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mardi 12 janvier 2016

La mort, etc.


Oui, il s'agit bien de la photographie d'un petit cadavre de rouge-gorge, découvert par Louiselle au jardin dimanche dernier. Ce ne fut pas une découverte macabre, et je le trouve plutôt pudique, ce petit corps raidi dans la mort... Nous l'avons enterré. Louiselle voulait le faire soigner à l'hôpital, bien sûr, mais on ne peut pas guérir la mort. Bien sûr. Tant pis, l'enterrer fut très amusant aussi.

La mort. Lorsque mes enfants étaient bébés, je me demandais bien comment j'aborderai cette grande question, mais la vie au lent cours m'a tirée de cet embarras. Il fut un temps où mes enfants n'interrogeaient même pas les cadavres d'oiseaux que nous rencontrions ; pour eux, ils étaient comme les cailloux du chemin - que dis-je, bien moins intéressants que les cailloux du chemin !! Plus tard, ils posèrent des questions simples, dont les réponses simples semblèrent les satisfaire - très simplement.

La plus élémentaire de toutes ces questions, celle dont toutes les autres furent longtemps des variantes, était :

"C'est quoi, être mort ?"

Après avoir un instant hésité, je décidais de m'appuyer sur les caractéristiques du vivant pour répondre :

"Être mort, c'est ne plus être vivant. C'est ne plus pouvoir respirer, se nourrir, faire caca, ni avoir des bébés."

Cette définition est toujours la nôtre à ce jour ! :-)

Aujourd'hui, Louiselle, 3 ans et demi, a des mouvements de révolte - principalement à l'idée de la mort de ses parents :

"Moi, je ne veux JAMAIS que tu meures, Maman, jamais, jamais, JAMAIS !"

Ce à quoi je réponds que quand je mourrai (dans très très très longtemps), elle sera elle-même très très très grande, voire très très très vieille, et qu'elle sera prête. Très très très prête : "Tu seras triste, mais tu seras prête." Bien sûr, dans cette histoire, je tais quelques inconnues, les aléas de la vie au lent cours, dont elle intégrera les méandres... quand elle sera prête...

Chez Antonin, 5 ans, le questionnement prend un autre tour :

"Maman, avant de naître, j'étais dans ton ventre? Et avant d'être dans ton ventre, j'étais où ?
- Et bien, en fait, personne ne sait vraiment... C'est un mystère...
- Et après ma mort, j'irai où ?
- On ne sait pas, Antonin, même les adultes se posent ces questions, tu sais...
- Mais qu'est-ce que tu en penses, toi ? 
- Et bien... Certaines personnes pensent que notre esprit reste vivant et quitte notre corps pour aller au ciel, d'autres...
- Mais TOI, qu'est-ce que tu en penses, TOI ?"

Je me concentre quelques instants. Ce qui se conçoit clairement s'énonce clairement, dit-on. Il ne faut pas avoir peur.

"Je pense que la quantité de vie reste toujours la même dans le monde. Je pense que quand on est mort, on n'est plus vivant, on n'est plus soi, mais l'énergie qui servait à notre vie se déplace. Elle va dans la terre, dans les airs... Elle nourrit des végétaux, des animaux, et cette énergie redevient de la vie, mais différente."

Antonin hoche la tête.

"Et toi, qu'est-ce que tu en penses ?
- Moi, me répond-il, je pense qu'après ma mort, je redeviendrai un petit bébé dans le ventre d'une Maman."

Il me regarde et nous nous sourions. Je n'ai jamais eu autant envie de croire à la réincarnation.

Inch'Allah, mon fils, Inch'Allah ! :-)

27 commentaires:

  1. PetiteFille n'a pas encore l'âge de ces questions (21mois) mais je me demande déjà comment y répondre : ni trop, ni trop peu, les bons mots, simples et vrais. Surtout vrais. Merci pour les tiens, ils sont beaux :)

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    1. Tu te demandes comment y répondre... Et tu trouves, sans doute ? C'est fou, hein, nos petits qui nous aident à clarifier des réponses à des questions qu'ils n'ont même pas encore posées... Mais que nous nous posons à nous même, certainement. Seulement, le fait d'être parent nous oblige à être honnête, bien plus qu'on ne l'est souvent envers soi-même !
      (Je parle pour moi, bien sûr !) ;-)

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  2. La vie, la mort... Des sujets indémodables chez nous depuis très longtemps !
    Je réponds aussi, sans tabou.

    Mais c'est un vrai questionnement pour moi, qui ne suis plus croyante (après avoir fait tout le parcours catholique classique dans ma jeunesse, jusqu'à la profession de foi). Comment transmettre une certaine spiritualité, qui ouvre plus de questions qu'elle n'apporte de réponse dans mon cas ?

    Je tente comme toi d'ouvrir des pistes, sans fermer les réponses, et de renvoyer la balle à la petite curieuse, pour que se construise sa propre réflexion.

    Un billet qui m'a inspiré :
    http://blog.scommc.fr/maman-jai-fait-un-cauchemar-je-navais-plus-de-papa-ni-de-maman/
    Et un livre dans ma wishlist (et l'adorable petite phrase d'une graine de philosophe) :
    http://blog.scommc.fr/histoire-du-soir-bonsoir/

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    1. Merci pour ces références, Oops (et pour ce blog tout entier que tu m'as fait découvrir et que j'adore !).
      Je fonce lire tout ça ! ;-)

      Moi aussi, je veux transmettre une certaines spiritualité. Cela passera (même si pour moi, ce n'est pas synonyme de spiritualité, puisque, comme toi, je ne suis plus croyante) par la fréquentation des grands textes (bibliques, mais aussi musulmans, et bouddhistes...). Pour moi, c'est une question de culture générale, de toute façon.

      Et puis, la spiritualité passe aussi (surtout !) par la pratique : la méditation, la réflexion, le dialogue, la retraite, le régime VG, etc. J'espère vraiment me perfectionner d'année en année et transmettre un peu de tout cela à mes enfants !

      Mais je reparlerai de ce cheminement, car pour moi, c'est sûr : il fait partie de mon projet éducatif !! :-)

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    2. 100% pour la découverte des textes religieux aussi ici !
      A l'occasion du mariage de mon beau-frère en septembre dernier, où mes grandes étaient les demoiselles d'honneur, je leur ai offert à chacune une Bible et un Missel. Un Missel pour qu'on parle ensemble du comportement qu'il convient d'adopter lors d'une messe (debout, assis), apprendre le signe de croix (pourquoi et quand le faire), connaître en partie certaines prières, comprendre qui est le prêtre (et pourquoi il porte une robe...) et éviter les questions de type "moi aussi, je veux avoir du gâteau !" :)
      Et la Bible pour comprendre les peintures, les sculptures, les vitraux... Elles ont adoré (et adorent encore *), et elles ont été félicitées pour leur comportement absolument PARFAIT ! :)

      * surtout celle-là, magnifique :
      http://livre.fnac.com/a3815767/Heather-Amery-La-Bible-illustree?oref=a0d8d413-35d9-bc5b-8a79-f18b59c0de35&Origin=CMP_GOOGLE_MP_LIV&mckv=Y5a9nGHb_dc&pcrid=77058271343&ectrans=1&gclid=CjwKEAiA2ve0BRDCgqDtmYXlyjkSJACEPmdwYB7X2gFBTeGkwu-5TGqnVE415_gPbkkSqKIzYa1XRRoCLgrw_wcB

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  3. Cela fait longtemps que je n'avais pas posté ici, mais ce billet résonne évidemment en moi...
    Neil (32 mois) n'a pas encore ce genre de questionnement, si pointu. Mais l'absence due à la mort le questionne.
    Pas plus tard que lundi, tiens...
    Je ne sais pas pourquoi il en est venu à me parler de ma mère, décédée en mai dernier. Me dit qu'il veut la voir. Je lui dit que ce n'est pas possible, mais qu'on peut regarder ensemble sa photo qui est dans la salle à manger.
    "Non. Pas photo. Pas la tête. Veut voir le ventre, les jambes. Mamie marche".
    Pas évident de répondre quand notre propre émotion nous submerge. Je lui dit que ce n'est pas possible. Qu'elle n'est plus là. Je lâche le mot. "Elle est morte." J'essaie d'expliquer. Pas simple.
    Il boude, fait la moue, puis pleure un peu. Plus face à l'idée de l'impossibilité d'accéder à sa requête, je pense que par l'absence de sa grand-mère qu'il n'a pas très souvent vue au final. Mais il a vécu, d'une manière qu'il ne pourra sans doute jamais expliquer cette mort (le retour précipité en France du jour au lendemain, valises en vrac, des journées sans moi chez son autre Mamie, sa première nuit (et demie) sans nous, partis pour veiller ma mère jusqu'à la fin, la tristesse de tous, et les visites quotidiennes au cimetière pendant le mois et demi que nous sommes restés tous les deux chez mon père.) Cette façon de vivre la mort est assez traumatisante, mais vu son jeune âge, il n'a pu l'extérioriser que par le comportement. Peur de la séparation, réveils très fréquents la nuit, reprise intensive de la tétée...
    Plus que l'explication sur le devenir d'après la mort, qui pour nous est assez "simple" puisque nous sommes athées, mon mari et moi, c'est le tabou autour que nous mettons qui questionne. Ma soeur trouvait ça morbide que j'emmène fiston au cimetière, mais je ne pouvais autrement, mon père étant aveugle, il lui fallait un chauffeur. En en discutant avec la dame qui avait chapeauté les obsèques religieuses de ma mère, cette dernière n'était pas de cet avis. Elle trouvait que cela faisait partie de la vie, que les morts ne devaient pas être tabous, le lieu de recueillement était un lieu comme un autre et que, certes, fiston faisait un peu le bazar dans les allées et "jouait" parmi les tombes, mais c'était aussi ça la vie.
    Le tabou aussi concerne le mort en lui-même. Etant décédée plutôt brutalement, d'un cancer foudroyant, ma mère est une sorte de tabou entre nous. Nous n'en parlons pas. Je pense que nous sommes tous traumatisés. Et c'est cette vision de la mort qui peut questionner aussi. Quand on est mort, on nous oublie ? Personnellement, je n'y tiens pas. C'est pourquoi quand Neil me parle de sa grand-mère, je lui réponds, même si j'en ai la gorge nouée et que je me mets à pleurer. Avec ma découverte de l'ENV, j'ai appris à ne pas cacher mes émotions et je les libère et les exprime. Oui, je suis triste. Mais je continue à avancer. J'explique aussi la maladie. Je prends (encore une fois ;-) ) le contrepied de ma famille, mais je pense que non, la maladie et la mort ne doivent pas être tabou, même si c'est un enfant de deux ans qui s'interroge face à nous. Même si l'émotion est forte, la révolte point. C'est une sorte de devoir de notre part pour que la peur de la mort soit apprivoisée.

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    1. Bon courage, Mélanie ! Et merci pour ce témoignage, il est très beau... :-)

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    2. Je ne peux que me reconnaitre aussi dans ce témoignage. Mon fils avait 3 mois au décès soudain de ma maman. J'ai connu le même affolement et désespoir que Mélanie, avec auparavant un mois de quasi absence de jour auprès de mon fils, si petit, pour veiller ma mère en réanimation à 400km de chez moi. Un vrai cauchemar dont j'ai encore du mal des fois à me réveiller. Les questions sont venues très vite, vers 18 mois, sans parole: il allait prendre les photos de ma maman qui le tenait dans les bras ses deux premiers mois (maternité etc) et me regardait d'un air interrogateur. Il amenait les photos de ma maman et mon père à mon père et lui tendait comme pour avoir des explications. Comment retenir ses larmes...dur dur. Il a maintenant 4 ans passé et c'est malheureusement un sujet avec lequel il a grandit. Il a réalisé très vite que ses parents aussi pouvaient mourir..un jour..(j'ai eu les mêmes paroles rassurante qu'Elsa) mais vu que ma maman était jeune (55 ans) au décès, il a creusé un peu plus à chaque période où çà revenait sur le tapis sur la maladie, l'hôpital etc...je ne lui ai pas caché la vérité mais je l'ai "adoucit". J'ai trouvé un livre pas mal fait sur les questions philosophiques (les petits philosophes) et il y a un chapitre sur la mort qui nous a beaucoup aidé depuis un an. Il a trouvé sa propre façon de penser à sa grand-mère (une étoile dans le ciel alors que nous ne sommes pas croyants) et va souvent voir les photos. Je n'ai pas eu le courage de lui montrer des vidéos. C'est trop toi je pense pour moi, et pour lui, mais cela viendra, c'est sur. Ce que je regrette, c'est que j'ai l'impression que cet évènement a gâché, quelque part, son innocence sur la vie. Je n'ai pas su gérer et me cacher de la tristesse quand il était bébé. Cela a été une période très difficile. Heureusement, c'est un petit garçon très joyeux et rigolo mais cette part d'ombre dans la famille est difficile à gérer des fois. Je l'ai aussi emmené au cimetière mais je lui propose toujours avant s'il est ok ou pas. Alors des fois il a envie..des fois non. Ce n'est pas grave. Après avoir beaucoup pleuré, maintenant, on préfère plutôt faire rire notre fils en lui racontant les bêtises/blagues qu'elle pouvait faire. mais y'a une chose quand même qui revient souvent sur le tapis : son regret de ne pas avoir pu jouer avec elle ! c'est LE truc qu'il aurait aimer faire avec elle par dessus tout. Moi je n'étais pas du tout préparer à la mort de ma mère. On n'avait jamais abordé le sujet. Mes 4 grands-parents sont encore en vie à plus de 80 ans chacun. La mort, on ne connaissait pas dans notre famille. pas tabou mais pas abordé non plus. C'est une erreur que je ne referait pas avec mon fils.

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  4. ah... la mort...
    Chez nous, ça fait partie de notre vie chaque jour...
    On n'a pas vraiment à se demander comment amener la chose, car, tristitude, depuis sa naissance, Anjali baigne dedans..
    Nous enchaînons et superposons les deuil... mes deux grand-mères, décédées de mort naturelle, mon père d'un cancer foudroyant, Grisou le chat, Némo et Gommette les 2 poissons...
    En fait Anjali comprends la mort depuis son plus jeune âge, et sait que ça peut arriver... n'importe quand,
    et sa principale question est justement "quand?"...
    Pas de tabous, on parle de tout, parce que les émotions sont fortes, et de toute façon, les enfants ressentent...
    On a eu aussi une multitude de questions, et surtout le "et quand est-ce que vous allez mourir vous?"
    Mes réponses ressemblent aux tiennes... mais par contre je lui dis que "je ne peux pas savoir quand est-ce qu'on va mourir, mais pas tout de suite, car on a encore plein de choses à faire ensemble!"
    J'essaie de ne rien étouffer car ayant moi-même grandi dans le tabou, je vois à peu près ce que ça donne..
    Mais rien n'est triste, on va emmener les plus belles fleurs au cimetière, on allume très souvent des cierges dans les églises (en visitant en même temps),
    même si on est pas croyants, le temps de cette bougies, nos coeurs se tourne vers ceux qu'on aime encore...

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    1. Non au tabou, nous sommes toutes d'accord ! C'est incroyable, vous êtes nombreuses à dire que vous avez grandi dans ce tabou de la mort... :-(

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  5. Chez nous à 6 ans passés pour mes jumelles, la mort n'est effrayante que si elle concerne leurs parents; le moindre cheveux blanc qui apparait sur ma chevelure noire me met un pied dans la tombe. Elles sont terriblement effrayées à l'idée de nous perdre leur père et moi, nous les rassurons beaucoup et ce n'est pas toujours facile. Par leur grande sensibilité ajoute d'avantage encore à leurs angoisses et il n'est pas rare qu'elles s'effondrent moralement car complètement submergées. L'une d'elle a même eu le droit à son petit bilan auprès d'une psychologue pour tenter de mettre des mots et un regard extérieur sur le concept de mort et de vie qui se perpétue dans nos descendants au travers du souvenirs. C'est un sujet vraiment délicat à aborder avec les enfants surtout quand ils sont jeunes et chez nous ça a commencé vers 2 ans...

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    1. Oui, pour Louiselle, c'est pareil : c'est la mort de ses parents qui la soucient (mais chez elle, ce n'est pas un sujet d'angoisse du tout, juste d'inquiétude passagère). Deux ans ? Oulala, mes enfants étaient à 1000 bornes de tout cela, à cet âge... :-/

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    2. Chez nous aussi, c'est vers 2 ans que ça commence... avec le langage, en fait. Les miennes ont parlé vraiment très tôt et très bien (je n'ai même aucun "petit mot" à noter pour ma cadette !). Comme elles sont très grandes (filles de basketteur), tout le monde avait du mal à croire qu'elles étaient/sont si jeunes, au vue de leur expression (bonjour le jugement quand elles avaient/ont un comportement de leur âge, d'ailleurs !).

      Et c'est aussi la disparition de leur parent qui revient le plus souvent. Discussion dans la voiture hier soir entre mes 2 miss de 3 ans et 5 ans :
      "- Qui va s'occuper de nous ?
      - Mais non, on sera déjà maman quand maman va mourir ! Alors on s'occupera de nous toute seule !
      - Mais moi je veux paaaaaas, je veux qu'on s'occupe de moooooiiiii ! Je veux des câliiiiiins !
      - Mais voyons, tu auras un amoureux ! Tu feras des câlins à ton amoureux ! Et à tes enfants !!!
      - Ah... Les princes, ils font des câlins ?
      - Ben oui !
      - Alors, maman, il faut que tu attendes que mon prince me fasse un câlin pour être morte, d'accord ?" :D

      Elles parlent très facilement à tout le monde, et sur le chemin de l'école, c'est n'est pas rare qu'elles abordent les autres parents :
      "- tu sais, je vais être très triste quand ma maman sera morte. Et tes enfants, ils seront très tristes quand toi tu seras mort. Mais tu seras encore vivant dans leur cœur !"
      > et bien le tabou de la mort, il est encore trèèèèèèèès présent !!! J'ai parfois bien du mal à trouver comment me sortir de l'ornière, sans blesser leurs interlocuteurs ET en restant dans la transparence avec mes miss...
      Une maman dans notre groupe de parole disait à sa fille de 3 ans que leur chien s'était enfui, en attendant qu'elle n'y pense plus...

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  6. Dans notre maison, nous empruntons l'expression d'Hubert Reeves "des poussières d'étoiles". Avant de naître, nous étions des poussières d'étoiles (de petits atomes plein d'énergie) et plus tard, après notre mort, nous redeviendrons des poussières d'étoiles, qui serviront aux plantes, aux animaux. Nous redeviendrons... Quoi ? Mystère. Image poétique, qui apaise les petits (et les grands !).

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    1. Très belle formule. Je vais voir si je peux la caser ! :-D

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  7. Petite, je me demandais si je serais capable de regarder un mort, à part mes parents, notre famille vit dans le tabou voir le déni du sujet, adolescente, j'ai appris à une cousine la mort d'une de nos tantes, six mois après un enterrement pour lequel de nombreux membres de notre famille, vivant pourtant à proximité ne s'était pas déplacés.
    A la vingtaine, j'ai aidé mes deux grand-mères à mourir à domicile, à cinq ans d'intervalle, j'étais très proche d'elles et cela c'est passé très naturellement, malgré la fatigue et le stress, j'en ai gardé de beaux et précieux moments et j'ai l'impression qu'à moyen terme la situation a été plus facile pour moi que pour ceux qui se sont efforcés nier la réalité durant ces périodes de maladie.
    Ma fille de deux ans et demi a vécu en un an les enterrements de deux des grand-parents de son papa, nous l'avons emmenée avec nous, elle a vu la tristesse de la famille, le crématorium, les corps, elle a assisté à la dispersion des cendres en jouant entre les arbres. Nous lui avons parlé, répondu à ses questions. Elle ne comprend pas le caractère irréversible de la mort, mais n'en déplaise à nos familles respectives qui trouvent rude notre manière de faire, j'ai le sentiment qu'elle a pu vivre toutes ces émotions en mettant des mots et des images dessus et que cette façon de faire lui a convenu.
    Après, il s'agissait de personnes âgées mortes dans leur sommeil, la situation était beaucoup plus facile à vivre et à accepter que si il nous avait fallu expliquer la mort de quelqu'un de plus jeune quand le sentiment d'injustice s'ajoute à toutes les autres émotions.
    Nos enfants ont besoin d'être confrontés à ces situations humaines, comme nous ne nous dispenserions pas de partager avec eux la lecture ou les mathématiques.

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    1. En accord, avec toi, je ne trouve pas "rude" d'inclure l'enfant dans les traditions mortuaires... A condition que ce soit sur fond d'échanges et de questionnement, comme c'est le cas chez toi.

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  8. je conseille le livre "Au revoir blaireau" de Susan Varley

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  9. Ici aussi La mort interroge Charline (4 ans) : la mort des humains mais aussi des animaux que nous mangeons par exemple. Nous ne sommes pas végétariens mais je "raisonne" la quantité de protéines animales que nous mangeons... et Charline a du mal à concevoir que l'animal que nous mangeons était gentil... forcément, pour elle, il était "méchant" même si je lui ai déjà dit le contraire... mais visiblement elle n'est pas prête... bien sur, je n'insiste pas. La dernière question en date "est ce que les enfants peuvent mourir ?"... comme à mon habitude j'ai dit la vérité en y mettant un maximum de forme mais cela l'a forcément "choquée"... elle me repose souvent la question, j'ai pris maintenant l'habitude de lui demander si elle veut que je lui dise la vérité ou si elle veut que je la "rassure"... selon les jours, elle a besoin d'entendre l'une ou l'autre des versions... cela fait certainement partie de sa façon d'accepter cette réalité...

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    1. C'est une bonne idée cette option : Tu as besoin de la vérité que tu connais, ou tu as besoin d'être rassurée ? J'aime beaucoup, ça va dans le sens de mon "... quand elle sera prête". ;-)

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  10. Ici aussi on aime bien "Au revoir Blaireau" et aussi "Nos petits enterrements" de Ulf Nilsson qui nous aident un peu à accompagner plusieurs deuils récents.

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    1. "Nos petits enterrements" ? C'est noté ! Merci pour la référence ! :-)

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  11. Très joli billet. Je réponds également sans tabou à mon fils de 3 ans et demi. Je viens d'acheter un livre du Dalai-Lama sur "vaincre la mort" pour m'aider à mieux l'appréhender mais aussi pour en parler d'un façon sereine avec mes petits loulous. Je vous en dirai plus d'ici quelques semaines...

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    1. Oh, je veux bien un retour, Leslie, ça m'intéresse ! ;-)

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  12. Je suis d'accord avec le fait qu'il ne faut pas faire de la mort un sujet tabou. Après, cela reste à aborder de manière douce et delicate et il faut savoir éluder certains sujets. J'ai perdu ma meilleure amie de suite de couches quand ma fille avait un an (c'était également sa marraine). Je lui ai expliqué d'où venait ma grande tristesse à ce moment-là et à plusieurs reprises depuis (lorsqu'on regarde des photos ou bien que j'ai des crises de larmes incontrôlables en plein marriage d'une autre amie...). Cependant, j'ai toujours éluder la cause de sa mort pour plusieurs raisons. La première, c'est que je n'ai encore jamais discuté avec le mari de ma meilleure amie sur ce qu'il allait raconteur à son fils qui a perdu sa maman et que je ne veux pas que ce petit bonhomme l'apprenne par ma fille. Ensuite, je savais que je voulais 1 deuxième enfant (je suis actuellement enceinte) et je savais que ce serait une période "stressante" pour moi, je ne voulais pas que ma fille de 3 ans passe 9 mois à se demander si sa mère allait mourir après que le bébé soit né. Egalement parce que j'ai eu la chance de ne jamais avoir eu une question très claire à ce sujet. Enfin, parce que même en tant qu'adulte, on a dû mal à trouver la "raison"/le "sens" de cette mort, alors si je devais l'expliquer à ma fille, je serai bien en peine...
    J'ai la chance que ma fille (pourtant de nature hyper angoissée) ne s'inquiète pas trop de notre disparition à son père et à moi, car je sais que je dois faire 1 effort pour lui dire des paroles réconfortantes type celles que dit Elsa, sans avoir 1 gros bémol qui apparait dans ma tête ("bonjour la sincérité"!).
    Par contre, elle a vite compris qu'une personne avait normalement un papa/une maman mais que parfois l'un des 2 manquait: à 2,5 ans, elle m'a cité toutes les mamans "manquantes" dans l'entourage - à part mon amie, c'est au niveau de ses arrières-grands-mères donc "assez facile" à expliquer.
    Merci pour la bibliographie qui pourra s'avérer utile si des questions un peu insistantes apparaissent chez ma fille.

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    1. C'est terrible, et comme ce doit être difficile pour toi... Mourir d'une suite de couches, est-ce encore possible ? C'est si triste... :-(

      Tu as raison, c'est un sujet qui nécessite beaucoup de pudeur. Dire la vérité (quand on nous la demande) ne signifie pas être cru. De plus, je suis comme toi persuadée qu'il vaut mieux attendre les questions des enfants (qui ont rarement un caractère général, mais sont très personnelles, et demandent une réponse sur-mesure) plutôt que de fournir des réponses toute faites.

      Bon courage pour la suite ! Et bravo pour ton deuxième bébé ! ;-)

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