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mercredi 18 mars 2015

Table lumineuse : une semaine d'invitation # 2


Je sais que je n'en donne guère l'impression en ce moment, mais je porte toujours la pédagogie Montessori aux nues. Son excellence et son efficacité en matière d'apprentissage de la lecture ou du calcul ne sont plus à démontrer. Mais je suis, de plus, toujours émerveillée de trouver dans cette pensée des méthodologies claires et pertinentes pour enseigner l'histoire, la géographie et les sciences naturelles (Il est d'ailleurs à noter que les sciences physiques sont un tantinet sous-estimées, en 3/6 ans, au profit de la botanique et de la zoologie, mais ceci est un autre vaste sujet !).

Voici, dans ses grandes lignes, le début d'une progression de type montessorien en zoologie

- On essaie de montrer un maximum d'animaux au jeune enfant, dans leur environnement "naturel" ; les caractéristiques du vivant sont abordées très simplement (alimentation, type de déplacement et de reproduction, mort...). Des figurines réalistes et des photographies (cartes de nomenclature) permettent des observations lorsque les animaux ne sont pas disponibles. L'adulte encourage les manipulations diverses (tri par type d'habitat par exemple).

- Dès que l'enfant commence à s'intéresser à ce qu'il y a dans son corps, et est assez mature physiologiquement pour se représenter ce qu'il ne voit pas, on introduit la clef de détermination - ou du moins, son principe. Notez qu'à l'époque de Maria Montessori, avait court ce que nous appelons aujourd'hui une classification "classique", qui se résumait en une distinction entre vertébrés (mammifères, oiseaux, poissons, amphibiens, reptiles) et invertébrés (insectes et mollusques, dont l'étude est, en pédagogie Montessori, réservée aux 6/12 ans). Ce modèle de pensée est aujourd'hui dépassé, et notre classement actuel (dit "phylogénétique") s'est complexifié pour rendre compte de l'histoire évolutive de chaque espèce. Néanmoins, la première clef de ce nouvel "arbre" reste la distinction entre les vétébrés et... tous les autres, et la progression montessorienne est sauve... pour le moment ! :-)

Source de l'image

Antonin a commencé à s'intéresser au squelette il y a plusieurs mois, et à l'heure où j'écris, nous commençons à parler des organes vitaux, précieusement protégés sous nos os. Je suis à la recherche d'outils pour nourrir sensoriellement cet intérêt, et je m'apprêtais à concevoir des cartes nomenclatures de squelettes dont la colonne vertébrale aurait été rugueuse - car pour comprendre ce qu'est un vertébré, encore faut-il avoir compris ce qu'est la colonne vertébrale, où elle se situe et à quoi elle sert ! Je pense toujours que ce type de matériel est une bonne idée, mais ce projet me posait nombre de questions pratiques et je ne parvenais pas à dégager le temps nécessaire pour le fabriquer... Et puis je suis tombée sur ce merveilleux support de Roylco (marque canadienne de matériel pédagogique) :


Surtout ne l'achetez pas par Amazon, vous le payerez trois fois son prix !! :-/

Ici, j'ai fait jouer mes relations internationales, et il a fallu m'armer de patience, mais quel bonheur de recevoir ce petit colis de nos amis d'Outre-Atlantique ! :-)

(N.B. La séance qui suit fut une séance "spécial Antonin", qui eu lieu pendant la sieste de sa sœur.)

Présentation de l'activité :

Chaque carte est imprimée recto-verso. Le recto est une simple photo de mammifère. J'ai présenté plusieurs cartes sur la table lumineuse éteinte.


Antonin est immédiatement happé. Il observe, nous décrivons, commentons. Lorsque toutes les images ont été observées, je lui demande de les retourner.


Il découvre alors une autre image. "Sais-tu ce que c'est ? - Ce sont des os, un squelette...". Nous continuons de décrire et de commenter chaque image au fur et à mesure qu'il les retourne : "Tiens, on dirait un oiseau, et là, c'est sa patte ?" etc.


Et alors : MAAAAAGIIIE ! On allume la table lumineuse !!!


Bon, en fait de magie, ce ne fut pas terrible, car l'éclairage de notre table est très diffus... L'effet de superposition n'était pas très spectaculaire...

On déménage les cartes, une à une, sur le rétroprojecteur, et c'est beaucoup mieux !

Je disais donc : MAAAAAGIIIE !

La séance fut profitable à 100%. Je comptais ne présenter que quelques cartes, mais devant la fringale d'Antonin, j'ai fini par déballer tout le paquet. :-)

 

Il a observé, manipulé, nommé... Il a intégré le lexique : "colonne vértébrale" et "cage thoracique" - oui, ce n'était pas prévu au programme, mais ces "petites grilles en os" l'intriguaient vraiment... Pour introduire le vocable "vertébré", j'attends une autre occasion - un tri entre animaux possédant un squelette interne et ceux qui n'en possèdent pas.


Il s'agit bien d'une expérience sensorielle. Certes pas tactile, mais, une fois de plus, visuelle. C'est vrai, et c'est sans doute dommage. Mais l'effet de transparence a vraiment le mérite de permettre de visualiser le squelette DANS le corps - hé, il me semble que ça ne doit pas être évident, pour un enfant de 4 ans !!?


Antonin a su repérer sans difficulté l'épine dorsale de tous ces animaux, malgré leurs différences anatomiques marquées. Quel plaisir de la repasser du doigt à travers le rayonnement lumineux !


L'étape suivante, d'après la pédagogie Montessori, consiste à introduire les cinq classes de vertébrés... Même si elles sont aujourd'hui caduques, la progression reste excellente ! J'aime cette idée que l'enfant entre "en sciences" en collant au plus près la logique interne à l'état de savoir de son époque !! :-)

Conclusion(s) :

- Je voulais écrire aujourd'hui un article court et léger, c'est raté ! :-)
- Et je voulais vous présenter une activité sur table lumineuse, mais nous l'avons menée finalement sur rétroprojecteur...
Vous êtes en droit de crier à l'arnaque ! :-)

À demain pour une troisième invitation !
:-)

2 commentaires:

  1. Bonjour,
    Cela à l'air vraiment facinant
    Comment se procurer ses fiches?
    Merci

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