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mardi 28 avril 2015

Ralentir


Nous y voilà... presque.

Dans 15 jours, Louiselle va avoir trois ans et une nouvelle ère s'ouvre à nous.

Dans 15 jours, je reprends le travail à temps plein après 36 mois de congé parental et dire que nos journées ordinaires vont changer de visage est un tendre euphémisme. Comme 67,3 % des mères de famille, je vais connaitre la course à l'école, à la nounou, au travail, le casse-tête des sorties de chacun à faire tenir sur le week-end, et l'ennui des réunions le soir, et le ménage et les repas qu'il faut bien réussir à boucler malgré tout.

Ça va le faire, vous croyez ??

Comment appréhender l'ambiance de l'école de mes enfants si je n'y mets plus jamais les pieds ? Comment épargner à Antonin des journées à rallonge puisque je ne peux plus aller le chercher à la sortie ? Comment dialoguer avec les enseignants ? 

Vais-je me débrouiller pour vadrouiller à travers ce département inconnu ? Alors que je ne conduis pour ainsi dire jamais d'habitude et que je ne sais pas me servir d'un GPS ? Comment vais-je calculer mon suivi des 108 heures en reprenant en fin d'année ? Et l'ISSR, rien que ce nom me donne des boutons - ne vais-je pas m'emmêler les pinceaux ?

Et si les enfants - c'est de leur âge - commencent à manifester le désir de suivre tel ou tel cours le mercredi et/ou le week-end ? Et dans un an, Antonin aura des devoirs le soir, il faudra trouver du temps pour ça... 

Et mon rendez-vous chez le coiffeur, et cette garde-robe professionnelle à complèter, cela ne va pas se faire tout seul. Comment faire pour que ça ne coûte pas trop cher - Dieu seul sait quand je toucherai mon premier salaire. Et cette école de rattachement, vais-je m'y plaire ? Vais-je seulement avoir le temps de savoir si je m'y plais ou pas ? Comment vais-je supporter pendant deux mois de ne pas me soucier de pédagogie alors que c'est une des seules choses que j'aime dans mon métier ? Et le supporterai-je cinq ans ? Dix ans ? Et réussirai-je à faire classe à ces élèves dont je ne serai pas l'enseignante ? Vais-je apprécier de travailler ? Me lèverai-je pleine d'entrain et de joie de vivre ?

Que va-t-il se passer si nos semaines sont pleines comme des œufs, si nous ne trouvons plus le temps de nous connecter ? Comment ralentir ??

Ralentir.

Je... res... pire. Je suis le trajet de l'air, le gonflement de mon abdomen, le rentissement de mon soufle. Une p'tite pause. Je suis mon corps et mon esprit, et ils prennent toute la place. Je prends une profonde inspiration - peut-être deux.

Une respiration, c'est l'éternité sur un plateau d'argent. :-)

La nounou des enfants est une perle rare, d'ailleurs les enfants trépignent à l'idée d'aller chez elle, et comptent les jours avant la reprise de mon travail. Antonin aime vraiment l'école cette année. Mon mari a posé ses vacances au mois de mai pour me libérer des tâches domestiques. Mon école de rattachement est à 20 minutes d'ici, et le collègue que j'ai eu au téléphone a eu l'air vraiment enthousiaste. Et puis, être remplaçante, ce n'est pas si mal - en théorie cela signifie quand même moins de préparation à la maison... Finalement, cela me fera plaisir de me faire couper les cheveux et de m'acheter deux ou trois petits hauts sympas, et puis, pour le GPS, je vais apprendre. Ou acheter une carte, tiens.

Nous y voilà... presque. C'est à dire que nous n'y sommes pas encore

Quinze jours, c'est l'éternité. :-)

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