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lundi 23 mars 2015

Table lumineuse : une semaine d'invitations # 7


Je méditais hier sur le fait que parfois, nous ne "sentions" pas des séances qui allaient se révéler splendides. Hélàs, la plupart du temps, lorsqu'on pressent qu'une proposition va échouer... elle échoue effectivement. Lamentablement. L'éducateur doit vraiment apprendre à faire confiance à son feeling, c'est la clef du succès ! :-D


La mousse à raser s'est imposée depuis quelques années comme LE matériaux incontournable en arts plastiques - commun, peu onéreux, sensoriel à souhait. Beurk. Sensoriel, oui. Si on aime les parfums âcres de la pétrochimie et la texture des émulsifiants tous plus louches les uns que les autres. Moi, la mousse à raser, ça me dégoûte. Suis-je donc la seule à qui elle évoque les mauvais rasoirs en plastique fourrés de poils de guiboles ? Beurk, beurk, beurk.


Allons, allons. Les défis sont fait pour se dépasser. Proposer un bac sensoriel à base de mousse à raser, croyez-moi, c'était pour moi un vrai défi ! Je ne voyais pas du tout comment l'activité allait pouvoir être agréable, mais il s'agissait de mon ressenti, après tout, et je ne demandais qu'à être surprise. Ayons l'esprit large et autorisons nos enfants à aimer ce que nous n'aimons pas !!


Je voulais proposer un bac "bi-matière", et j'ai commencé par verser quelques gouttes de gel d'aloe vera dans un bac en plastique transparent, pour voir. Le rendu est jaune, pas terrible-terrible. Je n'ai pas insisté. En fouillant dans la salle de bain, j'ai retrouvé un flacon oublié de dentifrice mentolé - pas bio du tout, mais sa texture-gel et sa couleur lagon m'ont interpelée. Zou, dans le bac. On assaisonne le tout de mousse à raser, donc (Logona) en serrant les fesses et en se bouchant le nez... Reste à disposer quelques figurines d'animaux polaires, et voilà un petit monde du meilleur aspect, je dois l'admettre.

Surtout, surtout, ne pas oublier la bassine d'eau claire et les serviettes à portée de petites mains - mais pas trop près de la table lumineuse qui n'aime pas l'humidité.


Je concède que, visuellement, les couleurs et les textures, traversées de lumière, sont tout à fait plaisantes.


Mais pour le reste...


Il est impossible de jouer dans un tel bac. La mousse perd sa densité lorsqu'elle est manipulée. Elle englue alors littéralement les figurines, qui ne peuvent plus remplir leur fonction.


Les enfants n'ont pas aimé le contact de la mousse à raser et ont passé leur séance à se laver les mains après chaque contact. Il faut dire que ça colle, et que les petits doigts sont vite enrobés...

Et cette odeur !!!... Je crois la sentir encore au moment où j'écris. Ark. Les enfants en ont été gênés, bien sûr.


L'exploration n'a pas duré longtemps. Et Antonin l'a conclue en assénant : "Je n'aime pas cette activité-là, Maman, on ne la fera plus, hein ?".

Oui, oui, je sais ce que vous pensez : je suis partie si négative que mes enfants l'ont ressenti... Et bien, peut-être, après tout ! :-D


Avez-vous déjà proposé des séances sensorielles à base de mousse à raser ?
Qu'en avez-vous pensé ? Et vos enfants ?

Ma semaine d'invitation sur table lumineuse ne se conclut pas sur une note très positive, quoique : les enfants ont quand même lavé les figurines dans la bassine avec beaucoup d'enthousiasme ! Le plaisir est sauf ! ;-)

2 commentaires:

  1. Je hais la mousse à raser.... Odeur, texture...beurk beurk beurk.... Je tente même de convertir mon mari au savon à barbe....Compréhension totale de ma part!!!

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    1. :-D
      Je confirme : beurk beurk beurk (et re-beurk !)
      :-D

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