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vendredi 20 mars 2015

Table lumineuse : une semaine de proposition # 4


Ma proposition du jour sur table lumineuse est un clin d'œil obligé à l'équinoxe... Quoiqu'il semblerait qu'ici l'éclipse ait décidé de durer toute la journée, le ciel est d'un sombre !!! :-/


Je n'ai pas eu le temps de prendre mon invitation en photo avant l'intervention des enfants - c'est bon signe, me direz-vous !


Ma mise en scène était un appel au jeu d'imitation (j'entends par là "jouer à faire semblant", en animant des personnages, contruisant des scénarios et des dialogues...) : insectes en plastique, noix et pommes de pin, pierres semi-précieuses, billes chinoises et miroir rond composaient un petit monde. L'ensemble était agencé de manière évocatrice, mais en laissant une grande surface de la table libre - comme un appel à la manipulation et à la réinvention.


Je ne sais pas ce qu'il en est chez vous, mais le rapport de mes enfants au jeu d'imitation m'intrigue fort. Ils ont commencé à s'y intéresser en même temps, et toujours dans une grande interaction l'un avec l'autre, à la fin de l'année dernière. Tout au long du mois de décembre, ils n'ont fait que cela : la maison retentissait de leur scénarios et de leurs dialogues - à la forme d'ailleurs assez fixes. Et puis, vers janvier, ces temps de jeux sont brusquement devenus occasionnels.


Ça reviendra. Je l'espère, car en tant que parent, c'était assez confortable d'avoir deux enfants qui jouent ensemble dans l'entente, de manière autonome, et sur des temps extrêmement longs ! :-D


En tant qu'adulte, il nous arrive quotidiennement de nous imaginer dans d'autres rôles et dans d'autres lieux, dans le passé ou le futur... Cette capacité à s'extraire de soi-même-ici-et-maintenant est sollicitée à chaque fois que nous avons à prendre une décision importante, ou que nous essayons de relativiser un évènement - "Bon, c'est dur, mais quel souvenir aurai-je de tout cela dans 10 ans ?". On pourrait débattre très longuement des bénéfices du jeu d'imitation, car ils sont de tous ordres - sociaux, émotionnels, cognitifs, physiques... Mais je crois que l'argument principal est là : l'enfant se prépare à devenir un adulte capable de se projeter. C'est la responsabilité elle-même qui se construit !


Comment peut-on encourager le jeu d'imitation ?


En laissant l'enfant prendre les commandes. L'imagination enfantine est bien plus riche et fertile que la nôtre, et un adulte qui aurait la prétention de diriger un jeu d'imitation ne ferait que l'appauvrir considérablement. Pensons-nous comme les assistants de l'enfant, et contentons-nous de veiller à ce que les conditions de son travail créatif soient réunies !


En libérant du temps. Il faut compter 45 minutes pour entrer dans le jeu, l'exploiter et en sortir. S'il nous reste dix minutes avant de partir chez la nounou, il est inutile de dire à l'enfant : "Mais, enfin !!! Va jouer !". Mieux vaut essayer de s'organiser pour lui lire un album. Car dix minutes, c'est trop court : à peine aura-t-il endossé son rôle et construit son univers, qu'il faudra tout quitter. De quoi vous dégoûter de jouer à jamais.


En aménageant l'espace et en fournissant, si besoin, les accessoires. Par exemple, en bidouillant une petite invitation sur table lumineuse, tiens ! ;-)


En rebondissant sur les intérêts de l'enfant et en lui fournissant des pistes pour développer ses scénarios. L'enfant est attiré par ce qui lui est familier - et plus sa vie est riche, plus ses centres d'intérêt le sont aussi. Et puis, l'enfance est l'âge des coups de cœur multiples, qui suscitent admiration et excitation - l'observation des insectes au jardin, depuis quelques semaines, mobilisent beaucoup Antonin et Louiselle, mais j'aurais pu rebondir également sur les volcans, la cuisine ou le pôle Nord... Je n'ai que l'embarras du choix, à bien y réfléchir ! En nous centrant sur les centres d'intérêt de l'enfant, nous pouvons les changer en passions. Et ça, c'est bon !!

Jouez bien, et à demain pour une nouvelle invitation lumineuse ! :-)

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