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dimanche 25 janvier 2015

Janvier 2015 : Mathématiques

Louiselle a 32 mois.
Antonin a 4 ans.

La fiche de la Damoiselle est téléchargeable ICI

C'est parti pour la récap' mensuelle ! :-)
On commence par les maths !

Numération :

Côté Damoiselle, on dénombre ! ;-)

Vous êtes nombreux à me demander des exemples de situations précises pour pratiquer le dénombrement avec un enfant de deux ans... Mais en réalité, chez nous, cela se fait, dans 90% des cas, dans le flux de la vie quotidienne. On ramasse des feuilles ou des pommes de pin ? On les compte ! On lit une histoire de chats ? On compte les chats sur la page ! On place le couvert ? On compte les assiettes ! On compte les aimants alignés sur la porte du réfrigérateur, on compte les jouets dans leur panier, les cubes du rempart miniature, les personnages Playmobil... Il ne se passe pas une demi-journée sans que Louiselle ne compte quelque chose - en fait, il ne se passe pas une heure sans que Louiselle ne compte quelque chose... Et généralement, elle le fait de sa propre initiative !

Il faut simplement essayer de favoriser des objets que l'on puisse pointer du doigt, de façon à bien travailler la correspondance terme à terme (un mot-nombre correspond à un objet) qui est l'objectif de ce palier.

Voici néanmoins un petit jeu plus structuré que j'ai proposé à Louiselle - c'est une variante du Jeu du verger ! :-)


Louiselle lance un gros dé à constellation, elle compte les points et place sur les arbres le nombre de fruits correspondant. Elle les dispose comme elle souhaite - il peut y avoir 5 fruits sur un arbre et 3 dans l'autre, et un même arbre peut porter aussi bien des pommes et des prunes. Oui ! :-)

Louiselle apprend seule à lire les chiffres, dans le sillage de son frère : elle les connait tous à présent - si on excepte la petite confusion d'usage entre le 6 et 9. J'envisage de plus en plus mon rôle d'éducatrice comme étant de permettre à l'enfant de faire un maximum de liens entre ses apprentissages spontannés. Le temps est donc venu pour la Damoiselle des petites mises en correspondance chiffres/quantité, pour permettre la notion de chiffres ne se déconnecte pas de celle de nombre, mais, au contraire, développe avec elle un lien intime.

Voici quelques activités proposées ce mois-ci dans ce sens :

1. Louiselle Monsieur le chien prélève un type de fruit dans une corbeille et compte les éléments.


Il va ensuite choisir le chiffre correspondant pour le mettre en regard de la collection - les chiffres rugueux sont disposés sur la table basse un peu plus loin, ordonnés de 1 à 6.


2. Plus difficile : Louiselle lance un gros dé, compte les points et place le dé sous le chiffre rugueux correspondant.


3. Louiselle lit un chiffre, dénombre le nombre de cailloux correspondant, et les pose sur de petits cercles qui permettent le contrôle de l'erreur... et préfigurent la pyramide de perles.


Cette fiche est téléchargeable ICI.


Antonin a eu droit à la même activité, adaptée à son niveau :


Cette fiche est téléchargeable ICI.

 
Et puisque le Damoiseau continue de travailler les nombres de 11 à 13, voici un exemple de fiches que j'ai ajouté à son lutin :


Bon, je ne vous ferais pas l'affront de vous les proposer en téléchargement ! :-D

J'ai simplement imprimé, trois fois, l'image d'un pot de fleur vide ; sur chaque feuille, j'ai écrit un nombre, à la main, sur le pot : 11, 12, et 13. Antonin garnit ensuite le récipient du nombre de brins d'herbe correspondant... non sans avoir soigneusement repassé les chiffres au préalable ! :-)


Parrallèlement, nous poursuivons la manipulation de la pyramide de perles. C'est toujours Antonin qui la "monte" avant un petit jeu. Et à force, il commence à mémoriser les couleurs, ce qui est un des objectifs poursuivi avec ce matériel : d'une part parce la mémoire est une alliée de taille en calcul et qu'il faut la cultiver soigneusement, d'autre part parce qu'en prenant appui sur sa visualisation des ensembles ("Le bleu clair, c'est 5, je le sais, je n'ai pas besoin de recompter.") l'enfant apprend à surcompter en confiance ("Donc, je peux continuer à compter en partant de 6.").

Notre jeu préféré est le suivant : je prends une barrette dans ma main, et Antonin doit me dire à quel nombre elle correspond et quelle est sa couleur. Au début, je prends les barrettes sous ses yeux dans l'ordre, puis sous ses yeux dans le désordre, et enfin dans le désordre pendant qu'il ferme les yeux. Du moins, c'était ainsi que je voyais ma petite progression, mais Antonin a exigé de sauter la deuxième étape ! :-D

L'enfant "devine" la barrette manquante en prenant ses repères par rapport à celles qui restent : cela équivait à "trouver le successeur/le précédent de...". Il aime beaucoup !

Je viens de lui proposer de travailler sur ce document, que j'avais acheté il y a déjà plusieurs mois... Mais il faut, pour le réaliser, des compétences en coloriage que le Damoiseau n'a acquises que récemment ! :-)

Repérage spatial et logique :

Fantacolor :


J'ai eu récemment avec une lectrice une discussion sur la frontière entre "jouet" et "matériel padagogique"... qui peut être extrémement ténue concernant les enfants d'âge "maternel", n'est-ce pas ? :-)

Et alors : les "Fantacolors", sont-ils des jouets ou un matériel pédagogique ?


Pour moi, j'opte pour la seconde option. C'est un matériel ludique, certes, comme devrait l'être tout matériel d'apprentissage. Mais il s'agit néanmoins d'un matériel ayant vocation d'exercer la motricité fine, la reconnaissance des couleurs, les compétences spatiales et numériques. Nous avons eu de belles séances de langages aussi, la semaine dernière, avec Louiselle autour de ce jeu : nous placions un picot à tour de rôle, et je devais suivre ses instructions ("dans le coin", "à côté", etc.). Bref, voici un formidable matériel multi-usage, auquel je dois aussi une reflexion de fond sur les algorithmes - dont je vous reparlerai le mois prochain, parce que je n'ai encore rien proposé de concret dans ce sens ! :-)

Puzzles :

Nous empruntons à présent une dizaine de puzzles à la ludothèque tous les mois ; le fait d'être confronté à des modèles variés attise vivement l'intérêt des enfants. S'il est parfois difficile de trouver des puzzles adaptés à la Damoiselle (pour qui les encastrements sont trop faciles, mais qui peine encore sur la plupart des puzzles "à pièces"), Antonin s'en donne à cœur joie et progresse à vue d'œil. Les puzzles "à strates" sont particulièrement appréciés : ceux qui représentent des végétaux évoluant au fil des saisons, ceux sur les cycles de développement (mouche, canard... ou croissance humaine !).

"Bébé/enfant/couple/femme enceinte"... et on recommence !

Emprunter à la ludothèque était vraiment la seule solution possible : un puzzle coûte si cher ! Et une fois que l'enfant le connait par coeur, il ne lui permet souvent plus vraiment de travailler les compétences spatiales... Néanmoins, il y a un puzzle très particulier qui échappe à cet inconvénient, puisqu'il permet, à partir de quelques pièces simples, d'élaborer une infinité de modèles...


Oui, le tangram ! C'est cela ! :-)

Puisque je n'achèterai plus de puzzles, je nous ai offert un beau tangram, na ! ;-)


J'ai laissé dans un premier temps Antonin manipuler librement les éléments. Il est tout de suite entré dans la figuration, sans que je ne dise rien, et a longuement cherché comment représenter une maison, avant d'opter pour un sapin de Noël ! Le parallélogramme posé sous le tronc, c'est la planche sur laquelle l'arbre est fixé ! ;-)


Le tangram est un puzzle de difficulté progressive :

- D'abord, on propose au jeune enfant les empreintes de chaque pièces séparées, dispersées sur le support et grandeur nature.

Source de l'image


- Ensuite, les pièces sont groupées pour former des figures, abstraites ou non. Elles sont toujours représentée à l'échelle 1/1 : l'enfant procède encore en superposant les pièces au support.


- L'étape suivante consiste à proposer à l'enfant des modèles plus petits (pas trop petits, dans un premier temps) qu'il devra reproduire sur table.


- Enfin, les modèles ne représentent plus les contours des formes. Ce peut être vraiment difficile, même pour les adultes ! ;-)


J'ai tracé moi-même le contour de nos formes sur feuille A4 pour les proposer à Antonin. Notre tangram étant assez grand, j'ai eu du mal à trouver des motifs qui tiennent sur une feuille A4, il va donc falloir passer à la phase 3 très vite, d'autant qu'Antonin est vraiment à l'aise dans cette deuxième étape.


Je comptais refaire un support pour Louiselle qui corresponde au premier stade, mais je lui ai quand même proposé avant les motifs destinés à son frère, pour voir. Bon, c'est OK. Elle tâtonne un peu plus, et se montre moins persévérante (elle "cale" au bout de 3 modèles), mais finalement, ces fiches correspondent plus à son niveau qu'à celui d'Antonin, qui les trouve trop faciles.


Exploration des grandeurs :

Je termine par l'activité chouchoute de Louiselle ce mois-ci, qui l'a occupé toute une matinée.

J'ai commencé par découper quelques ouvertures dans un énorme "carton à cabane" : une porte, bien sûr, et trois "fenêtres" rondes de diamètres variés (+/- 7, 15 et 22 cm). Louiselle m'a indiqué très précisement l'emplacement de ces ouvertures, et a assisté à toute l'opération. En suite de quoi, je l'ai invitée à une exploration concrète de ces ouvertures :


"Dans quels trous peux-tu passer tes doigts ? Tes mains ? Tes jambes ?"

Avec le pied de Maman, ça marche aussi, hum... ;-)

Lorsque l'enfant se fatigue, on propose un panier de balles...


... et, en théorie, on laisse le petit explorer ces objets tout son saoul. Sauf que la Damoiselle avait déjà très bien compris où je voulais en venir, et s'est mis en devoir d'introduire les balles une à une dans les ouvertures. Ouah : Une boite à formes géante, quoi ! ;-)


L'enthousiasme fut démentiel. Dès que les balles furent toutes placées dans la cabane, Louiselle se dépêcha de recommencer en sens inverse... encore... encore et encore... Le seul problème fut que j'eu toutes les peines du monde à prendre des photos qui ne sont pas floues... Les seules à peu près présentables sont celles où Louiselle tente de glisser une balle trop grosse dans un trou trop petit, car il y a alors comme un arrêt sur image...

Ça coince !

De toute manière, j'avais mieux à faire qu'à mitrailler. Ce type de situation est une occasion rêvée de verbaliser, alors, verbalisons : "Oh, tu a pris une grosse balle en plastique ! C'est cela : ce ballon passe au travers du gros trou... Et voici une petite balle de jonglage...", etc. Louiselle commentait aussi la situation en classant balles et trous en "grand/moyen/petit". Elle a inventé une technique de rangement faisant intervenir le tri : elle plaçait le panier sous une ouverture et y balançait toutes les balles d'un certain calibre, avant de passer à une autre taille.



À bientôt pour le volet "Sensoriel" ! :-)

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