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jeudi 12 mars 2015

L'argile facile


Hier, Louiselle, qui ne fait d'ordinaire jamais de sieste, a décidé de dormir jusqu'à 17h30. Cela aurait été une bonne nouvelle si je n'avais pas projeté d'emmener les enfants à un spectacle de marionnettes justement cet après-midi là... J'étais un peu déçue ; Antonin tournait en rond, en regrettant de ne pouvoir se rendre dans l'atelier - qui se trouve au dessus de la chambre de sa sœur, et dont le plancher grince. Je décidais alors de descendre notre "table d'argile", et d'installer mon Damoiseau dans la bonne lumière de la cuisine, pendant que je préparai le dîner à côté de lui. Nous avons passé un si beau moment, que j'ai voulu en garder trace, et m'en servir de pretexte pour vous présenter cette activité un peu plus en détail.


L'argile est un matériau extraordinaire. Sensuel, son simple contact nous permet de renouer avec les gestes de tous les âges et de toutes les contrées ; elle nous connecte à la Nature. Elle incite à penser en trois dimensions. Elle engage quiconque la touche dans un processus de création (décider, choisir des outils,  expérimenter, poursuivre des objectifs, résoudre des problèmes). Elle permet de conserver les œuvres. Elle développe les compétences spatiales, l'imagination et la motricité fine. Elle coûte une bouchée de pain.

Bref, il faut manipuler de l'argile le plus souvent possible !

C'est tellement évident.

Sauf que...


Sauf que j'ai rapidement rencontré deux problèmes pratiques qui ont refroidi mes ardeurs :

- Le premier écueil est celui de la conservation. L'argile laissée à l'air libre durcit. C'est pour cela qu'on l'aime. Sauf qu'ici, il est rare que nous souhaitions laisser un objet durcir - mes enfants ne sont pas encore dans la recherche d'un résultat, mais tout à la jouissance du processus. Dans ce cadre, hormis quelques travaux remarquables, je m'applique surtout à ce que notre argile ne sèche pas.

J'ai d'abord testé la technique des pros : après avoir acheté mon pâton d'argile (5 euros les 5 kilos en magasin de loisirs créatifs), je le coupe en quatre gros morceaux. J'enveloppe chacun de ces morceau dans des chutes de vieilles serviettes de toilette trempées dans l'eau et essorées, puis j'enveloppe à nouveau le tout dans un sac plastique bien ajusté que je ficelle. Bon, c'est une technique très efficace. Sauf que c'est un peu laborieux - et que quand mes enfants réclamaient un pâton, ils ne pouvaient se servir seuls, et j'en avais pour un quart d'heure à tout déballer.

L'argile a été un peu délaissée.


Puis une lectrice (Fab, si tu me lis, MERCI !) m'a donné un super tuyau : après usage, elle déposait simplement sa boule d'argile dans une boite hermétique avec un fond d'eau. Effectivement, c'est une super méthode. Sauf que le "fond" d'eau est à mon sens de trop. Avec un demi-centimètre au fond de mon récipient, nous retrouvions notre boule à l'état de boue - et ce furent les pires séances d'argile de ma vie ! :-D Dès que nous la touchions, nous nous retrouvions avec des emplâtres gluants sur les doigts. Impossible de travailler une telle matière...

À présent, j'ai compris : lorsque la séance est terminée, nous modelons une belle boule, que nous passons rapidement sous le robinet, avant de la déposer dans sa boite. Pas d'eau stagnante, c'est inutile. Nous récupérons, même après plusieurs semaines, une pâte fraiche et souple. Et les enfants savent ouvrir eux-mêmes le couvercle du contenant. ;-)


- Le deuxième écueil concernait le plan de travail. L'argile, déposée sur une surface lisse, colle. Ça fait ventouse. C'est pénible. Et les séances de modelage se réduisent comme peau de chagrin. L'astuce est simplissime : il suffit de travailler sur de la toile au tissage grossier : la jute est parfaite. Pour moi j'ai pris ce que j'avais sous la main : j'ai prélevé un morceau dans la bande de 5 x 2 mètres de toile à broder que j'avais acheté en mercerie pour les premiers pas en couture du Damoiseau (ben oui, ils ne vendaient pas de petits coupons...!!). 

Puisque j'ai la chance de pouvoir consacrer une table à ce matériau, j'ai carrément agrafé la toile autour du plateau. Mais vous pouvez aussi coudre un sous-main, que vous roulerez et déroulerez au gré de vos séances, en doublant votre toile d'un tissu rigide.

Dernière astuce : l'argile humide, c'est vraiment difficile à nettoyer. Attendez donc qu'elle sèche pour frotter les outils : les résidus s'ôteront facilement à la main, et un rapide rinçage viendra à bout des dernières traces. Quant au plan de travail, si vous voulez VRAIMENT le nettoyer (Antonin le veut vraiment), c'est ainsi :


Toujours à sec, avec une brosse dure.

Enjoy ! ;-)

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