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mercredi 9 décembre 2015

Histoire de chats


Certaines d'entre vous s'étant émues de l'adoption de notre nouveau chat et ayant exprimé le souhait de connaître son histoire, je me lance aujourd'hui dans ce petit récit – et pour ceux qui n'y trouveraient pas leur compte d'un point de vue pédagogique, rendez-vous en fin d'article ! ;-)

Depuis février, vous le savez, nous avions été adoptés par un chat charmant – à vrai dire, j'ai toujours soupçonné qu'il s'agissait d'un prince ensorcelé. Après quelques mois de vie commune, nous découvrîmes qu'en fait, il avait des maîtres : un jeune couple sans enfant ni jardin vint sonner à notre porte. Je dis « sans enfant ni jardin » car il semblerait que ce soit là les deux critères qui aient décidé Charmant le Chat à déserter son habitat originel : il aimait beaucoup nos enfants, et vouait une vraie passion à notre jardin. Je me plais à croire qu'il aimait bien tout le reste aussi ! Car entendez-moi bien : ce chat n'avait pas de double vie. Depuis qu'il avait décidé de vivre chez nous (non sans avoir lourdement insisté, au point de rester blotti dans la neige de notre jardin une semaine entière à me regarder avec des yeux de merlan frit à travers les carreaux de la cuisine…), il délaissait totalement ses premiers maîtres qui, le jour où ils vinrent sonner à notre porte, ne l'avaient pas revu depuis de longs mois.

Nous fûmes affectés d'apprendre que ce chat n'était pas vraiment « nôtre », et promirent de rapporter le fugitif à son domicile dès qu'il réapparaîtrait (Tiens, mais au fait, où se cachait-il pendant cette conversation ???). Ce que nous fîmes avec bonne volonté (Charmant ne l'était plus vraiment et se tortillait comme un beau diable dans les bras de mon mari pendant que nous nous dirigions vers la maison de ses maîtres). Nous sonnâmes : personne. Et je dois avouer qu'à cette seconde même, nous renonçâmes à l’honnêteté – allons, si ce chat ne voulait pas vivre ici, qui pouvait l'y contraindre ?

Les choses reprirent leur cours tranquille sans que nous revîmes nos voisins. Nous savions désormais que ce chat n'était pas à nous, mais cela ne changeait finalement pas grand-chose : qui peut se targuer de POSSÉDER un animal ???

Le chat restait prudemment hors de portée de ses "maîtres", puisqu'il passait de notre jardin au jardin d'à côté, puis de là, au jardin suivant, etc. sans jamais s'aventurer sur la route ("zone neutre" de tous les dangers). Sauf : quand il m'entendait rentrer du travail. Au son de ma voiture, il se précipitait dans la rue pour courir au devant de moi. C'était touchant, sa manière de chat de « faire la fête ». Mais ce fut ce qui le perdit.

En rentrant un soir, alors que je suais sur mon créneau, je vis dans mon rétroviseur un homme prendre le chat à bras le corps. Le chat n'avait pas l'air d'accord. Ce soir-là, il ne rentra pas à la maison. Nous l'attendîmes longtemps (pour tout vous avouer, une part de nous l'attend encore…) et nous apprîmes bientôt que ses maîtres légitimes avaient déménagé on ne sait où.

Bon, après tout, ils avaient le droit de faire ce qu'ils ont fait. Et je dois admettre qu'ils avaient l'air de beaucoup aimer les animaux. Où qu'il soit, le chat n'est pas maltraité, loin de là. Mais sûr que les enfants et le jardin lui manquent – et qui sait ? Bien d'autres choses encore…

Le temps passa – et nous décidâmes de partir un jour en quête d'un nouveau chat à adopter.

(Charmant le chat, si tu me lis, sache que tu peux néanmoins revenir quand tu veux. D'ailleurs Loup et toi seriez les meilleurs amis du monde, c'est sûr !)

Nous épluchâmes les petites annonces, et trouvâmes notre âme féline sœur : un gros matou de 8 kg, dit « Loup », au large squelette de chat sauvage, que ses maîtres avait acquis 5 ans auparavant pour fonder un élevage de maine-coon. Hélas, il s'avéra rapidement que Loup était en réalité croisé, et que ses acheteurs venaient de se faire avoir. Ils castrèrent donc le Louloup et le gardèrent comme chat de compagnie.

Avec les années, l'élevage se monta, et les deux jeunes mâles géniteurs se mirent à dominer Loup et à lui rendre la vie insupportable. Ce que voyant, la mort dans l'âme, ses maitres décidèrent de chercher à le donner.


Et voilà. Loup vit désormais avec nous. Il est aussi placide qu’enjôleur. C'est un matou très sociable, qui s'est constitué une bande de potes parmi les chats du quartier. Il ronronne comme une locomotive et adore qu'on lui gratouille le ventre. Il a bien sûr, ses petites lubies de félin, et refuse par exemple de marcher sur le tapis du salon, qu'il contourne toujours avec précaution. Sa posture préférée consiste à faire le morse (ou la baleine échouée...) sur la table de la cuisine... dans un abandon total 100% émouvant... surtout venant d'un tel mastodonte !!


J'ose espérer que cette fois, nul se sentira le droit de le kidnapper.

Bien entendu, le privilège de vivre avec un membre de la gente féline reste une expérience extrêmement positive pour toute notre famille - Attention, c'est ici que le verbiage pédagogique reprend ! :-)


Le fait de vivre avec un animal me semble être la meilleure voie, à 3 et 4 ans, pour appréhender le fait que tous les êtres vivants sont des êtres sensibles, soumis aux mêmes lois que nous (plaisir, souffrance, maladie, mort...) et qu'il est naturel de les respecter. J'espère que cette expérience concrète servira de base, le temps venu, pour comprendre l'interaction absolue qui unit tous les êtres vivants et l'immense responsabilité de l'Homme à cet égard.

Très pratiquement, il est plus pertinent de confier à l'enfant une tâche quotidienne simple, plutôt qu'un travail épisodique, moins "essentiel" et souvent plus laborieux. Le nourrisage est l'exemple type : nourrir quelqu'un, c'est très concret, mais très symbolique aussi. Mes enfants sont nourris par moi (au sens où ils ne sauraient suffire à leurs besoins de ce point de vue) et je me dis que nourrir un "plus petit que soi" leur permet peut-être de rendre ce qu'ils reçoivent, et de se libérer d'une sorte de dette... En tout cas, ici, le chat n'a jamais faim ! ;-)

Nous achetons les croquettes par paquets de 10 kilos, que je transvase par petites quantité dans une boite en plastique. Rangée à hauteur d'enfant, elle permet à tous de remplir la gamelle de Loup dès que le besoin se fait sentir. Pour l'eau, c'est à peine plus compliqué : il s'agit d'empoigner la carafe Brita (selon sa position sur le meuble, un escabeau peut s'avérer nécessaire) et de verser dans le bol. Les enfants sont par ailleurs sensibilisés au fait qu'il faille mettre, le cas échéant, les gamelles au lave-vaisselle et les remplacer. Enfin, ils rêveraient de changer la litière, mais j'avoue leur réserver les tâches les moins salissantes par mesure d'hygiène, comme de re-remplir le bac propre de granules propres deux fois par semaine. ;-)

Une fois ces soins de base assouvis, n'oublions pas que ce dont Loup a le plus besoin, ce sont des câlins, des jeux, et une abondante communication physique et verbale.


Et pour l'anecdote, j'ai réussi à obtenir d'Antonin qu'il marque une pause dans son livre de lecture, et revienne sur des textes déjà connus. Ce fut un peu difficile à avaler pour le Damoiseau, qui se voyait brimé dans sa belle progression... Je l'ai convaincu en lui expliquant que Loup (et moi !) adorions ré-écouter les mêmes histoires... Depuis il s'applique, non seulement à lire, mais à "bien lire"... pour le chat...

J'essaierai de filmer cela ! :-D

Et en attendant, voici une petite sélection de mes albums coups de cœur sur le sujet... Dans l'attente de vos grains de sel, as usual ! ;-)

9 commentaires:

  1. Merci pour cette double histoire très émouvante, il faut dire que tu sais bien les raconter, les histoires :-) ! Et puis je suis d'ordinaire déjà très sensible, alors enceinte, un rien m'émeut...
    Je continue de penser que les gens sont bizarres, parfois...

    J'ai toujours vécu avec des chats, et quand j'avais 16-17 ans environ, nous avions aussi été adoptés par un chat. Roucky, toute petite boule de poils orange qui était venue se réfugier dans le panier de la tondeuse, dans le garage de la maison :-D.
    Loup est absolument magnifique, il doit faire craquer toute la maisonnée !
    Une pensée pour Charmant le Chat...

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    1. Bon je t'ai parlé de ta/ton cadet(te) dan un autre commentaire, mes messages se sont embrouillés...

      Tiens-moi au courant : quand accouches-tu ? :-)

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    2. Dans le panier de la tondeuse...
      P'tite pitchoune. Voilà une entrée en matière, dans la relation, qui dit : "Je vous fais confiance!"
      !!!

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  2. Ah, et mon père disait toujours que ce ne sont pas les chats qui nous appartiennent mais nous qui leur appartenons !

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    1. Exact ! Chez nous on dit aussi que "nous habitons chez nos chats" et qu'un chat choisit ses maîtres. C'est comme cela qu'en plus de nos 2 chattes, nous devons composer avec le tigré des voisins, qui s'introduit dans notre maison dès qu'il trouve une ouverture...Par contre il est hyper agressif, s'est déjà attaqué à nous et notre fils en traître - du genre, quand il arrive dans notre dos, à nous sauter sur les mollets pour les mordre et les griffer :-/.

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  3. J'avoue que même si ses nouveaux maitres sont adorables, ils manquent un brin de sagesse : je pense comme toi que les animaux (ni les enfants, d'ailleurs) ne peuvent appartenir à personne... Bref, longue et heureuse vie à Charmant, où qu'il soit !
    Et bienvenue à Loup !

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  4. J'ai toujours songé qu'il manquait un chat près de votre foyer dans ce sublime salon au parquet rouge. C'est chose faite. Photos toujours sublimes. Toujours le même appareil? ;-)

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  5. Depuis notre emménagement, un chaton tigré roux vient régulièrement dans notre jardin et, lorsque la baie vitrée est ouverte, visiter notre maison.
    C'est le chat des voisins et, par extension un peu le notre aussi. Lorsque nos voisins partent en vacances ou en week-end, Petitchat vient chez nous. Quand ses maitres le mettent dehors (parce qu'il n'est pas très bien élevé et qu'avoir PetitChat quand on est à table c'est un peu compliqué) PetitChat vient gratter à la porte et bien souvent un des garçon lui ouvre.
    Petit chat aime l'étagère de pull de PetitF et notre canapé.
    On va continuer à partager le chat des voisins mais il se pourrait qu'on se laisse tenter...
    En tout cas PetitChat n'a peur de rien, pas même de P'titKo quand il le poursuit avec son cornet (hoooo)

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  6. Chez nous, on est TOUS absolument convaincus des bienfaits de la cohabitation entre petits bouts et gros matous !
    En effet, nous avions deux chats (un mâle et une femelle, stérilisés tous deux) avant que notre petite puce n'arrive. Nous étions assez sereins à cette idée mais prudents tout de même les premiers temps. On a tous entendu parler d'accidents domestiques impliquant les animaux de la famille.
    Mais aujourd'hui, notre fille ayant 15 mois maintenant, je peux dire que l'expérience est un franc succès. Nos chats sont sans doute supers mais on peut dire qu'ils contribuent grandement à son développement. Ils lui ont apprit la notion de douceur bien plus vite que nous, ses propres parents... un comble ! ;) bin oui, quand la puce a compris qu'ils ne la fuiraient plus si elle était moins vive (pas de gifles et pas de cris), ça l'a grandement motivé.
    Je suis impatiente de voir ce que leur relation va donner. :) A suivre...

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