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mardi 29 août 2017

Qu'est-ce que le co-schooling ?


Bonjour à tous ! L'article du jour est un peu spécial : j'y laisse la main à Marie-Anne, qui a demandé à m'interviewer sur la pratique du co-schooling.

Même que j'ai le trac. 😁

Mais voilà, c'est avec un vrai plaisir, et je te remercie très sincèrement, Marie, d'avoir pris la peine de me questionner sur ce sujet qui m'est cher autant qu'à toi ! J'espère que vous trouverez, vous aussi, des réponses ici aux questions que vous vous posez peut-être ... Dans le cas contraire, n'hésitez pas à me relancer dans les commentaires ! 😊

Marie-Anne : La première fois que j'ai croisé le terme de co-schooling, c'était dans un de tes articles, je crois ... Ça m'a interpellée ... J'ai décidé de faire des recherches.

Ce que j'ai lu me rejoint particulièrement parce que j'y ai vu une sorte de troisième voie entre l'instruction en famille et la scolarisation "traditionnelle" dans laquelle une grande partie des apprentissages revient aux enseignants. Ça m'a donné envie de tenter quelque chose avec mes deux plus jeunes enfants. Il me semble que cela ressemble beaucoup à ce que tu vis avec tes enfants ...


Quelle serait ta propre définition du co-schooling ?

Elsa : Le mot est venu se mettre assez tard sur notre "pratique" : depuis la naissance de nos enfants, mon mari et moi avons décidé de faire de notre maison un lieu dans lequel apprendre est un plaisir. Cela s'est fait naturellement dans la mesure où, en fait, c'était déjà le cas avant la naissance des enfants ! Nous avons toujours eu des "chez nous" propices aux apprentissages, bourrés de livres, sans télévision, etc.

Mais en devenant Maman, j'ai eu cette prise de conscience :

Nous sommes les seuls au monde à pouvoir donner à nos enfants des parents qui aiment apprendre et apprendre avec eux. 😉

Lorsque j'ai lu le mot "co-schooling" (où ?)  j'ai tout de suite su que c'était ce que je faisais.

Le co-schooling, pour moi, consiste à :

- Partager. Le "CO" de "CO-schooling", c'est clairement celui de "COéquipier". Tous les psychologues nous rabâchent qu'il faut partager un temps de qualité avec chacun de nos enfants. Apprendre ensemble, manipuler ensemble, c'est avant tout une manière simple de passer du temps ensemble. Et forcément, on adore ça. Tous.

Le co-schooling, c'est un engagement réciproque dans lequel l'adulte comme l'enfant font ce qu'il ont à faire. Le premier apprend à jouer, et le second apprend en jouant. 😊

- Se centrer sur les intérêts de l'enfant. Il s'agit, pour l'adulte, d'être connecté à son instinct. C'est un aspect très important : j'ai, en tant que parent, une connaissance intime de mon enfant. Je sais, pour peu que je prenne le temps de "brancher mes antennes", ce qui peut lui plaire ou non. Dès lors qu'on se pique de pédagogie, on se retrouve très vite exposé à des tas d'idées et de propositions - parmi lesquelles il faut faire un tri. C'est l'enfant lui-même qui est notre guide. Si je me fie à ce que je lis à droite et à gauche, je verrai des tas d'enfants qui, bien qu'ayant l'âge des miens, auront fait bien plus, compris bien plus, et posséderons bien plus de jouets et de matériel éducatifs. Pour ne pas me noyer dans ce flots d'informations, je dispose d'une boussole objective : mon enfant. Et avec le temps, j'apprends à me connecter à lui de plus en plus finement - et à me tromper de moins en moins dans mes propositions. Ah, ah !

- Prêter une attention permanente au matériel. C'est l'une de mes grosses prises de conscience montessoriennes : plutôt que de s'auto-ériger en détenteur du savoir, l'adulte peut glisser un matériel choisi dans l'environnement de l'enfant. On sort alors de la triangulation "maitre/savoir/élève" puisque l'enfant construit ses connaissances via le matériel directement, sans que nous n'ayons besoin d'interagir (ou si peu). Je parle ici des jouets que nous mettons à disposition de nos enfants. Et du matériel artistique, de sport ... Il se trouve que je n'hésite pas, moi, à investir parfois dans du matériel purement pédagogique, mais il n'y a rien d'obligatoire ! Et bien des choses peuvent être fabriquées ...

- Permettre à l'enfant de voir le monde pour ce qu'il est : la plus grande et la plus belle salle de classe imaginable, qui propose une myriade "d'ateliers". Bon, j'imagine que cette image ne parlera qu'aux adultes : mes enfants n'auraient pas l'idée de comparer le monde à une salle de classe, ouf ! L'important est qu'ils "vivent le monde", et qu'ils développent (certes inconsciemment) une conception de l'apprentissage qui déborde celle qui se construit trop souvent à l'école. Non, on n'arrête pas d'apprendre lorsque sonne la cloche. Au contraire !?

- Encourager la curiosité et l'apprentissage à chaque étape de la vie. Je "co-schoolais" déjà lorsque mes enfants avaient 6 mois, et ce sera encore le cas quand ils auront 18 ans (ou 50, si je suis encore de ce monde !). Ce qui suppose de s'adapter, il est vrai. Et d'entretenir une relation riche tout au long de la vie. 

- Développer la soif de savoir. Apprendre ainsi, "dans le monde", développe une pertinence, une connexion intime avec ce qu'on apprend. On peut sans doute décrocher d'un parcours scolaire ; mais on ne peut décrocher de la vie. Être vivant, c'est construire des outils et des compétences pour réfléchir, créer et produire dans notre siècle ; être vivant, c'est s'adapter, c'est apprendre. Les savoirs ne sont pas figés. Dès lors que ceci est posé, la question de la motivation ne se pose plus ... Bien sûr que l'enfant en redemande ! Et je me dis avec bonheur qu'il n'a pas fini de devenir un apprenant : vivre et apprendre sont synonymes ! 😊

Si on voulait, cette fois,  donner du co-schooling une définition négative

Le co-schooling signifie : on ne réserve pas les apprentissages à l'école.

C'est tellement logique ! Laissez moi parler à vos entrailles (si, si) et prendre l'exemple du très jeune enfant. Que répondriez-vous à la personne qui vous dirait, en vous voyant interagir avec votre bébé : "Mais enfin, ne lui propose pas de mobiles ! Ne lui tend pas ce hochet ! Ne lui parle pas ! Tout ça, c'est le travail de la crèche/de la nounou !"

Voilà. C'est ce genre de sentiment que j'éprouverais si on me disait : "L'adjectif qualificatif ? Mais enfin, c'est le travail du maître ! Ne lui parle pas Géographie ou Sociologie, sans quoi il s’ennuiera à l'école ... Mais enfin, l'anglais ou l'éducation à la santé, ce n'est pas à toi de le faire !"

Je me dirais que les gens qui parlent ainsi vivent dans un drôle de monde, tout vide, dans lequel les "matières scolaires", qu'il s'agit de "faire" (?), flottent devant eux dans l'air éthéré ... Les bons élèves les attrapent, les autres, non. Question de chance, sans doute. 

Ou pas. 😊


Marie-Anne : As-tu fait des lectures sur le sujet qui t'ont particulièrement inspirée ?

Elsa : Mon parcours, est, je crois, connu des lecteurs de ce blog. J'ai découvert la pédagogie Montessori très tôt dans mes études, mais elle ne m'est clairement "apparue" que lorsque je suis devenue Maman. Antonin, mon fils aîné, avait 5 mois. 

De fil en aiguille, deux ans et demi plus tard, j'ai découvert la pédagogie Waldorf/Steiner, un peu plus ancienne, dont j'aime beaucoup l'essence - bien que l'idéologie ait très mal vieilli et qu'elle nous parvienne teintée des horreurs historiques qu'elle ne pouvait prévoir ... 
Son essence, donc : privilégier la connexion humaine et rythmer sa vie de famille sur le monde naturel. Oui, dit comme ça, c'est vrai que ça fait un peu sectaire. 😊 C'est sans doute pour cela que ma boulangère me regarde d'un drôle d’œil quand je lui dit que ça me fait mal de quitter mon jardin pour aller bosser. C'est que je dois être sectaire. C'est ça. 😊

Et puis, il y eut la découverte Reggio. Dont je ne suis toujours pas remise. Et dont je ne comprends toujours pas pourquoi on la cantonne aux "petites" classes de maternelle.

En bref, cette pédagogie insiste sur la communication et les relations entre les apprenants. Très co-schooling, tout ça, finalement. La question de la "documentation" est peut-être un peu plus difficile à mettre en place à la maison, mais finalement, avec le temps, nous commençons à développer des outils tout simples, économiques et efficaces, qui font bien le job.

Sinon, je garde toujours un œil fort attentif sur la théorie des intelligences multiples, sur l'émergence de Charlotte Mason (encore un vieux truc ressuscité récemment, pour notre plus grand bonheur) et sur les travaux de Célestin Freinet (un classique celui-là, mon premier amour !). Tout cela m'inspire énormément, je rêve d'une espèce de synthèse de toutes ces approches ... qui serait si riche, si ouverte, si vivante ! 💙

Ceci-dit, je n'ai pas fait de lecture spécifique sur le co-schooling ... et rien ne me vient. Mais si vous avez des tuyaux, je veux bien ! 😊


Marie-Anne : Suis-tu une progression prédéterminée et structurée dans les activités que tu proposes ou est-ce que tu fonctionnes seulement au jour le jour en fonction de tes enfants, de ce qui se présente, de tes observations ? Ou est-ce un peu les deux à la fois ?

Elsa :  Surtout pas de progression déterminée ! L'avantage du co-schooling, c'est que nous ne sommes pas à l'école. Programmer prend un temps fou - un temps dont je ne dispose pas. Et pourquoi le ferai-je ? Je n'ai pas d'inspection à subir, aucun compte à rendre ...

Nous avons un carnet sur lesquels nous notons les questions que les enfants nous posent et auxquelles nous sommes incapables de répondre. A titre d'exemple, les dernières en date (signées Antonin) sont : "Que mangent les mouches ?" , "Qui a inventé les dessins-animés ?" et "Comment peser l'air ?". 😁 Sur ce même carnet, nous notons les idées d'ateliers que nous aimerions réaliser prochainement. Louiselle m'y a fait écrire : "Décorer des cupcakes.", "Fabriquer des ballons sensoriels." et "Dessiner sur du tissu.", et j'ai ajouté : "Fabriquer du papier recyclé." Le Papa des enfants, généralement, ne note rien, mais propose aussitôt que l'idée germe dans sa tête (dernière en date : Proposer un support pour utiliser la visseuse/dévisseuse.)

Toutes ces idées, toutes ces questions, sont là, notées ; si les enfants le souhaitent, ils peuvent nous solliciter pour mener une recherche (via des documentaires et Internet) ou pas. Certaines tombent dans l'oubli, ce n'est pas grave. Apprendre, ce n'est pas tout savoir. Il y a une chose qu'on découvre rapidement lorsqu'on est enseignant : on ne peut pas tout faire. Et ce n'est pas grave du tout, puisqu'apprendre est un processus, pas un résultat. Lorsqu'on a compris cela, on n'a plus peur des éventuelles lacunes - ni des siennes, ni de celles de ses enfants !

Notez que je propose aussi des activités à mes enfants auxquelles ils n'auraient pas pensé. Tout ne vient pas d'eux ! Nous sommes une famille : certaines choses sont amenées par eux, et d'autres par moi ou mon homme. Nous prenons les idées comme elles viennent. Cela me parait sain et équilibré. 😉

Parce que, d'abord, il y a des choses qui ne s'inventent pas. Par exemple, le son que codent les lettres. Ou la signification des chiffres romains. On peut laisser l'enfant s'enferrer dans une enquête fastidieuse sur la signification de ces signes - ou on peut l'aider à mémoriser ces conventions pour ce qu'elles sont : des conventions, arbitraires et utiles, dont il s'agit de systématiser la connaissance si on ne veut pas, à 9 ans, se retrouver le nez le nez en l'air dès qu'il s'agit d'écrire le son [g] - "Qu'avais-je découvert au terme de mon enquête, déjà ?". Maria Montessori ne dit pas autre chose : ce type de systématisation fait l'objet de ses leçons à trois temps. Mon enfant ne peut pas deviner les mots "onze", "douze" et "treize", ni les mots "vingt", "trente", "quarante". Je les lui apprends donc, lorsque je constate que le fait de ne pas les savoir l'empêche d'accéder à ce à quoi il tend.

De plus, j'appartiens à une communauté de pensée qui innove énormément, et qui m'inspire. Je parle de ce que découvre sur Internet, oui, via les blogs de parents et les comptes Instagram. J'inspire à mon tour mes enfants - j'espère ! - en leur proposant des activités nouvelles dont ils n'auraient pas eu l'idée tout seuls (et dont je n'aurais pas eu l'idée toute seule, non plus, d'ailleurs) : réaliser des moulages de plâtre, mémoriser telle comptine anglaise ou organiser une chasse aux étoiles... Les idées circulent, nous ne sommes pas seuls au monde, centrés sur notre nombril et nos petits "centres d'intérêt" !

Partir des intérêts de l'enfant, c'est une bonne base. Mais proposer d'autres choses (en pleine conscience de qui est cet enfant-là, néanmoins), c'est un prolongement indispensable. Qui donnera naissance à d'autres centres d'intérêt ! 😊


Marie-Anne : Comment fais-tu pour trouver le juste équilibre entre ce qui se vit à la maison et ce qui se vit à l'école ? Te donnes-tu des limites ?

Elsa : Je ne suis pas sûre de bien entendre ta question ... Parles-tu de l'équilibre de l'enfant ou du mien ? 😊

Allez, je pense que tu parles de l'équilibre de mes propositions ... en terme de contenu ? C'est cela ?

Je refuse de suivre - ou d'anticiper - ce qui se passe à l'école. Genre : "Ah, ma fille va aborder la leçon du COD, vite, je vais lui expliquer avant, comme ça elle comprendra mieux à l'école.". Raisonner ainsi revient à ne pas croire en la capacité de l'enseignant à expliquer - pire : cela revient à ne pas croire en la capacité de l'enfant à comprendre.

Vous allez certainement être surpris de quelque chose : je me soucie assez peu de ce que mes enfants apprennent à l'école. S'ils me parle de l'école, bien sûr, ça m'intéresse. Notez qu'ils me parle beaucoup de ce qu'il y vivent, mais assez peu de ce qu'il y apprennent. C'est normal. Cela me donne parfois (rarement) des idées sur lesquelles rebondir.
Mais je n'analyse pas leurs cahiers. Je dois, comme la plupart des parents, je crois ?, me faire un peu violence lorsque le jour vient où il faut les signer. L'idéal est de feuilleter avec l'enfant ses travaux, d'en discuter avec lui, de montrer que cela nous intéresse. Et on le fait, oui. Je le fais, comme tout le monde. Mais je vous assure qu'il y a des soirs où cela relève clairement de la corvée, même si je joue l'enthousiasme (cela vient peut-être aussi de mon métier : des cahiers, j'en vois assez !).

De la même manière, c'est toujours mon mari qui encadre les devoirs du soir.

Après une journée de classe, j'aime bien raconter la mienne aux enfants. Alors, ils me racontent souvent la leur. Ma "fenêtre" sur leur scolarité se borne à cela, et c'est parfait pour moi.

C'est peut-être ce que tu entends quand tu me demandes si je me donnes des limites ? Oui, je m'en donne, de ce point de vue. Je me tiens à distance. 😊

Si ces limites concernent le contenu des savoirs, par contre : il n'y a aucune limite. Toute matière, tout concept peut être invité sous notre toit s'il passe par là. A bon entendeur ! 😉


Marie-Anne : Tu as l'opportunité de pouvoir observer cette réalité des deux côtés, as-tu le sentiment que cette façon d'accompagner ses enfants et de leur permettre de faire une partie de leurs apprentissages à la maison, avec leurs parents, soit considérée de façon positive par les enseignants ? Ou est-ce cela peut-être source de tensions ?

Elsa : Tout dépend, et en France on souffre cruellement d'une certaine vision des matières scolaires ... Par exemple, si votre enfant est très moteur et que vous passez votre week-end à courir et à jouer au foot avec lui, tout le monde trouvera cela très bien. De même pour les activités artistiques et technologiques. C'est comme si, pour ces disciplines, tout le monde s'accordait sur le fait qu'il ne pouvait pas y avoir conflit entre deux manières d'apprendre - à l'école et hors de l'école.

Si votre enfant se passionne de Sciences ou d'Histoire, on ne manquera pas de le féliciter pour sa culture générale. Qui ne peut que tomber du ciel, bien entendu. 😉 Je ne suis pas sûre que vous soyez compris si vous expliquez que vous passez vos week-end à nourrir cet appétit en fournissant le matériel scientifique,  modélisant les découvertes, confectionnant des cahiers, inventant des jeux, etc.. On risque de vous trouver un peu farfelu. Gentiment farfelu, bien entendu. 😊

Par contre, si le dada de votre enfant, c'est la grammaire (ou les tables de multiplication ...) je vous conseille fortement de garder cela pour vous. Le "français" et les "mathématiques" sont estampillés "matières scolaires" depuis la naissance de l'école - vrai je crois que les gens pensent sincèrement qu'on en "faisait" pas avant. En tout cas, si vous glissez que vous fournissez des alphabets mobiles à votre enfant de maternelle, on va immédiatement vous suspecter (le mot est faible) de le sur-stimuler.

Prudence, donc, dans ce que nous racontons de notre vie intime aux enseignants. Après tout, ils n'ont pas besoin de savoir ce que vous faites à la maison. Ils constateront certainement certains penchants chez votre enfant ("Ah, ce qu'il est matheux, hein ?") et ils seront tout content de faire cette découverte tout seuls. Ils n'ont pas besoin que vous leur fonciez dessus le jour de la rentrée en disant : "Je vous préviens, il adore les maths, il fait des maths toute la journée ! D'ailleurs, je voulais vous demander : vous connaissez Montessori ?". 😂

Puisqu'on aborde ce sujet, je voudrais développer en quelques mots cette relation parents/professeur. 😊

Pensez toujours que l'enseignant a quelques 30 enfants à gérer chaque année (je vous l'accorde, c'est très difficile à concevoir lorsqu'on n'est pas du métier !), et qu'il a besoin de temps pour les connaître. Avec chacun, il va développer une relation unique. Dont vous, en tant que parent, êtes exclu. Ce qui se joue à l'école n'appartient qu'à votre enfant. C'est une opportunité qui lui est offerte de vivre quelques heures loin de votre regard - vrai, je pense que cela fait du bien de ne pas toujours être avec ceux qu'on aime. A l'école, votre enfant a la possibilité de ne pas être celui qu'il est à la maison - et vous serez peut-être surpris d'apprendre que la fillette que vous savez si musicienne ne se distingue pas tant que cela en musique, finalement, à l'école. Ce n'est pas grave - mieux : c'est très bien. Souriez, faites-lui confiance, et continuer de lui proposer des activités musicales à la maison si elle en demande. 😊

Plutôt que de vouloir échanger à toute force avec l'enseignant autour de votre enfant, laissez-le respirer. La relation est d'autant plus chouette avec l'enfant que ses parents ne prennent pas trop de place. Bien sûr : rendez-vous aux portes ouvertes, aux réunions, aux rencontres parents-profs, portez-vous volontaires pour les sorties, saluez les enseignants et prenez le temps d'échanger quelques mots sur votre enfant si nécessaire. Mais je vous assure que les parents qui nous harponnent un quart d'heure tous les matins, et qui réclament 3 réunions d'une heure par an (que nous finissons par accorder sur notre temps personnel, soit dit en passant) alors que tout va très bien, s'ils ne polluent pas la relation qu'on a à leur enfant, finissent tout de même par gâcher quelque chose ...

Avec les enseignants, deux règles d'or : faites confiance ! Et préservez votre jardin secret ... 😉


Marie- Anne : Pour terminer, quels seraient tes conseils pour les parents qui voudraient vivre une forme de co-schooling ?

Elsa : Lancez-vous le défi d'apprendre quelque chose tous les jours ! Faites-le avec plaisir, et échangez avec vos proches sur ce que vous apprenez. Le reste viendra tout seul, à savoir : vos enfants développeront le goût d'apprendre ! 😊


Enjoy !

22 commentaires:

  1. Oh, quel bonheur en cette fin d'après-midi de découvrir cet article! Et comme il me donne du baume au cœur étrangement. Un grand merci Elsa d'avoir pris le temps de répondre si bien à mes interrogations et d'avoir encore ouvert de nouveaux horizons pour moi, et ce à quelques jours de la rentrée!

    Belle rentrée! Et encore merci!

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  2. merci merci merci'et c'est en te lisant que je me dis ' c'est tout a fait ca' ' je ne mettais pas les mots aussi bien alignés dans ma tète mais merci encore car cela fait echo en moi

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  3. Merci pour cet article ! C'est un bonheur de le lire et superbement inspirant... J'adore votre blog et Merci Montessori aussi (mes loulous ont 2 ans) !

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  4. C'est très intéressant, car cela rappelle à tous que peu importe le temps dont on dispose, c'est à nous qu'il appartient de choisir la qualité de nos relations avec nos enfants ainsi que l'éveil à la curiosité.
    Nous visons sans école, mais clairement l'envie d'apprendre est présente chez chacun des membres de la famille et je pense que c'est ce qui rend nos découvertes si intéressantes.

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  5. Les lectures dont je ne me remets pas :
    Ton blog, qui a ouvert ma réflexion sur d'autres pratiques pédagogiques.
    La Pédagogie de la mouche, de Bernard Collot, découvert sur ton blog.
    Libres pour apprendre, de Peter Grey : pédagogie démocratique, qui m'intriguait, puis me colle au cerveau.
    La Fin de l'éducation, de Jean-Pierre Lepri, et Lire se livre : un inspecteur à la retraite qui a compris qu'il avait passé sa carrière à essayer de peindre de toutes les couleurs les barreaux de la prison. Il démontre très bien comment on apprend mieux à lire sans méthode de lecture, parce que la méthode est incomplète et handicapante à long terme (je schématise, il est bien plus subtil que ça).
    Plus que du co-schooling, j'ai maintenant envie de faire du unschooling en groupe, dans une "école" qui serait surtout un regroupement de moyens humains et matériels, avec des objectifs pédagogiques, mais sans programme, en m'appuyant sur la motivation intérieure des jeunes et le monde tel qu'il nous entoure.
    Prochaines lectures prévues : John Holt.

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    1. Merci pour toutes ces pistes, Alice, je vais m'empresser de voir où je peux dénicher du Lepri dans mon réseau de bibliothèque ! <3

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    2. Lepri a une lettre d'information sur son site, voici celle sur la lecture : http://www.education-authentique.org/uploads/PDF_LEA/LEA_38.pdf.
      Bonne lecture !

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  6. Merci pour ce bel article !
    Juste un petit détail, c'est Célestin Freinet (et non Augustin). Cela dit, ce sont tous deux de beaux prénoms ;-) !
    Bonne fin de vacances à vous et belle rentrée !

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    1. Ah, ah, merci Boubou de m'avoir signalé mon lapsus ! Je sais exactement pourquoi je l'ai fait, et ça m'a bien fait rigoler (bon, cela ne peut faire rire que moi, mais voilà !)!
      :-D

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  7. Hum je suis d'accord, cependant dans le Co j'entends aussi cette co-éducation école - maison, qui fait que chez nous j'essaye de suivre ce qu'apprennent les enfants Ca me permet de propose des choses décalées mais qui suivent ce qu'ils apprennent à l'école. Un peu dans les "vraies" matières (sic) maths, francais mais surtout dans tout ce qui touche à la découverte du monde (sciences, histoire, art, géographie...)
    L'essentiel étant toujours et avant tout de passer des moments de qualité parent enfant!

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    1. Je m'attendais à cette objection (merci de l'avoir faite !) et j'y avais réfléchi.
      Mon "schooling" à moi est un peu comme le "schooling" de unschooling (préfixe négatif oblige) : ici, pour simplifier, il s'agirait un peu de faire l'école "à CÔté" de l'école ...

      Après il en est de même de tous les "schooling" : à chacun le sien !

      Ici, je me préserve du fait de mon métier. Dès je vois une page de cahier de mon enfant, je VOIS les objectifs poursuivis, les méthodes employées, etc. C'est assez lourd. (Et souvent déprimant, mais chut, ça je n'ai pas le droit de le dire, et surtout pas à mes enfants !) :-D

      Mes enfants ne risquent pas de ne pas être encadrés scolairement : chez nous le danger est inverse. J'ai peur qu'ils le soit trop si j'y mets trop le nez. C'est pourquoi je délègue beaucoup au Papa (qui fait le job à ravir, avec l'implication adéquate !).

      :-)

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    2. Merci Elsa pour ta réponse! Je comprends effectivement votre particularité familiale! Déjà sans être dans le métier je soupire parfois intérieurement en voyant les pages des enfants alors... Et je suis d'accord avec toi les papas font très bien le job des devoirs! Ils ont une juste dose d'équilibre entre implication et lacher prise... Heureusement qu'ils sont là nos hommes :-D
      Mes enfants sont souvent très enthousiastes à faire des activités (ou avoir des discussions) qui prolongent ce qu'ils ont vu en classe. Ils connaissent un bout du sujet et sont ravis d'en savoir plus!

      Bises

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  8. Bonjour Elsa, Merci pour ce beau partage. Je vous suis depuis quelques temps toujours avec beaucoup d'intérêt parfois avec une pointe de culpabilité. J'ai une fille de 7 ans, et depuis sa naissance et même avant j'avais beaucoup lu Montessori, je m'étais intéressée aux pédagogies dites alternatives, j'étais très attirée par l'école à la maison, les apprentissages spontanés ... et puis il y a eu la mise en pratique qui chez moi pêche un peu mais cela est un problème ;-) j'ai découvert Reggio via votre blog mais je peine à trouver des ressources en français, auriez-vous un ouvrage à me conseiller ? Merci beaucoup pour votre blog, le travail que cela demande, il est très inspirant ! Caroline

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    1. Je n'ai trouvé que cette ressource en français :http://www.lefuret.org/commander-en-ligne/enfants-d-europe/enfantsdeuropetelechargeable-6.html
      Je l'ai en version "papier", ça a été une lecture très inspirante pour moi, qui explique bien l'essence de cette pédagogie. Par contre, c'est clairement plus philosophique que pratique. Pour la dimension pratique, il faut mieux se tourner vers les publications américaines (en anglais, donc). Alors, c'est un Reggio "à l'américaine", un peu différent de celui qui se pratique en Italie, je trouve, mais vraiment inspirant !
      http://www.aneverydaystory.com/2012/12/04/reggio-books-which-to-buy-and-which-to-borrow/

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    2. Merci ! et bonne rentrée.
      Caroline

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  9. Bonjour Elsa,

    J'ai relu cet article plusieurs fois et toujours avec plaisir ! Je me retrouve beaucoup dans le fait de déléguer les devoirs du soir au papa et finalement m'enthousiasmer pour les découvertes, recherches et activités en famille.

    Pour l'instant, mon métier interfère (beaucoup) trop sur mon temps libre et mon temps d'esprit disponible. C'est parfois avec regret que nous devons attendre plusieurs jours avant de poursuivre un thème ou une question. Mais c'est cela la vie de famille aussi !!

    Merci beaucoup pour cet article qui résonne en moi !

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    1. Oui, c'est terrible, hein : lorsqu'on est enseignant, on n'a plus du tout de "temps de cerveau disponible". Cela me questionne aussi beaucoup par rapport à mes enfants et à ma vie de famille ... :-(

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    2. Céline, il n'y a pas que les maitresses qui doivent différer les activités d'une ou deux ou trois ou.. journées!! Les autres mamans pas maitresses sont tout pareil!

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  10. "Les parents qui vous harponnent un quart d'heure tous les matins"

    Ah, mais sais tu à quel point ceux-là désespèrent les autres parents qui essaient tant bien que mal, occasionnellement, de dire un mot à l'enseignant ne serait-ce que pour lui transmettre une information bien basique (mon enfant ne va pas à la garderie ce soir)? Et qui doivent poireauter 15 minutes pour cela...

    Sur la fabrication du papier recyclé, je suppose que tu as des ressources documentaires mais le magasine "youpi j'ai compris" de bayard presse auquel mon fils est abonné proposait un petit atelier sur ce thème dans son numero d'avril 2017.

    Bonne pré rentrée.

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    1. Bonjour Aline !
      Merci pour la réf. sur le papier recyclé !

      Et oui, les parents-harponeurs ne nuisent pas qu'à leur relation avec l'enseignant, mais aussi à celle des autres parents avec l'enseignant ... C'est un comble ... :-/

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  11. Merci pour cet article qui met enfin les mots sur ce que je voudrais faire avec mes enfants! Je suis éducatrice spécialisée et très intéressée par les pédagogies dites alternatives. Après la naissance de mon fils, une forte envie d'IEF m'a travaillée. Mais le papa n'est pas chaud du tout et j'avoue que la relation avec mon aîné étant puissante, j'apprécie finalement la séparation qu'induit l'école. Mais je suis frustrée et me sens dépossédée de quelque chose. Pourtant, j'essaye d'alimenter sa curiosité lorsqu'il est à la maison. Mais par peur de passer pour une mère qui en fait trop, je me suis freinée. Ma dernière rentrera normalement à l'école en 2019, malgré cette envie encore bien présente d'IEF. Je me rends compte à travers cet article, que école et "apprentissage" à la maison sont donc conciliables sans culpabilité. Ça me fait le plus grand bien!
    Je vais donc réfléchir plus sérieusement à la "mise en pratique" de ce co-schooling.
    Merci encore :)

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  12. Bonjour, je voulais vous remercier pour cet article très intéressant que je viens de lire (alors qje je suis le blog depuis longtemps, comme quoi...)
    Nous essayons d'entretenir à la maison la curiosité de notre aîné, mais en effet dès l'entrée à l'ecole certaines matières sont vite estampillés "scolaires"... par les enseignants auprès des enfants... quand mon fils en grande section se posait des questions sur les lettres et la lecture j'ai voulu lui apprendre le son des lettres... eh bien! Il m'a rétorqué que je ne devais pas lui apprendre à lire que la maîtresse avait dit que ce n'etait pas aux parents d'apprendre à lire etc. J'avoue que cela m'a laissé perplexe... je n'ai pas insisté mais on sent bien parfois que certaines matières restent la "chasse gardée" fes enseignants.
    Merci encore.
    Christelle

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