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lundi 26 janvier 2015

Janvier 2015 : Sensoriel

Louiselle a 32 mois.
Antonin a 4 ans.

"La neige, c'est comme les nuages."
Louiselle, lors d'une promenade en montagne durant laquelle, il est vrai, 
on distinguait assez mal le ciel de la terre.


Aujourd'hui, bilan sensoriel ! :-D

Sciences :

Le temps qu'il fait, c'est sensoriel. Surtout s'il pleut ou s'il neige. ;-)

Il a neigé ! Depuis le temps que les enfants l'attendaient. Le nez au carreau, c'est l'occasion de déployer tous ses sens émerveillés - les oreilles tendues tentent de capter le bruit de chute des gros flocons, en vain. C'est l'occasion de (re)découvrir une chanson spéciale. Et de sortir se promener, museau levé. Les flocons fondent sur la langue tendue, et gèlent le visage ; Antonin demande à observer "les petites étoiles" à la loupe ; on essaie de les attraper en plein vol, on marche sur la couche immaculée crissante, on escalade les congères denses et glissantes... Et on rentre trempés ! Ah, oui, la neige, c'est sensoriel ! :-)


Et voici un classique de la maisonnée, dès qu'il neige ou qu'il grêle : la dînette de glace ! ;-)


Une excellente occasion, pendant que les bambins explorent, d'attirer leur attention sur les sensations vécues ("C'est comment la neige ?  Qu'est-ce qu'on peut faire avec ?"), de décrire leurs actions ("Tu verses de la neige dans l'entonnoir.", "Tu en as attrapé une pleine poignée ! Ça fait quoi ?") ou de leur montrer le résultat de la fonte ("Cette neige devient de plus en plus translucide, elle fond. Elle se change en eau, regarde !, parce qu'il fait chaud, ici.").


Ou bien, ne dites rien et savourez. Dans tous les sens du terme, car c'est sûr : il faut faudra goûter à quelques dizaines de gâteaux glacés ! :-D

Antonin a vivement insisté pour peindre la neige - une idée étrange, oui, mais cet enfant est à bonne école... J'ai voulu proposer alors de l'encre dans de petits flacons-pulvérisateur de récup' qui m'avaient semblés assez souples...


Bon, en réalité, les presser fut assez difficile pour les enfants... Il y sont quand même parvenu à force d'acharnement, mais je garde ces flacons-pompe pour plus tard ! :-)


Magnétisme, cf. ICI

Activités Montessori :

Travaux parallèles... et spontannés ! J'adore ! ;-)

Les barres "rouges" :

Ce mois-ci, j'ai fait ça :


Ce sont de futures barres rouges et bleues (qui seront peut-être d'une autre couleur, car je compte bien exploiter les fonds de mes pots de peinture). Je trouve que c'est un matériel de numération vraiment riche, mais je me méfie un peu, mes enfants ne manifestant pas un enthousiasme débordant pour le matériel sensoriel montessorien - du moins, pas un enthousiasme qui justifie son prix. En les fabriquant soi-même, on s'en tire pour quelques euros, et la découpe est vraiment vite faite. Le résultat, s'il n'est pas mathématique au tiers de millimètre près (je suis tatillon...) vaut bien un produit chinois à 40 euros.

Avant de les peindre, j'ai décidé de les proposer à Antonin comme j'aurai fait des barres rouges. Bien sûr, des barres ROUGES, c'est mieux - c'est une couleur vraiment attrayante, qui motive. Bon, de toute façon, ça fait bien longtemps que les puristes ont claqué la porte de ce blog, et pour vous qui restez : on fait avec ce qu'on a, et on en est tous là ! :-)

J'ai commencé par les proposer en exploration libre (vraiment pas montessorien, une fois de plus, mais c'est une méthode qui nous correspond tout à fait). Antonin a fait ça :


Et bien moi, je trouve que c'est très montessorien, ça ! :-)


J'ai ensuite procédé à la démonstration classique et Antonin a parfaitement réussi l'exercice, à plusieurs reprises, et en utilisant spontanément le vocabulaire lié - "long", "court", ainsi que les comparatifs et les superlatifs s'y rapportant. Dès la deuxième fois, il a pris un 2e tapis et a effectué la graduation à distance.


Ce matériel semble vraiment bien lui plaire, j'en suis très heureuse. Il n'est jamais trop tard - et d'ailleurs, je trouve toujours qu'on présente ce type d'outil trop tôt. Depuis quelques semaines, Antonin n'a qu'une idée en tête : savoir qui est le plus grand, qui est le plus petit ; savoir qui est premier, deuxième, troisième... et le dire, le répéter. Quitte à redistribuer légèrement les rôles, car il faut bien l'admettre : le Damoiseau aime être le plus grand, et il aime être le premier. Le premier à monter les escaliers, au point de se jeter littéralement dans les jambes de celui qui le précède. Le premier à finir son dessert, même si Louiselle - qui perd toujours à ce jeu-là - lui répète qu'à table, celui qui gagne, c'est le dernier, celui qui mâche et qui savoure...

Cette lubie est toute fraiche. Et je me dis que ce serait sans doute le bon moment pour dégainer tour rose, escalier marron et barres numériques, qui permettent d'appréhender concrètement ces notions qui le "travaillent"... J'ai sans doute raté une occasion de prendre mon temps... :-/

Les clochettes musicales :

J'ai sauté le pas ! Malgré ma répugnance à cacher d'aussi jolies couleurs, j'ai peint en noir un de nos jeux de clochettes Vilac - l'objectif étant, bien entendu, de permettre aux enfants d'exécuter l'exercice de mise en paire tout seuls.


Malgré ma crainte, je dois admettre que cette opération se fait très facilement à la bombe. Bon il est assez difficile de peindre le demi-millimètre autour du manche, sur lequel la peinture bave d'ailleurs un peu malgré la protection de scotch ; je pensais fignoler au pinceau...

Mais pourquoi me serai-je donné cette peine ? Les enfants procèdent à la mise en paire comme à l'accoutumée. En ne s'appuyant que sur la vue, et ce, ainsi :


Bon. Je passe au plan B. J'ai peint l'intérieur des clochettes - corps, battant, ressort, tout y est passé. C'est facile (toujours à la bombe) et ça règle le problème. Sauf que lors de cette étape, de la peinture s'est redéposée sur l'extérieur de la cloche. Catastrophe : les solvants contenus dans la peinture ont décapé la première couche. Le résultat est affreux : la peinture "frise", se racornit, se disloque par endroit, en laissant apparaitre la couleur originale. Affreux. Impossible de laisser cela en l'état.

Pas grave. Je passe au plan C. C'est en cours. Et voici un indice :


Finalement, c'est presque plus joli, avec un petit côté rétro, non ? Mais, bon, j'admets, c'est du boulot ! :-)

(Je calme vos inquiètudes : malgré ces maltraitances successives, le son des clochettes n'est absolument pas altéré. Pas d'un iota. Dixit notre accordeur électronique. Ouf.)

Exercice du sens tactile :


Enfin, j'ai proposé à Antonin de "lire" ses chiffres rugueux en aveugle, du bout des doigts. C'est évidemment très difficile, mais c'était surtout un prétexte pour s'amuser et l'amener, progressivement, à accepter de "lâcher" sa vue, justement. Il a tenu à toucher tous les chiffres, un à un, longuement, puis me demandait de les nommer après son exploration. Il a beaucoup aimé !

Art :

Sur sa palette, Antonin poursuit son exploration sensorielle des mélanges de couleurs...


 ... et Louiselle découvre la "peinture" à l'éponge...


... avec de l'encre.

"Si j'appuie, ça fait du jus d'encre !"

Les enfants adorent mixer les techniques en arts plastiques. Ils sortent plusieurs matériaux sur la table, et se mettent au travail en associant les outils, souvent successivement pour l'instant. Cela donne des combinaisons infinies, comme :

... hanko et fusain...


... collage et feutres...

Oeuvre de Louiselle...                                       et celle d'Antonin

... ou cette très belle séance "collage et encre", au cours de laquelle j'ai été particulièrement bon élève, puisque j'ai pris en note les réflexions de mes enfants. Je devrais m'y astreindre plus souvent, c'est vraiment un exercice passionnant, et qui montre à quel point le processus prime pour le petit enfant, qui ne s'intéresse que très médiocrement à l'œuvre finale.


Les enfants ont commencé par coller librement des métariaux puisé dans leur "boite à collage" - une boite dans laquelle je jette tous les boui-bouis qui traînent (chute de tissu, de papier, bouts de ficelles, bidules variés et légers dont on ne sait jamais que faire...). J'ai posé sur la table de l'encre jaune et rouge.

ANTONIN :

"Moi, je fais un L."

LOUISELLE :

"Oh, ça cache !"

ANTONIN :

"Je mélange les couleurs, ou pas ?"

LOUISELLE, insistant sur les plis du papier de soie collé :

"Pourquoi ça fait noir ?"

ANTONIN, peignant en jaune sur un morceau de papier bleu :

"Oh, du vert !"

LOUISELLE :
"Comment on fait du vert ?"
ANTONIN, sur un ton d'infinie patience qui me fait toujours mourir de rire :
"Tu sais bien, Louiselle...!!! Tu mets du bleu et du jaune."
LOUISELLE, avec un grain de mauvaise foi puisqu'elle n'a pas de papier bleu sur sa feuille pour déposer son encre jaune :

"Je mets du jaune... Regarde, ça fait du vert !"

ANTONIN :

"Je recouvre toute ma feuille !"

Bon, je le sais bien, que c'est le processus qui prime. Et si j'en doutais, ces paroles collectées suffiraient en m'en persuader. Mais que voulez-vous, le résultat, moi, je le regarde. Longuement. Je le photographie, je l'encadre, je l'exhibe. La plupart du temps, ça parle à mes sens, à mon cœur et à mon esprit...


Pour moi, aucun doute : c'est de l'art ! :-D

Jeux de lumière :

Sur la table lumineuse :


Regain d'intérêt pour la table lumineuse après un petit mois de disgrâce. Les enfants ont découvert qu'on pouvait jouer aux billes dessus. Ils versent toute la collection, et font rouler le tout sous leurs paumes. Ça s'entrechoque dans tous les sens, ça gronde, ça étincelle, et même moi, j'ai envie de jouer. Je me demandais si le fait que notre table aient des rebords soit une bonne chose... Et bien pour le jeu des "billes en folie", c'est une condition sine qua non ! :-)


Antonin a découvert qu'en disposant des billes sur un boulier japonais, il pouvait le faire rouler - bon, il le savait... - mais que les passagères de verre de cet étrange véhicule roulaient elles aussi, du même coup. C'est la découverte technologique de la transmission du mouvement... Il reprend ce matériel tous les jours en ce moment.


Avec le rétroprojecteur :


Sans surprise, les Playmags sont du meilleur effet dans l'espace lumière et promettent des heures d'exploration.


Plus modeste, mais non moins intéressant : j'ai mis à diposition un nouveau bocal contenant un nouveau type de matériel, glané... dans notre caisse à outils. Rondelles, gâches, anneaux variés, écrous... dessinent des motifs tout à fait intéressants.


Pensez à recycler les languettes de cannettes, ça ne coûte rien, et l'effet est vraiment chouette ! :-)

À bientôt pour le volet "Langage" ! ;-)

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