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jeudi 18 octobre 2018

FAQ : la violence de l'Histoire

Ma première Histoire de France et figurine Papo (non rééditée)

Fabienne est passionnée d'Histoire. Elle aime l'idée d'initier ses enfants, de 5, 9 et 11 ans, à l'Histoire de France, mais elle s'interroge :

"Je ne sais pas si c'est une impression, m'écrit-elle, mais je trouve que plus on avance dans la chronologie, plus l'Histoire est violente. Les Romains envahissant la Gaule, ce n'était déjà pas tendre, mais comment expliquer la torture de la crucifixion, courante il y a 2000 ans, à mes enfants ? Comment leur parler des pendaisons du Moyen-Age ? Du massacre de la Saint Barthélémy ? De la guillotine ? Des génocides du XXe siècle et des armes chimiques d'aujourd'hui ?"

Jules César, Vercingétorix (non réédité), et La p'tite encyclo de l'histoire de France

Et bien je dois dire que je suis assez d'accord avec Fabienne 😔. Et nous ne parlerons même pas de l'actualité, qui, en plus d'être violente, est contemporaine - et glace le sang bien plus que n'importe quelle barbarie appartenant au passé.

Cependant, le fait que ce soit moi qui narre, en Histoire, me permet de garder un pouvoir sur les messages que je délivre à mes enfants. Je choisis mes mots. Je mets l'accent sur certains faits, et, ce faisant, j'en atténue d'autres.

Un exemple :

Mes enfants ont entendu parler de pendaison pour la première fois la semaine dernière (merci Robin des bois 😁). J'ai donc expliqué, ainsi :

- On rattache à quelque chose de connu : "Tu te souviens du jeu du pendu, dans lequel il faut trouver un mot ? On dessine une potence à côté, tu sais ?"

- On précise d'emblée que cela appartient au passé : "Au Moyen-Age, en France, on condamnait parfois les gens à mourir quand ils avaient fait une bêtise. Aujourd'hui, en France, on n'a plus le droit de tuer quelqu'un. Même si on attrape un très grand méchant, on le met en prison pour toute sa vie, mais on ne le tue pas." L'objectif est ici d'informer tout en sécurisant : l'enfant a besoin de vivre dans un monde juste (et certes manichéen ...), dans lequel les policiers sont les "gentils" qui arrêtent les "méchants". Il nuancera plus tard, quand il sera prêt à cela.

- On tâche d'être le plus objectif possible (pas d'affects !!) sans s'étendre sur les détails morbides : "Les gibets servaient à pendre les condamnés à mort. On leur attachait une corde autour du cou, et ça les étranglait."

Figurine Papo et le très délectable Déjoue les pièges de l'Histoire

"Si j'édulcore, poursuit Fabienne, je ne sais plus très bien ce que je sers à mes enfants : est-ce encore de l'Histoire ou des mythes ?"

Peut-être cette culture collective et un peu grossière que l'on partage sur notre passé tient plus du mythe que du fait objectif, je l'admets. Bien malin qui pourra démêler l'un de l'autre, en Histoire, d'ailleurs. 😊

Cependant, il ne s'agit pas de mentir à nos enfants, non ! Mais de sélectionner les informations signifiantes. Ce n'est pas pareil. 😉

Prenons un exemple, encore une fois. Chez nous, nous venons de terminer l'étude du XVIIIe siècle.

Qu'ai-je raconté à mes enfants concrètement sur cette période ?

D'abord, j'ai décidé de réduire le XVIIIe siècle à deux "évènements" : Les Lumières et la Révolution Française. Il me semblait primordial de ne pas passer les Lumières sous silence, d'abord parce qu'elles permettent de comprendre que les hommes aient pu trouver l'audace de fiche en l'air un système multi-séculaire, ensuite parce qu'elles apportent un peu de "positif" dans une époque qui serait, sans elles, bien sombre.

Le siècle des Lumières

Ce qu'on retient des Lumières, à 6 et 7 ans :

- Le XVIIIe siècle a un joli nom. On l'appelle le Siècle des Lumières mais ce n'est pas parce qu'on avait inventé l’électricité, non, pas encore ! C'est parce que les Hommes réfléchissent beaucoup à cette période, et ils inventent et découvrent beaucoup de nouvelles choses. C'est la lumière dans leur esprit, en quelque sorte.

- On cite quelques inventions - les enfants adorent ! : Lavoisiser invente la chimie, James Watt créé la première machine à vapeur et les frères Montgolfier font voler de gros ballons dans le ciel !

- Diderot est un Monsieur qui pense, un philosophe, et il a voulu rassembler dans un livre TOUTES les connaissances humaines de son époque : tout, tout, tout ! Les animaux, les plantes, les machines, les métiers, la géographie, la politique ... Tu imagines un livre avec TOUT dedans ! Il était drôlement gros, ce livre ! C'était un peu l'Internet de l'époque et il s'appelle l'Encyclopédie.

- Les philosophes commencent à se demander s'il est normal qu'un seul Homme, le Roi, décide de tout. Louis XIV a dépensé tout l'argent de l’État en fastes et en guerre, tu te souviens, mais pendant ce temps, les pauvres travaillent dur et n'ont rien. Voltaire, par exemple, dit que tous les hommes se valent, qu'ils sont égaux. Il dit quelque chose d'incroyable à cette époque : si quelqu'un fait une bêtise, il a le droit d'être jugé. On n'a pas le droit de mettre quelqu'un en prison sans procès !!

Notre livre phare sur cette période, c'est Voltaire, des éditions "Quelle Histoire", que je raconte plus que je ne lis, mais qui illustre vraiment bien ce courant de pensée à travers la vie concrète d'un homme emblématique.

La Révolution française

La Révolution, c'est un gros morceau. Pour les petits, ce chapitre structurel de l'Histoire est l'occasion de raconter des histoires : on y va à fond sur la prise de la Bastille et la fuite de Varennes. On mime, on décrit, on met en scène !

Ce qu'on retient de la Révolution française, à 6 et 7 ans :

- Les personnages de Louis XVI et de Marie-Antoinette, d'abord : lui, bonasse et gentil, elle, jeune et coquette. Lorsqu'il se marient, Marie-Antoinette n'a que 14 ans ! Et Louis XVI n'est pas beaucoup plus vieux. Imagines-tu te marier à cet âge-là ? Ils auront trois enfants et toute la famille habite à Versailles - qu'on connait bien depuis qu'on a rencontré Louis XIV. Lions, lions les époques, car dans les faits, tout est lié, et les "ruptures" sont rarement perçues comme telles par ceux qui les vivent.

- La prise de la Bastille. Un vrai historien vous expliquera en long en large et en travers qu'il s'agit en réalité d'un évènement mineur, mais le symbole est fort. Le peuple a faim ! Il a des armes, mais pas de poudre, et décide d'aller en chercher dans les caves d'une vieille prison, la Bastille - celle-là même où Voltaire fut emprisonné, tu te souviens ? (Tout est lié, tout est lié !!) Les gardes prennent peur devant la foule en colère et ouvrent les portes. La prise de la Bastille est un grand symbole révolutionnaire : des pauvres gens ont réussi à pénétrer dans une forteresse gardée par les soldats du Roi, tu imagines ! A ton avis, quel jour a eu lieu la Prise de la Bastille ?

- Les gens veulent que le roi vienne habiter à Paris, dans leur ville, avec eux ! Pas dans son palais précieux à Versailles, mais dans la vraie vie, là où les choses se passent. Le peuple va chercher le roi à Versailles, et : incroyable ! Le roi accepte de le suivre. Il s'installe avec sa famille au palais des Tuileries. En fait, le roi est prisonnier des parisiens.

- Le drapeau tricolore et la cocarde : Connais-tu les couleurs de notre drapeau ? Il a été inventé au moment de la Révolution. Le blanc était la couleur du roi, le rouge et le blanc étaient les couleurs de Paris. On met le blanc au milieu pour dire que le Roi est désormais encadré par Paris. Ce n'est plus lui qui décide, il dirige avec les parisiens, avec le peuple.

- Le roi a peur du peuple, il se sent en danger et il s'enfuit avec sa famille ! Mais un garde le reconnait dans un relai, à Varennes : à cette époque, il n'y a pas de télévision, pas d'Internet, mais les gens connaissait le visage du roi. Sais-tu pourquoi ? Il était gravé sur toutes les pièces de monnaie ... Le roi, la reine et leurs enfants sont ramenés de force à Paris. Les parisiens aimaient bien leur roi, mais après cette histoire, ils se sentent trahis, ils n'ont plus confiance en lui. 

- Le roi et la reine sont guillotinés. La guillotine est une machine qui vient d'être inventée, elle sert à exécuter les condamnés : elle coupe la tête grâce à une grande lame. Les gens ne veulent plus d'un roi, ils veulent décider des lois eux-mêmes : ils instaurent une République. Dans une République, c'est le peuple qui gère le pays, qui prend les décisions en votant. Plus personne n'a le droit de décider pour tous. Nous vivons sous une République aujourd'hui.

Notre livre phare pour cette période, c'est La Révolution française, de Guyon et Brochard : de grandes illustrations très précises, des textes abordables, il est parfait ! Et permet d'approfondir certains évènements pour les petits curieux.


Alors, qu'en pensez-vous ?

Comment gérez-vous la violence de notre monde dans ce que vous dites à vos enfants ? Je suis avide de témoignages, merci ! 

L'imagerie de l'histoire et figurine Papo (non rééditée)

Sur le blog, d'autres articles sur l'Histoire de France :
- Entrer en Histoire
- Jules César et Vercingétorix
- "Enseigner" l'Histoire de France ?

19 commentaires:

  1. "Comment gérez-vous la violence de notre monde dans ce que vous dites à vos enfants ?" Aaaah, vaste question, à laquelle je commence seulement à me frotter.

    Le Lardon a deux ans et demi, et dans son imagier sur les transports, sur la page des hélicoptères, on y trouve un "hélicoptère d'attaque". "C'est pour attaquer quoiiiii" demande alors le Lardon en pleine période du pourquoi (ou plutôt devrais-je dire "en plein début" de la période, car ça n'est pas fini j'imagine).

    Prise de court, je ne me voyais franchement pas répondre "C'est pour tuer des vietnamiens"... Alors pour cette première question piège, j'ai honteusement menti. Je me rends compte que, comme toi, instinctivement, je me suis rapprochée de ce qu'il connaît : la seule fois où il a rencontré le mot "attaquer", c'est un livre de la série d'Archibald, "Mon amour", où sur une page donnée, Archibald joue à attaquer un dragon (imaginaire) avec son épée. Ainsi donc, j'ai décidé que les hélicoptères d'attaque servent "si on croise un dragon".

    Clairement pas la réponse idéale, mais 2 ans et demi, c'est un peu tôt pour aborder la guerre, non ?

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  2. Alors chez nous, nous sommes plongés jusqu'au cou dans la première guerre mondiale, puisque c'est ce que les grands travaillent en histoire à l'école, qu'ils sont passionnés et que le centenaire qui approche fait qu'ils se sentent très concernés.
    Ils viennent d'avoir 9 ans et c'est la première fois que nous parlons de manière aussi directe de la violence liée à la guerre et de l'absurdité de celles ci. Je sens que mes enfants sont assez grands pour "encaisser". Qu'ils ont atteind la maturité necessaire pour prendre un peu de recul. Après évidemment on accompagne beaucoup, je vérifie que les messages sont bien compris et bien accueillis.
    Je dois avouer que c'est moi là qui commence à avoir envie de parler d'autre chose... Mais effectivement on ne parle en histoire à quelques exceptions près que de batailles et de combats.

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  3. Très bonne question. Ma fille n'a "que" 3 ans mais je me demande bien comment je vais pouvoir aborder ces choses là avec elle. Je vais suivre attentivement les commentaires :)

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  4. Je suis curieuse aussi ! J'ai cependant une ressource littéraire très intéressante à partager, il s'agit du livre jeunesse "le caillou" de Thierry Dedieu qui explique avec simplicité le fléau de la radicalisation

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  5. Très difficile à aborder cette question de la violence surtout quand nos enfants sont de super éponges tellement qu'ils s’imprègnent de tout ce qui se passe autour et même plus loin! Je vais suivre le post également ;-)

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  6. A 5 ans nous entrons tout juste dans ces questionnements mais pour le moment, je prends plutôt le partie de la vérité toute crue. Le premier cas pratique est Jésus depuis que nous avons visité une église et que ma fille m'a interrogée sur la statue de Jésus sur la croix : qui était-il ? Pourquoi est-il sur la croix ? Je ne vois pas comment répondre à ces questions autrement que par la vérité (sur la crucifixion, les croyances religieuses derrière sont une toute autre histoire qui finalement me posent plus de difficultés pour expliquer). Alors elle a trouvé cela horrible (de ces propres mots) et je n'ai pu qu'approuver. En même temps je vois bien que ma fille évolue dans une bulle à l'écart des atrocités de ce monde (elle n'a aucun accès à l'actualité pour le moment) donc ces histoires ou évènements tragiques et violents arrivent au compte-goutte ce qui nous laisse le temps de les digérer.

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  7. Pas simple en effet. Elles n'ont pas d'informations générales sur les violences mais elle en connaissent quelques unes : gaz envoyé sur les populations en Syrie ou encore décapitation de Louis XVI... franchement, c'est déjà beaucoup, je trouve que ça les remuent, elles posent beaucoup de questions pour essayer de comprendre. Donc, j'essaie d'être vigilante.

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  8. Alors ici j'ai préservé au maximum l'ainée (elle vient d'avoir 8 ans), pas d'infos à la télé biensûr, dès ses 9 mois j'ai eu l'impression qu'elle entendait bien donc plus non plus d'infos à la radio dans la voiture et j'ai même interrompu mon abonnement à Courrier International quand vers 4 ou5 ans elle a commencé à regarder les illustrations... Elle avait 5 ans pour les attentats parisiens et dans l'école Montessori où elle a été heureusement aucune minute de silence et les autres enfants ont été préservés aussi. (par contre la copine à l'école publique d'à côté elle n'a pas été épargnée, ils ont même expliqué que les parents ne pouvaient plus entrer dans l'école car "ils pourraient se déguiser en terroriste" heu... le contraire ? heu... ils vous ont vraiment dit ça ?". Bon par contre retour de baton à l'entrée à l'école publique à 6 ans pour ma grande lectrice avec les affichettes "vigipirate" partout, l'interdiction des parents d'entrer dans l'école "mais si jamais y a vraiment des terroristes dans l'école la maitresse elle aurait plutôt besoin d'aide des parents non ?" Biensûr ils ne leur ont pas parler tout à fait comme ça des choses mais c'était écrit partout !!! (et que fait un enfant qui sait lire quand on lui colle une affichette avec une tête de mort dans son cahier de liaison ????). Du coup là on avait eu pas mal de question sur pourquoi il y avait maintenant des pirates en France etc... et beaucoup beaucoup de cauchemars et de difficultés d'endormissement (et l'école la peur au ventre :( :(). Heureusement on a déménagé dans un pays peu touché (le luxembourg les pirates ne l'ont pas encore trouvé... analyse de ma fille). et on a fait un peu de desco le temps d'apaiser tout ça et qu'elle grandisse. Maintenant à 8 ans, le champs des lectures s'agrandit, pendant assez longtemps je faisais très attention etde toute façon elle n'aime pas / ne supporte pas quand il y a des méchants mais là elle est passionnée de romans historiques et cet été par exemple elle a découvert l'esclavage "2 graines de cacao" Evelyne Brisou Pellen, les maltraitances sur les enfants : "seul en mer" Michel Mopurgo, mais c'est passé. C'est quand même des romans pour jeunes (à partir de 9- 11 ans je crois), donc ça se finit bien, les personnages sont résilients, ils se rebellent etc... ça aide bien je trouve. Sinon on adore la collection Quelle histoire mais c'est un peu léger pour l'ainée maintenant. par contre ma miss 6 ans et même mister 3 ans et demi se régalent. Avec ma grande on aime bien la collection "avant que" Marie Curie devienne, ou Joséphinde Bonaparte devienne etc... On est beaucoup moins systématique dans notre façon d'aborder l'histoire (je ne suis pas une linéaire, je suis dans tous les sens, les liens et les synthèses apparaissant au gré du vent :D même si dès fois j'aimerai bien formaliser un peu les trucs, mais bon c'est pas mon style faut croire...). Evidemment j'ai eu la question de la guillotine, je crois même que c'est moi qui avait dérapé, un peu fatiguée par les "je commande je suis la reine !!!" un soir j'ai laché "en France la reine on lui a coupé la tête"... Bon pas de trop gros trauma, elles sont reines d'Angleterre maintenant :D En tout cas une réflexion vraiment très intéressante surtout quand j'ai vu qu'ils parlaient des poilus au CP... Franchement heu... de mon temps on commençait par la préhistoire c'était déjà pas mal... Les gens sont un peu blasés dès fois non ?

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    1. ah oui je dis j'ai préservé l'ainée mais je préserve aussi les 2 plus jeunes. Simplement ils assistent parfois à nos discussions avec la "grande" donc ils sont exposés à un peu plus de choses, mais j'ai vu que ma deuxième zappait assez bien les explications "trop" pour elle, et le troisième a l'air de ne pas tout entendre...

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  9. Sarah Education Positive et Montessori20 octobre 2018 à 11:11

    C'est une question que je me pose régulièrement. J'essaye autant que possible de préserver mes enfants. Nous sommes un IEF, donc je contrôle en grande partie ce qui entre à la maison. Je "fais la guerre" (!) à mon mari quand il écoute les infos en leur présence ... Maintenant, il éteint quand les enfants n'ont pas entendre.
    Mais dès que nous visitons un lieu, un musée, nous nous sommes confrontés à l'histoire avec ses belles et moins belles choses. Nous vivons à Maurice et du coup, nous avons beaucoup parlé d'esclavage. Je mets des mots sur ce qui s'est passé. Je leur explique que certains hommes ont été violents et irrespectueux parce qu'ils n'avaient pas été éduqués avec respect. Je leur explique que la vie était difficile à cette époque et que les gens ont fait au mieux dans ces conditions et avec leur histoire personnelles. Et que c'est pour ça que nous avons fait le choix d'une éducation non violente; pour semer des graines d'amour, de respect, de tolérance pour les générations futures.

    Et je m'appuie beaucoup sur l'approche de Maria Montessori de l'histoire : parler de tous les progrès et inventions des hommes. Par, exemple : l'évolution de l'habitat, de la façon de se chauffer, de s'éclairer, de se nourrir, vêtir, de se déplacer, communiquer... Je m'appuie sur le matériel reçu en formation mais aussi sur les livres suivants :
    - Où vivent les hommes ? Une histoire de l'habitat de Cécile Guilbert Brussel et Lise Herzog
    - Une ville à travers les âges de Peter Kent
    - Toute la collection "Mes encyclo - P'tits docs" de chez Milan : l'histoire des transports, L'histoire de la conquête spatiale, L'histoire de l'art, L'histoire de la cuisine

    Et bien sûr, nous travaillons sur les grands récits montessoriens : la formation de l'Univers, le développement de la vie sur Terre, l'apparition de l'homme, l'écriture et les chiffres.

    Pour résumé, j'essaye de les nourrir avec les belles avancées de l'humanité. Et quand nous rencontrons la barbarie humaine au détour de nos visites ou de leurs questionnements, je mets des mots simples et je les invite à ressentir de l'empathie pour les opprimés ... et même pour les agresseurs qui devaient être bien malheureux pour commettre de tels actes.
    Et je mets le plus possible en lumière tout ce qui est beau, généreux, ingénieux, fabuleux ... dans notre monde.

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  10. Pas facile comme question. On y pense régulièrement. Ma grande est un jour rentrée de l’école maternelle bouleversée car son amie lui avait dit recevoir la fessée quand elle n’est pas sage :-( Ma fille ne pouvait pas concevoir que les parents de sa copine puissent lui faire mal. Nous avions réussi à lui expliquer les différences d’éducation grâce au livre Agathe et la fessée. Alors quand il s’agit d’expliquer des faits plus grave encore, j’ai tendance à répondre de manière très factuelle et à lui demander son avis. Quand c’est possible, je cherche l’aide d’un livre ou d’un événement historique similaire. Mais ce n’est pas toujours le cas. Alors on reste dans le débat, et les interrogations...

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  11. Je me souviens d’une des premières visites au musée avec Eleanor, elle a totalement ignoré les tableaux impressionnistes et était subjugué par les scènes toutes plus sanguinolentes de l’art baroque, à base de flagellations, de poignards plantés dans la cuisse ou de crucifixions... elle ne semble pas affectée outre mesure par la violence de ces scènes dans la mesure où le médium « peinture » lui permet peut-être moins de s’identifier... par contre elle s’intéresse bcp aux guerres mondiales depuis notre séjour en Normandie, je suis assez partisane de lui expliquer les choses telles qu’elles se sont passées avec des mots qu’elle comprend, mais j’avoue qu’à propos de la 2de guerre mondiale je ne lui parle pas des chambres à gaz etc car je trouve qu’à 5 ans c’est vraiment trop atroce...

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  12. Même question pour nous, 1ers livres sur l histoire pour le 5 ans et je me rends compte Qu il ne contient pour chaque grosse période que des faits d armes... Euh... Alors on essayera de compenser par des grandes figures (merci à la super collection qu'elle histoire et aux témoignages de vie de saints). A nous de retrouver les côtés positifs de l histoire:certes il y a les guerres et conflits car l homme a toujours soif de pouvoir, mais aussi les belles avancees: cathédrales, hôpitaux, écoles, agriculture, villes hygiénique, mobilier, industries... On regarde aussi les autres peuples qui aujourd'hui encore s
    ont "pauvres"

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  13. à la maison on pratique les « messages clairs» : c'est-à-dire que lorsqu'on est confronté à quelqu'un ou a quelque chose qui nous choque on prend le temps d'analyser et d'expliquer nos émotions... ensuite on demande l'avis des autres pour savoir si ce sentiment est partagé ou bien si on est le seul à le ressentir.... une autre étape consiste à relativiser par rapport à un ressenti plus ou moins fort dans une autre situation... c'est un peu comme si on mettait une note à notre émotion.... et pour finir et ne pas rester sur quelque chose de négatif on essaie de prendre du bon temps pour prendre du recul sur notre émotions en cas de tristesse de colère ou d'anxiété... je vais essayer de te donner un cas pratique .... Anouk et Maya ont été voir avec l'école une exposition sur les poilus... Anouk a été hyper choqué de voir des corps démembrés sur des photos... en en parlant elle s'est rendue compte que pour Maïa ça restait des images et cela ne l'a pas marqué particulièrement... évidemment nous avons reparlé de la guerre et de la mort... et nous avons relativiser l'impact de la guerre en parlant des progrès de la médecine par exemple pour l'invention des prothèses... bref il s'agit toujours de finir la discussion par une idée positive... l'autre jour toute la famille était effondrée car il y a eu de nombreux arbres coupé autour de chez nous et vraiment cela nous a rendu très tristes : chacun a formulé son message clair sur ce qu'il ressentait et pourquoi... et Julien a su relativiser les choses en nous expliquant que tant que les souches n'étaient pas déracinées elles pourraient revivre... voili voilou en espérant que ces deux exemples peuvent t'aider ou t'inspirer...

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  14. Dans la sélection du prix des incorruptibles cette année pour les ce2 cm1 il y a un livre de Philippe Nessmann Le village aux mille roses. Il a été écrit après les attentats de Paris et parle du totalitarisme. Il est assez beau.

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  15. Parce que la population mourrait de faim et était asservie ... il y a eu la révolution.
    Après la seconde guerre mondiale ... il y a eu la création de l'Europe;
    Après les attentats ... il a eu Coexister (avec les sigles, juifs, musulmans et catholiques)
    etc, etc
    Le monde est ce qu'il est est et nous (l'humain) sommes ce que nous sommes : capables du pire comme du meilleur.
    Ne pas nier la violence, mais en parler, s'en offusquer et chercher les exemples positifs qui sont signes d'espérance.
    Parler de notre libre-arbitre aussi.

    et pour finir en clin d'oeil :
    il y a internet et ses dérives ... et un super blog que je viens de découvrir : coquelipop ;)
    Merci

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  16. C'est drôle, je ne vois pas le problème de parler de la violence en histoire... L'enfant n'est ni un petit démon, ni un être angélique qui n'est qu'amour, il sait ce qu'est la violence, il l'éprouve aussi parfois lui-même, avec des sentiments forts et parfois des gestes, effectués comme subis avec ses pairs. A partir du moment où l'adulte est présent pour expliquer, filtrer, situer dans le temps, aider à mettre des mots... je ne crois pas que ce soit un problème.
    Là où il y a danger selon moi, c'est quand l'enfant est seul face à une violence qu'il ne comprend pas ou qu'il sera contraint de banaliser pour pouvoir la gérer.

    En tant qu'enseignante, mes questions pour l'enseignement de l'histoire sont plutôt de l'ordre du point de vue. L'histoire que l'on apprend en France en 2018 est toujours l'histoire de l'homme blanc Je trouve très difficile de trouver des sources mentionnant des figures féminines, populaires, noires, et ainsi de suite. Et pourtant elles existent, et pourtant je trouve fondamental d'enseigner que l'histoire est un point de vue comme un autre, qui met en lumière certaines figures et évènements et en "oublie" volontairement quantité d'autres. Car l'histoire est modelante pour les élèves, et leur faire croire qu'elle ne contient que des hommes riches et cultivés leur montre un modèle unique, dont beaucoup d'entre eux sont exclus. Je trouve que c'est un gros problème, et je suis étonnée qu'il ne soit pas correctement traité par les ouvrages destinés à la jeunesse.

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  17. Bonjour Elsa,

    Sur l'histoire de France, vient de sortir ce livre https://www.amazon.fr/Histoires-France-100-planches-illustr%C3%A9es/dp/2732485594

    La critique de la mare aux mots est dithyrambique. Ce documentaire vient donc de s'ajouter à ma longue liste de souhaits!

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  18. Bonjour,

    On a coutume de dire que la Première Guerre Mondiale brutalise la société. Cependant je ne pense pas que les luttes entre tribus à la préhistoire, ou encore les conflits en Grèce et Rome antique étaient des moments de bulle de joie...La violence existe depuis tojours. À nous de "moraliser" cela autant que faire se peut. Ne rien éluder et pas d'affect. L'Histoire est l'Histoire. On peut aussi se pencher sur la micro-histoire apparaissant parfois peut-être moins cruelle et se pencher du côté du courant des annales pour présenter les choses de manière différente.
    Mais je ne crois pas qu'il faille absolument toujours chercher à préserver nos enfants. Ne pas oublier l'Histoire, la maîtriser pleinement , parfois cruement, pour ne pas avoir à la revivre. Oui la Guerre c'est atroce, c'est barbare, c'est sale. C'est pour cela qu'il faut tout faire pour préserver la paix.

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