, du temps où j'étais à la maison avec deux bambins : "Est-il possible de proposer des activités à son enfant sans surcharger sa journée ?".

Mais dans la vraie vie, cela est souvent plus chaotique. Parfois, il n'y aura rien durant une semaine entière parce que les conditions ne sont pas réunies. Dites-vous toujours que la qualité de l'expérience prime sur sa fréquence. Et que les mois passant, les choses seront de plus en plus aisées, surtout si votre enfant trouve un plaisir véritable dans ces séances.

L'activité en elle-même ne durera peut-être que quelques minutes. Ce n'est pas grave, ou plutôt : c'est très bien. Songez toujours à quel point quelques minutes de concentration sont épuisantes chez un bébé. Le tout-petit ne trie pas les informations qui lui parviennent par ses sens, il est tout à son activité, qui l'épuise rapidement. Sachez stopper aux premiers signes de fatigue. Et félicitez-vous, car ces quelques minutes auront laissé une empreinte profonde dans ses connexions cérébrales. Chaque instant de travail bien mené accroit chez votre enfant sa capacité à faire des liens, à comprendre, à sentir, à se questionner - à apprendre.


Au moment “M” :

Présentez le matériel à l'enfant. Procédez comme si vous lui présentiez un de vos ami très cher. Votre enthousiasme se diffusera à l'enfant qui y sera très sensible. Formulez votre ressenti – sans palabres, mais avec sincérité et sans “simplifier” votre syntaxe : “Je suis heureux de travailler avec toi aujourd'hui. Je voudrais te montrer quelque chose... Installe-toi confortablement... Voilà : “Peinture”. C'est de la peinture.” Verbalisez les actions de vos enfants et mettez des mots sur leurs ressentis : “Tu sens sous tes mains. Tu sens comme la texture glisse sur le papier. Tu vois comme les couleurs se mélangent.” Si vous présentez à votre enfant un outil nouveau, attirez son attention sur sa qualité, ce sera encore le meilleur moyen de l'amener à en prendre soin. “Pour travailler l'argile aujourd'hui, je voulais te montrer un très bel outil que tous les artistes utilisent.”

Dans l'action, interagissez le plus possible avec votre enfant. Regardez-le dans les yeux, posez votre corps, votre voix. Ne prenez pas une voix haut-perché pour lui parler ; si les perroquets sont, semble-t-il, très sensibles aux notes aigües, ce n'est pas le cas de votre bébé ! Désignez les outils par leurs vrais noms, même techniques. Respirez, faites de la situation un véritable exercice de conscience et de détente. Ouvrez-vous à l'autre, observez intensément et profitez de cet instant unique qui ne reviendra jamais plus. Votre attention à votre enfant doit être totale, mais aussi respectueuse. Essayez de ne pas empiéter sur son espace propre. Ne lui prenez jamais un objet des mains. Asseyez-vous à sa hauteur pendant le travail, travaillez, vous aussi, à ses côtés. Limitez vos déplacements dans la pièce. Et ne lui tournez jamais le dos – c'est encore la mesure de sécurité la plus efficace.


Si vous avez l'impression que votre enfant a des difficultés à se concentrer et que tout ce que vous mettez à sa disposition l'indiffère, dites-vous bien qu'il s'agit d'une impression. Le bébé ne dispose pas de nos codes sociaux pour signifier que quelque chose l'intéresse. Vous pouvez avoir l'impression qu'il ne regarde même pas ce que vous lui montrez, et, au bout de quelques séances, le voir manipuler les outils avec une dextérité optimale ! Prenez patience, et gardez le cap !

Concernant les enfants un peu plus grands - de 3 ans et plus - il peut être bénéfique de les encourager parfois à ralentir, pour les aider à s'immerger dans le geste. Certains enfants se précipitent sur une activité qu'ils délaissent très vite pour se saisir d'une seconde. Si vous constatez que ce comportement dénote un rapport superficiel à l'activité, demandez à l'enfant de s'arrêter et de se recentrer. Regardez ensemble son travail, décrivez-le, et intervenez si nécessaire : “Tu n'a pas touché au rouleau, veux-tu que nous essayons de nous en servir ensemble ? Trempe-le dans la peinture. Tu vois comme ça coule ? Oui, tu fais couler sur la feuille. Ça fait des petits dessins tout fins. Si tu presses, que se passe-t-il ? Et en bougeant ton bras comme cela ? Peut-être peux-tu aussi changer de couleur, tu n'as pas essayé celle-là...” Les enfants-parleurs sont souvent très facilement recentrés dès que l'adulte décrit leur œuvre et les questionne, et cela leur permet d'objectiver leur travail. “Oh, tu as peint plein de petits points ! Comment as-tu fait cela ?”.

Si vous travaillez avec plusieurs enfants, prenez l'habitude, dès leur plus jeune âge, d'attirer leur attention sur le travail des autres au terme de l'activité. Les expérimentations de chacun doivent enrichir le répertoire gestuel de tous. “Pauline a trouvé un nouveau moyen de se servir de cet outil, aujourd'hui. Elle va te montrer comment elle le tient.

Si un enfant détourne un outil d'une façon que vous n'avez pas anticipé (tremper le manche du pinceau dans la peinture par exemple, et l'utiliser pour faire des traces sur le papier), prenez le temps d'observer quelques minutes. Puis verbalisez : “Oh, regarde, tu as tracé une ligne très fine avec le manche du pinceau ! C'est très différent des traces que font les poils du pinceau. Tu vois ?”. Si l'expérimentation n'abîme ni l'outil ni les matériaux, restez-en là. Dans le cas contraire (si l'enfant plonge un délicat pinceau de soie dans l'argile, par exemple), recentrez-le tranquillement sur la manière la plus efficace d'utiliser cet outil : “Ce petit pinceau fonctionne mieux quand on le trempe dans la peinture. Là, il colle à l'argile, et ses poils sont tout sales. Nous allons garder le pinceau pour la peinture, et l'argile pour le modelage.” Pour éviter la frustration, troquez l'outil contre un autre plus approprié. “Tu veux creuser de longs tunnels dans l'argile ? Cherchons un outil qui pourra faire ça aussi bien sans en souffrir”.


- Comment observer mon enfant vraiment, pour connaitre ses intérêts ?

Oups, mais je suis bavarde !! (Je vous avez bien dit que ce n'étais pas le genre de question que je pouvais traiter par mail !!). Je reviens à présent aux interrogations de cette lectrice.

Comment faire pour observer son enfant ? Bon, tous ceux qui ont murmuré "Ben, il faut ouvrir les yeux !" peuvent sortir !! :-D :-D

L'observation est un art difficile. En vérité, l'observation vraie est une pratique spirituelle - en tant que telle, personne ne peut se vanter de la maitriser vraiment.

Observer, c'est s'immerger dans le sujet observé au point d'oublier de juger. De part ma pratique, je peux vous affirmer qu'il m'est plus facile d'observer en tant qu'enseignante qu'en tant que Maman. La mère que je suis transpose certaines choses sur ses enfants - des peurs, des désirs... - et a souvent la vue un peu trouble ! ;-)

Ce n'est pas grave : accrochons-nous. Une observation menée sincèrement, même imparfaite, sera riche d'information et nourrira la relation au-delà de nos attentes.

Observer, c'est aussi savoir attendre, et accepter de ne pas intervenir. Votre enfant essaye de réaliser des versés d'eau et inonde la cuisine ? Observez, et restez impassible. Ne criez pas, ne faites aucune remarque, aucun geste. Il est en train d'apprendre, et il réussira mieux demain - bien mieux si vous n'êtes pas intervenu !!

Honnêtement, c'est très difficile. Un de mes "trucs", pour parvenir à me mettre dans cet état de conscience neutre, est d'imaginer que je suis en train de filmer ce que je vois. Je parviens mieux à mettre de la distance avec l’évènement, à rester impassible et ouverte. Si vous avez d'autres tuyaux de ce type, je prends !!

En observant votre enfant, vous allez prélever des informations objectives : sur son état de santé actuel, sur son degré de concentration, sur sa relation aux autres... et sur ses centres d'intérêt. Entre autres. ;-)


J'ai récemment proposé de transvaser des lentilles à mon petit de 20 mois, il en a à peu près tout fait, sauf transvaser... Comment réagir face à cela ? Faut-il que je le laisse faire ? Ou lui expliquer que cette activité n'est pas prévue ainsi ?

Que les choses soient claires : 20 mois, c'est vraiment trop petit pour transvaser. Surtout si votre enfant n'a jamais eu l'occasion de manipuler des lentilles auparavant. Imaginez-vous sur une planète extraterrestre dont vous ne connaissez pas encore grand chose - vous n'êtes là que depuis 20 mois. On vous présente soudain un matériaux étonnant : sa couleur, son parfum, sa texture vous sont inconnus, mais vous êtes intimement persuadé qu'il s'agit d'un matériau inoffensif, voire sympathique. Monsieur l'extraterrestre vous donne un mode d'emploi compliqué : le substrat doit être distillé, filtré, puis séparé à l'aide d'outils assez complexes. Bon, vous êtes une personne raisonnable. Vous décidez de repartir de zéro et de découvrir vous-même les qualités de cette matière, comme un vrai scientifique que vous êtes : vous y plongez les mains.

Malheur, l'extraterrestre a l'air fâché. Visiblement, il pense que vous êtes un imbécile. ;-)

J'arrête là ma métaphore. Mais de grâce, si vous avez la chance de vivre avec un enfant de 20 mois, proposez-lui des bacs sensoriels. Beaucoup de lentilles dans un grand contenant, sans outil dans un premier temps - de préférence dehors, ou sur une grande bâche. Laissez-le faire son travail de pro sur les propriétés de cet étrange matériau, enrichissez petit à petit votre proposition avec des outils (boites, gobelets, entonnoirs, cuillères...), et plus tard, quand il en aura fait le tour, réfléchissez à la manière dont vous pouvez faire évoluer ses expériences... Hé, pourquoi pas un transvasement ?  ;-)

Pour information, mes enfants de 3 ans et demi et 5 ans n'ont jamais autant aimé les transvasements qu'aujourd'hui... Votre enfant a le temps !! :-)


J'espère de tout cœur avoir aidé...

Tout ajout/ remarque/demande de précision supplémentaire est bienvenu ! :-)

38 commentaires:

  1. Merci pour cet article si complet et très aidant !
    Une précision complémentaire qui m'intéresserait bien : pour des enfants plus âgés que le VingtMois de T., (disons … 2 ans ½, 3 ans, au hasard – quoi, c’est l’âge de mon F. ? Que le hasard fait bien les choses) quelle réaction avoir face à des comportements tels que le renversement du pichet de pois cassés par terre ou le lancer de nouilles sèches à travers la pièce ?
    Jusqu’à présent j’incite à ramasser (ensemble), et je stoppe l’activité si il ne contribue pas au ramassage ou ramasse un truc pour le relancer aussitôt. Mais du coup parfois l’activité versés dure exactement le temps qu’il faut pour sortir le plateau, opérer un premier transvasement, puis verser le contenu par terre…
    Bref. Que faire ?

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    1. Mon loulou aussi... (même âge). Je crois que ça ne l'intéresse pas. Trop facile déjà ? Du coup je ne lui propose d'opérer qu'un seul versé, celui du verre doseur vers un autre verre avec le riz cru ou les pâtes du repas. Il respecte et s'applique beaucoup mieux qu'en c'est 'pour de vrai' (même si ce transvasement est inutile en vrai !). Avec l'eau il s'applique bien mieux, plus de défit peut être ?

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    2. Bonjour Gwen !
      Peut-être remiser les transvasements "structurés" et les re-proposer dans 3 ou 6 mois ?
      Ce qui n'empêche pas les transvasements spontanés ou ceux intégrés dans la vie quotidienne, comme le souligne Lilune ?

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    3. Chez moi aussi, il y a eu une période de propositions variées de transvasement, sans succès... Et de découragement de ma part au bout de quelques pichets cassés.
      Bon.
      Et bien, les transvasements se sont faits pendant longtemps dans le bain, avec des gobelets en plastiques. Point.
      Avec les beaux jours : dehors, toujours avec des gobelets en plastiques.
      Puis, enfin, mes miss m'ont réclamé des "vrais choses pour la dinette des lentilles, maman, siteuplait !". Hop, le retour des pichets en céramique !

      Entre temps, puisqu'elles avaient envie/besoin de jeter, et bien nous avons jeté : des boulettes de papier dans une corbeille, des balles sur des quilles, des ballons de baudruche au plafond, etc.

      NB : Le papa est basketteur, ceci explique peut-être cela ? :P

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  2. mais quels magnifiques motifs !!

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  3. Lorsque je suis allée dans une école Montessori, dans l'espace 2-3 ans, je ne me souviens pas avoir vu de versés de graines, c'est dans l'espace 3-6 ans que je les ai vus.
    Sinon, de mon expérience personnelle, je retiens surtout que les activités que l'on propose ne sont pas toujours la solution. Ma mini de 5 ans passe beaucoup plus de temps sur les activités qu'elle "s'invente". Souvent, elle regarde ce que je viens de lui proposer, essaie et la laisse en plan. D'après mes observations, je ne pense pas que ce soit parce que je me trompe sur ses besoins ou ses capacités. Je crois plutôt qu'elle aime s'emparer de ses apprentissages. Il en est de même à l'école, et quand elle sent qu'elle a besoin de revoir certaines notions, elle me demande de les retravailler avec elles.
    Alors, ce que je fais maintenant, lorsque l'on monte dans notre grenier (salle d'activités et de jeu), je vois avec elle ce qu'elle peut faire. Je ne suis là que pour lui proposer des possibilités différentes à son envie du moment. Et puis, je laisse beaucoup de matériel à sa portée : du basique dans l'espace d'activités (peinture, colle, ciseaux, masking tape... et des éléments plus particulier dans une pièce attenante servant de débarras (carton, grandes feuilles, tableaux blancs achetés trois francs six sous, petites décos de bois, laine, tissu...
    Aujourd'hui, par exemple, elle a observé des coquillages et les a dessiné sur son carnet, mais elle a aussi fait une chenille en papier et un oiseau avec des plumes.
    En tout cas, merci pour ton post (moi aussi je suis bavarde ;-)), je me suis souvent dit que je me trompais mais je restais aussi persuadée que suivre ses besoins était aussi très important. Je vais continuer dans cette voie et continuer aussi à l'écouter

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  4. Super article très professionnel!! Bravo ... une fois encore ;-)
    Voilà qui va faire revivre quelques formes à dessins prenant la poussière dans les maisons!!!

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    1. Oui, le fait de les proposer sur grand format a renouvelé ici l'intérêt des enfants ! ;-)

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  5. Article très pro en effet ! Merci Elsa. Je suis tout à fait d'accord avec le fait que 20 mois pour des versés, c'est beaucoup trop tôt ! C'est génial de vouloir proposer des activités de qualité à nos enfants, mais il me semble qu'on a profil tendance à oublier les choses simples (ici,à 19 mois, ils transvasent les carottes en rondelles dans la casserole et c'est déjà pas mal :)

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  6. Je voulais dire "parfois" et non "profil"

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    1. Ah, les carottes dans la casserole, ça me rappelle ma Louiselle bébé : http://mercimontessori.blogspot.fr/2013/09/les-15-activites-favorites-de-louiselle.html
      Souvenirs, souvenirs... ;-)

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  7. du grand Elsa!!!!!!!!!!merci!!!!!!Sofia

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  8. Je rejoins Karine : les activités montessori sont prévues à partir de 3 ans. 20 mois c'est trop jeune. Patience, patience :-)
    Quand à Regio, c'est une pédagogie anti activité ! J'avais participé à des ateliers pour moins de 3 ans 1/2, ça consiste à laisser les enfants explorer LIBREMENT les jeux mis en présentation. Les parents sont invités à se taire et ne pas interférer. Avec des enfants plus vieux, il y a ce qu'ils appellent des "provocations " (ce qui est dans l'âme, l'opposé d'une activité). Mais en tous cas, certainement pas à 20 mois :-)
    A 20 mois, il y a pour autant beaucoup d'apprentissages fondamentaux : apprendre à bien dormir (s'endormir et se rendormir facilement...), à s'alimenter (manger et boire seul, manger de tout, se tenir à table), se laver, se mouvoir, parler, être continent, jouer etc...

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    1. Reggio-elle ANTI-quoi que ce soit ? ;-)

      (Anti-formation, mais je ne vois que cela : les enseignants avancent en réfléchissant et en se documentant ensemble, pas en recevant le savoir d'une tierce personne… En fait, l'éducateur Reggio applique à soi-même les principes qu'il respecte auprès des enfants ! :-D Bref. )

      Un très bon livre (mais très technique, et pas toujours évident à lire), c'est « Infants & toddlers at work » de Ann Lewin-Benham. Elle y montre l'importance de l'interaction dans les apprentissages, avec moult références scientifiques un peu ardues, mais c'est quand même passionnant. Ça m'a rappelé une vidéo à Reggio Children dans laquelle des bébés manipulaient des objets techniques (ressorts, récipients, outils divers…). Ils étaient très encadrés (il y avait plusieurs adultes dans la salle) mais cette présence était magique. L'adulte, effectivement très effacé lors des moments de concentration intense, n'hésitait pas aussi à se déplacer, à prendre un objet, le présenter à l'enfant, à fournir un mot de vocabulaire ou à relancer par une question. Mais c'est vraiment un art, car à aucun moment ces adultes ne « prenaient de la place » pour autant : leurs interventions étaient légères, on les oubliaient aussitôt car elles n'avaient de sens que pour enrichir l'activité de l'enfant – on ne voyait QUE l'activité de l'enfant, alors qu'il y avait un travail monstre fait autour de lui.

      Car ce que vise la pédagogie Reggio, c'est bien l'activité de l'enfant ! Pour moi, les invitations SONT des activités - oh combien pensées en amont, d'ailleurs ! Mais il ne faut pas réduire la pédagogie Reggio à ces invitations, elle n'est pas que cela.

      Bien sûr, ces activités revêtent un sens totalement nouveau par rapport à ce qu'on vise d'ordinaire par ce mot-là (série d'actions pré-pensées et balisées, à effectuer dans un certain ordre en vue d'un objectif précis que l'enfant n'a pas choisi).

      Enfin, la pédagogie Reggio est une pédagogie à destination des tout-petits. A Reggio Emilia, il y a 34 institutions préscolaires (crêches et écoles maternelles), qui accueillent donc les enfants de 0 à 6 ans. Une bonne partie d'entre eux n'ont pas 20 mois ! ;-)

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    2. je vous invite à vous pencher sur cette pédagogie, si elle vous intéresse. Elle est passionnante et son concept de provocation vous ravira quand vous le maîtriserez. Fréquenter une crèche ou une école Regio est une bonne approche, les textes pouvant en effet être mal compris

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  9. Beueuh ma fille transvase depuis ses 18mois
    Bon ok elle l'a découvert seule avec les croquettes du chat XD Les fèves, les billes, les perles, elle joue, transvase, renverse, rattrape, fait rouler et laisse maman tout ranger quand elle en a marre XD (littéralement elle me prend la main pour m'obliger à prendre puis me la met au dessus de la boîte pour les ranger)

    Pour le reste, je fais très peu d'activités, manque de temps surtout. Mais qu'importe, je suis 100% d'accord avec toi. Et parfois, on montre une activité sans le vouloir : je prend la mesure du pied de ma fille en dessinant son contour, depuis elle fait pareil avec ses peluches :)
    Idem pour la mise en paire qu'elle a déniché bien avant que je ne la formalise.

    Tant mieux, c'est bien comme ça que je trouve son apprentissage le meilleur.

    PS : elle ne sait pas utiliser de pince à linge, je n'en utilise pas pour mon linge. Par contre, elle mets les choses "moué" sur l'étendage ou sur le radiateur

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    1. J'adore les transvasements spontanés ! :-D
      C'est vrai que ce sont les meilleurs !

      Tu as bien raison quand tu dis qu'on monte parfois une activité sans le vouloir, tiens. Je vais réfléchir là-dessus ! :-D

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  10. Quel bel article, bien clair et bien utile.

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  11. Laissons vivre nos enfants nos activités au quotidien... Lorsqu'ils nous aident (linge, cuisine) ils apprennent tellement et de manière naturelle! De notre coté, plus vraiment le temps de "monter" des activités pour nos bambins mais PetitF aime nous aider en cuisine et est un petit cuistot très efficace! (et enthousiaste!) Ils sentent aussi que leur action a un but final (la préparation du repas qu'on partagera ensuite en famille par ex)
    Ps: j'aime bcp les chaussons d'Antonin ;-)

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  12. Merci beaucoup pour cet article. Mon fils de 20 mois justement est très réceptif aux versés et transvasements, depuis plusieurs mois. Transfert de noix ou de pâtes d'un verre mesureur à l'autre, ou les attraper avec une louche pour les mettre dans un autre bol. Quand il le fait, il est très concentré, et des sourires de contentement apparaissent de temps à autre (quand tout est arrivé de l'autre côté par exemple). J'ai commencé à lui proposer ce type d'activités car il réclamait, à table, de se servir seul de nourriture (ce que je l'autorise à faire) et d'eau (ce que je ne l'autorise pas à faire car il verse d'un coup et l'eau de la carafe est intégralement sur la table).
    Au vu de ton article, je me pose donc la question du bien-fondé de lui proposer ça, qu'en penses-tu ? Et comment l'aider à assouvir ce besoin de se servir d'eau et de lait ?
    Alca

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    1. Bonjour Alca !

      Au tout début, on isole la difficulté : permettre à l'enfant de se servir dans un contexte autre que le repas (au cours duquel tu n'es pas disponible, toute à ton repas). On met très peu d'eau au fond d'un pichet léger, et on pose une éponge à portée de l'enfant. Vogue la galère ! Il y en aura à côté (mais pas partout non plus), et dans ce contexte, on s'en fiche !

      Je relate mon expérience avec Louiselle ici : http://mercimontessori.blogspot.fr/2013/07/jamais-mieux-servie-que-par-soi-meme.html

      Tiens-nous au courant si tu peux ! ;-)

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    2. Mille mercis d'avoir pris le temps de me répondre. J'ai donc suivi tes conseils, du moins au début car j'ai laissé l'activité changer de tournure. Je serais bien intéressée de savoir ce que tu (et les lectrices) en penses, si je dois mieux faire la différence entre expérimentation libre/présentation/utilitaire (se servir pour boire) ou si le joyeux mélange au gré des idées est correct. Voilà donc ce qu'on a fait:
      je lui ai proposé, hors repas, un plateau avec un petit pichet peu rempli et un petit verre. Il était bien sûr très content. Tout sourire il a versé le contenu du pichet dans son verre (pas une goutte à côté). Puis il a un peu râlé pour signaler qu'il aimerait un peu plus d'eau. J'ai essayé de lui faire comprendre que c'était pour boire mais il ne voulait rien savoir, ce qui l'intéressait c'était de verser. J'ai cédé. Je lui ai remis de l'eau dans le pichet, il l'a versé dans le verre. Ensuite il a transvasé du verre au pichet, du pichet au verre etc. Je l'ai laissé faire. J'ai remarqué qu'il ne faisait pas du tout attention au fait que le verre soit déjà rempli et qu'il déborde. J'ai donc ajouté 2 verres pour qu'il aie éventuellement l'idée d'arrêter de verser lorsque le verre est plein, et de servir un autre verre. J'ai également remplacé l'eau par de l'eau violette pour qu'il voie bien le niveau de l'eau. Tout ça n'a servi à rien (sauf qu'il était très content de ces nouveautés), il versait allègrement un peu dans tous les verres sans se soucier du niveau et des débordements.
      Pour ma part j'étais satisfaite car le petit pichet (que tu m'as donné l'idée de ressortir, je l'avais oublié) lui a vraiment permis de se servir correctement, et que lui était manifestement très content. Aurais-je dû cependant m'y prendre autrement ? Des idées de prolongement/recadrage pour une prochaine fois ?
      Alca

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    3. Moi, j'adore, et je trouve ça très bien !! :-)

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  13. Ça me fait repenser aux périodes où je trouvais tellement fantastique ce que je voyais sur les blogs (entre autre ici !), et que je parvenais pas à faire à la maison. Les plateaux préparés avec amour qui prenaient la poussière. Les activités boudées ou détournées.
    Il y a eu toute une période où visiblement, j'observais mal. Ou peut-être est-ce que je projetais trop de choses. Ou mes miss ne voulaient pas contenter leur maman et son gros bidon ? ;)
    Alors j'ai fait des activités qui ME faisaient plaisir, avec en tête la possibilité de les faire participer. Écrire à ma sœur, faire des poésies de papier (epistyle.blogspot.fr), faire un herbier, dessiner, faire de l'aquarelle, recoudre multiples trous...
    Et hop-hop, 2 petites têtes apparaissent bien vite, et délaissaient leur déguisement bleu (seraient délivrééééééées quelques minutes ?!!) pour voir ce que je fais... et souvent participer.
    Au pire, elles continuaient à jouer à se glacer le coeur/dégeler/re-glacer/re-dégeler et moi j'étais contente d'avoir avancé tranquille.
    Bon, avec l'arrivée de miss3 (13 mois, déjà), je ne sais plus ce que "tranquille" veut dire... Mais ça reviendra !

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    1. Ouah, c'est beau, ces poésies de papier !! cela me rappelle certaines choses que j'ai vu à Reggio Children !!
      Et je m'aperçois en écrivant cela que j'ai encore bien du chemin à faire pour m'autoriser à faire ce que j'aime MOI - sauf si on considère que ce que j'aime, c'est réfléchir et monter des activités pédagogiques ?? :-D
      Mais je me soigne, si, si... ;-)

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  14. Cc elsa,je te remercie sincerement pour cet article qui me touche profondement..j ai pris reelement conscuience de beaucoup de chose.
    Dans ce que je lis,j ai l immpression que tu les besoins de tes enfants passe toujours avant tout,je ne juge pas hein,je t exprime ce que je ressent,lorsque tu dit que tu laisse la vaisselle pour une activitee..fait tu toujours cela??je veux dire a chaque interpelation de l enfant arrete tu ce que tu fait??ai je bien compris??si c est cela je suis en total admiration..pour moi c est impossible,j ai l impression de me sentir debordee en fesant les taches menageres,alors comment serait il autrement..l instant present ,ces mots me parle beaucoup,j ai l impression que tu est toujours dans ces etats?je pense que c est la cle de la reussite pour le bonheur avec soi et ces enfants..parfois j y arrive et je touche le bonheur mais ces moments sont rares..et pour finir je aussi l impression que les enfants,les pedegogies...sont une veritable passion pour toi..j ai le sentiment que tu y passe enormement de temps pour cela mais quand est il du reste??le menage,les sorties,le temps pour toi,le repas,...j ai fait deja d enorme progret concernant le menage,j ai enormement lacher prise,mes onlangs sont vraiment passion pour moi mais parfois j ai aussi le sentiment d etouffee..ne ressent tu pas cela toi??
    Pour finir je te remercie enorment pour ton aide,tu ma plus que aide..mais moi ce que je retiens,ce que je ressens le plus de ces lignes...c est la pleine conscience..est ce cela le bonheur????

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    1. Coucou, Cayiroglu ! ;-)

      Alors, il y a beaucoup de choses dans ton commentaire, je vais essayer de répondre point par point :

      - Les besoins de mes enfants ne passent pas "avant tout", on ne peut pas dire ça. En face, il y a le principe de réalité, qu'il est bon pour eux de rencontrer... Je ne veux pas leur faire croire qu'ils sont tout puissants, c'est un principe éducatif primordial pour moi, du fait de mon histoire familiale.

      Cependant, les besoins de mes enfants sont "premiers" : c'est-à-dire qu'on organise notre vie autour d'eux. Par exemple, nous n'acceptons pas d'invitations à l'extérieur le soir, mais seulement le midi, pour pouvoir les coucher tôt.

      - Si j'arrête ce que je fais lorsque l'enfant m'interpelle ? NON ! :-D
      Une des valeurs que je veux inculquer (et je crois qu'il n'y en a que deux !), c'est : Je commence un truc, je le finis". Je montre l'exemple !! Donc, c'est : "Tu veux que je te lises cette histoire ? Pas de problème, dès que j'ai finis de ranger la cuisine.";-)

      Par contre, c'est vrai que depuis que je suis Maman, j'ai appris à vivre au rythme de la maisonnée. Exemple : je suis en train d'étendre mon linge quand je réalise que les enfants sont super autonomes, qu'ils jouent tranquillement dans leur chambre. Hop, je suspends ma tâche - qui ne va pas se sauver - pour aller bosser mes cours ou écrire. Si je n'étais pas "souple", je ne pourrais jamais bosser, de toute façon !! :-D

      Je privilégie les moments où les enfants sont un peu "speed" pour exécuter les tâches domestiques (quand je suis moi-même en mouvement, je suis plus tolérante face à leur excitation), et ceux où ils sont en demande pour faire des choses avec eux.

      Donc, oui, dans un sens, ma vie et son rythme est complètement conditionné par celui de mes enfants - mais je ne suis pas à leur service pour autant !

      Je pense que tu faisais référence ici à une situation décrite dans l'article "Monter une activité pour son bambin", où je plante ma vaisselle pour concocter un plateau pour Louiselle... Elle n'en avait pas besoin, alors, et ne me réclamait rien. J'ai simplement profité d'un moment d'autonomie de sa part pour faire quelque chose qui nécessitait que je sois tranquille. Ce principe régit toujours ma vie aujourd'hui. :-)

      - Sinon : j'en fais un minimum pour les tâches ménagères - et mon homme fait largement sa part. Cette année, je me paye même le luxe d'une femme de ménage (hé, je bosse à plein temps !!), mais malgré cela, le ménage est toujours fait de manière très approximative. Et on s'en fiche.

      J'ajoute que j'ai un lave-vaisselle depuis un an et demi, et qu'il a changé ma vie ! :-D

      - Oui, la pédagogie, c'est une passion pour moi ! ;-)
      Le reste ? Peu de sorties. Mes amis les plus chers habitent à 1000 bornes, ça aide. Je ne me sens pas disponible pour faire de nouvelles rencontres pour l'instant, j'ai trop de boulot. Et mon boulot nécessite une certaine dose de solitude. Ça tombe bien, j'aime ça, la solitude. ;-)

      Le temps pour moi (et pour mon couple !), je le ménage et je l'organise, j'ai des créneaux sur la semaine (cours de méditation pour moi, soirées en amoureux...).

      - Si : parfois mes enfants m'étouffent. Parfois, je suis épuisée de donner, donner, donner, et je crois que tous les parents ont cette sensation, et qu'elle est normale, voire saine. :-)

      - Hélas, non, je ne vis pas toujours dans l'instant présent. Mais c'est effectivement un idéal pour moi, et sans hésiter, je dis : OUI ! Le bonheur est là ! :-D

      J'espère avoir répondu à tes questions, n'hésite pas à me relancer dans le cas contraire ! :-)

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  15. Juste pour signaler une petite coquille (une coquillette?) au debut: je lis "mort-il" tu voulais écrire :
    mord-il?

    Cdt,
    Diane

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    1. Ah, merci de m'aider ! A chaque relecture, j'en redécouvre, des "coquillettes", c'est dingue... :-(
      :-D

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  16. Merci pour cet article, qui me rassure et me redonne l'énergie de proposer des activités que je crée pour puce... Car ces derniers temps rien ne l'intéressait!! J'ai même vendu du matériel tellement ça me stressait de le voir prendre la poussière !!!!

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    1. Tiens-moi au courant si tu peux, ça m’intéresse de savoir ce qui n'intéresse pas (ou plus) ta fille et ce sur quoi tu vas pouvoir rebondir !! :-)

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  17. J'ai déjà redéfini les intérêts de puce et mes possibles au niveau temps, avec bébé...
    Puce est plutôt dans la créativité... Montessori ne lui " convient" pas ( à la maison, car aux ateliers où elle va une fois par semaine, ça fonctionne, même si elle n'est pas tellement dans la répétition). Je vais donc plus me diriger vers Reggio,.. Et j'ai fait une malle à activité!! Au lieu qu'elles restent sur une étagère, chaque semaine ou plus si besoin, nous l'ouvrirons ensemble et elle choisira ses activités. Je me dis que peut être cela apportera un peu plus de stimulation et de sensations de nouveau !!!

    À voir !!!

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    1. J'adore la malle à activités !

      Et ça me rappelle la manière dont je proposais/rangeais le matériel sensoriel quand Louiselle était bébé... (Souvenir, souvenir...) : http://mercimontessori.blogspot.fr/2014/02/vie-sensorielle-lannee-des-trois-ans.html

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